Affaire Altrad-Laporte : le procureur de Paris est saisi

Le président de la Fédération française de rugby -FFR-, Bernard Laporte et celui du MHR, l’homme d’affaires Mohed Altrad sont dans une mauvaise passe, après la décision de la ministre des Sports, Laura Flessel de saisir la justice, après le verdict de l’Inspection générale -IG- du ministère des Sports concernant sa présumée intervention auprès de la commission d’appel de la FFR, dans cette affaire qui secoue le monde de l’ovale depuis de nombreux mois.

En effet, après avoir pris connaissance du rapport accablant des deux inspecteurs généraux, Laura Flessel, a décidé de transmettre le dossier au procureur de la République -celui de Paris, selon nos informations-, l’IG n’ayant plus le pouvoir d’enquêter, désormais.

Nombreuses irrégularités

Selon le rapport de l’IG, «la commission d’appel de la FFR a commis un certain nombre d’irrégularités de fond et de procédure dans ses prises de décision». Il pointe deux réalités très embarrassantes. D’abord, il confirme qu’il y a bien eu une «erreur de fond». Explications : le 29 juin dernier, la commission d’appel fédérale devait se prononcer sur des sanctions prononcées par la Ligue nationale du rugby -LNR- à l’encontre du club de Montpellier, qui évolue dans le Top 14.

En cause : des banderoles hostiles à la LNR brandies dans les tribunes de l’Altrad Stadium à Ovalie. Le MHR avait écopé de 70’000 euros d’amende et de la suspension de son enceinte pour un match. Du moins, c’était la sanction que la commission d’appel de la FFR s’apprêtait à rendre. Sauf que le 30 juin, lors de la décision officiellement infligée au MHR, l’amende passait de 70’000 à 20’000 euros, et le stade n’était plus suspendu. Or, le club héraultais était déjà sous le coup d’une suspension avec sursis. Celle-ci datant de moins de trois ans, sa révocation aurait dû être automatique…

Coup de fil du président

Ensuite, l’enquête de l’Inspection générale est accablante : elle apporte la preuve que Bernard Laporte a bien téléphoné au président de la FFR, Jean-Daniel Simonet pour qu’il intervienne illico auprès des trois membres de la commission d’appel, dont deux avocats, pour qu’ils réduisent leur sanction arrêtée collégialement, mais pas encore officiellement avalisée et annoncée publiquement. On connait la suite…

À l’époque, après cette volte-face, le ministère des Sports demandait donc à la «FFR d’exécuter un plan d’action avec des mesures correctrices». S’en sont suivies 8 préconisations, dont «le renouvellement intégral de la commission d’appel», l’un des avocats ayant démissionné après la pression exercée par le président de la FFR.

La balle est dans le camp du procureur de la République de Paris. Soit, il estime que les faits présumés dénoncés dans l’épais rapport de l’IG méritent d’être examinés à la loupe via une enquête préliminaire, ou via une information judiciaire avec la désignation d’un juge. Soit, il décide de ne pas donner suite. Un feuilleton à suivre.

Bernard Laporte.

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