BRI de Montpellier : un fourgon blindé comme cadeau de Noël

POLICE NATIONALE. Le Père Noël est passé avec quelques jours d’avance à la brigade de recherche et d’intervention -BRI-, les policiers d’élite du Service régional de police judiciaire -SRPJ- de Montpellier : lundi soir, les clés d’un fourgon blindé d’intervention conçu dans les ateliers du Sgami- secrétariat général pour l’administration du ministère de l’Intérieur – à la Pompignane, à Montpellier ont été remises au directeur du SRPJ, Jean-Philippe Fougereau par Magali Charbonneau, la responsable du secrétariat général pour l’administration du ministère de l’Intérieur de la zone de défense et de sécurité sud, basée à Marseille.

C’est un énorme joujou, pas une maquette miniature que les gosses rêvant de devenir policier trouvent au pied du sapin de Noël, que les 22 policiers d’élite de la BRI -22, ça ne s’invente pas !- utilisent désormais pour les opérations difficiles. Les 35 mécaniciens, carrossiers, peintres, électriciens du Sgami -une unité méconnue, mais performante- ont réalisé un véritable exploit, après presque un an de travail acharné, à partir d’un fourgon de la Brink’s.

450 heures de travail

« Transformer un fourgon de transport de fonds en fourgon pour la BRI, ce n’est pas courant, ça nous a donné du fil à retordre. À propos de fils électriques,nous en avons sorti pas moins de 800 mètres. Cette transformation a nécessité 450 heures de travail. Le démontage du fourgon de la Brink’s a été long et fastidieux, à l’instar de l’ajout des équipements supplémentaires pour en faire un fourgon opérationnel pour une brigade de policiers d’élite. C’était une grosse tirelire, donc, imaginez un peu le temps et les efforts qu’il nous a fallu pour faire des trous dedans ! », a révélé avec beaucoup d’humour le chef du garage, où sont réparés chaque année plus de mille véhicules de tous les services de la police nationale et de la gendarmerie, 1 135 en 2016.

Une facture de 5 000 € !

Le responsable de l’atelier du Sgami de la Pompignane a raconté que les doléances des policiers de la BRI ont été longuement étudiées et suivies à la lettre pour offrir un fourgon sophistiqué, sécurisé à cent pour cent pour résister à des attaques d’armes lourdes, donnant l’impression qu’il est flambant neuf, alors qu’il a été assemblé avec des pièces récupérées sur des véhicules réformés, donc pas chères. D’ailleurs, la facture envoyée par le Sgami à la BRI est inattendue : 5 000 € TTC ! Quand on voit, le joujou massif entre les mains des 22 policiers d’élite montpelliérains, on se dit qu’ils ont fait une sacrée belle affaire.

« C’est un joli camion pour Noël » a relevé le directeur du SRPJ de Montpellier, clés en main, se félicitant que la BRI puisse en être désormais destinataire. Ce fourgon new-look offrant une protection maximale a déjà été utilisé lors d’une « descente » de police récente, selon nos informations, ainsi qu’à la gare TGV Sud de France à la Mogère, à Lattes, pour l’exercice de tuerie de masse de la semaine dernière.

Un barrage aux go fast

Jean-Philippe Fougereau, le patron de la PJ d’ici a rappelé que la mission de la BRI -l’ex anti-gang- n’était pas que les opérations de lutte contre les trafiquants de tous poils, où ils agissent encagoulés : « Ce sont également de précieux policiers de l’ombre, qui en civil, sont parfaits pour faire des surveillances, des planques et des filatures ». La BRI de Montpellier est régulièrement citée en exemple au niveau national comme étant l’une des plus performantes de France, notamment pour avoir longtemps traqué les activistes espagnols de l’ETA jusque dans leurs repaires de la région.

« Outre les interventions dans les zones de sécurité prioritaires, Zsp de la région, ce fourgon blindé pourra aussi être très utile pour faire barrage et intercepter des go fast. Les trafiquants de drogue qui font des raids à bord de trois véhicules n’hésitent plus à foncer volontairement sur des voitures de police, n’hésitant pas à blesser des policiers en service », a souligné le directeur du SRPJ de Montpellier, en présence notamment de Mahamadou Diarra, le directeur de cabinet du préfet de l’Hérault et de Jean-Michel Porez, le directeur départemental de la Sécurité publique de l’Hérault.

Bâtiments neufs pour le RAID

Jean-Philippe Fougereau a évoqué « cette vieille histoire qui unit la police judiciaire et la Brink’s, une histoire sanglante et douloureuse à l’époque où les convoyeurs de fonds étaient froidement abattus par des truands. Et puis, il y a des anciens de la PJ qui à la retraite, on été embauché comme responsable de la sécurité au sein de la Brink’s ».

Une délégation des policiers d’élite de la nouvelle antenne de Montpellier du RAID était présente à cette remise des clés du fourgon blindé à leurs collègues de la BRI. Les policiers du RAID ont été ravis d’apprendre de la bouche de Magali Charbonneau, secrétaire générale du Sgami de la zone sud, que des bâtiments neufs et spacieux vont être construits pour abriter la brigade, régulièrement associée aux opérations difficiles menées par le SRPJ et la Sécurité publique dans la région : « J’ai signé le feu vert de cette réalisation pas plus tard que la semaine dernière. L’investissement s’élève à 3,5 M€ ».

Comme la BRI, leurs collègues du RAID ont reçu un beau cadeau de Noël avant l’heure. Ah, au fait, cette réception s’est déroulée dans une ambiance très conviviale, chacun maniant l’humour à sa manière. Dans son discours, Magali Charbonneau a relevé que, « il avait quand même fallu un an aux 35 policiers affectés au garage du Sgap pour enlever trois lettres à Brink’s pour écrire BRI » ! Les rires ont fusé autour du puissant fourgon blindé. Les truands ont intérêt à bien se tenir.

Deux policiers de la BRI découvrent le fourgon blindé new-look. Photo JMA. Métropolitain.
Les étapes en images de la transformation dans les ateliers du Sgami du fourgon de la Brink’s en fourgon de la BRI. Photo JMA. Métropolitain.
Une des étapes en photos de la transformation du fourgon blindé. Photo JMA. Métropolitain.

1

1 Comment

  1. Bonne idée de reconversion des camions blindés de transports de fonds !

    Pour autant, et vu le traitement réservé aux porteurs d’uniformes dans beaucoup de nos cités, il faudra réquisitionner tous les vieux bahuts du genre afin que les simples flics, pompiers, ambulanciers, médecins ou même infirmières puissent toujours pénétrer sans risques dans ces zones de « non-droit » crées par les décisions absurdement politicardes des jugeaillons de notre belle ville.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *