FOCUS. De la chaleur aux SDF avec le Samu social et la Croix-Rouge

MOBILISATION. Comme chaque hiver, l’arrivée du froid est synonyme de mobilisation des services qui gèrent les situations de détresse. Dans l’Hérault, le Samu social joignable via le 115 et les bénévoles de la Croix-Rouge sont mobilisés pour répondre aux signalements et pour effectuer les maraudes, au chevet des SDF. Décryptage.

C’est l’association l’Avitarelle basée à Montpellier qui gère le Samu social et le centre d’appel unique du 115. Elle se propose d’aller à la rencontre des sans abri et de contribuer au repérage de leurs besoins. Ainsi, le pôle urgence sociale est un « service d’intervention sociale » allant au devant d’un public, dont la caractéristique commune est d’être constituée de personnes vivant « à la rue ».

Dans chaque département, le numéro vert national pour les « sans abri », le 115, permet d’accéder à une permanence d’accueil téléphonique, fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, chargée de répondre aux situations d’urgence sociale. Le 115 est un numéro gratuit. Il se caractérise par un accueil immédiat et anonyme.

Orientations rapides

Sur le mode déclaratif, l’évaluation assurée par les écoutants à chaque prise d’appel, prend en considération les points suivants :

  • si la personne n’a aucun hébergement, relève-t-elle du droit commun ou non ?
  • quelles sont ses ressources ? ses référents ?
  • quelles difficultés médico-psycho-sociales rencontre-t-elle ?

« Qu’elles perçoivent des minimas sociaux ou qu’elles soient sans ressource, que leur errance soit récente ou de longue date, le 115 tente d’orienter rapidement les personnes sans abri vers des associations partenaires relevant de l’urgence ou de la post-urgence, en leur proposant, en fonction des places disponibles, un hébergement ou une orientation adaptée », explique-t-on au Samu social.

« Le 115 de l’Hérault assure donc les cinq missions essentielles : écoute, évaluation, information, orientation et hébergement. Le 115 n’a pas vocation à coordonner la gestion des places d’urgence. Il constitue un opérateur de premier accueil par téléphonie.Il joue aussi un rôle d’alerte auprès des pouvoirs publics. Il participe à l’observatoire local afin d’évaluer les besoins et les réponses apportées, mission dévolue au Service intégré de l’accueil et de l’orientation, le SIAO », précise l’Avitarelle.

Des maraudes efficaces

Le 22 novembre 1993, un ancien ministre, le docteur Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu social de Paris, créait, à l’aide du maire de Paris, Jacques CHIRAC, les premières équipes mobiles d’aide, dont la mission consistait à « aller à la rencontre des personnes, qui, dans la rue, paraissent en détresse physique ou sociale ». On les appela les maraudes. Elles sont utiles et efficaces.

À l’instar du Samu médical, dont il a tiré son nom et qui va au devant des victimes d’accident, le Samu social va à la rencontre des personnes sans-abri considérées comme des victimes, car n’étant plus en mesure souvent d’appeler les secours. Le Samu social va à la rencontre des femmes et des hommes, de plus en plus jeunes qui, dans la rue, paraissent en détresse physique ou sociale pour leur proposer l’aide nécessaire au retour à une vie digne et à l’exercice de la citoyenneté.

Il propose une évaluation spécialisée (sociale, psychologique, médicale), l’aide à l’orientation vers des structures sociales ou vers des structures de soins du droit commun, le suivi régulier des personnes sur leur « espace de vie » sous forme de veille psychosociale (visite sur site par analogie aux visites à domicile), l’accompagnement des personnes dans leur démarche d’insertion afin de les orienter vers les dispositifs de droit commun, l’instauration et le développement de liens avec les structures sociales et médico-sociales d’accueil et de lutte contre l’exclusion ainsi que les structures sanitaires.

La maraude « pure » : cette activité spécifique de part la méthode utilisée, favorisant le temps de l’échange et axant son intervention autour de l’ancrage territorial de la personne en situation de rue, déplace les modalités de la rencontre dans l’urgence pour s’adapter au rythme et à l’environnement choisi par la personne. Les équipes de la maraude « pure » sont à ce jour ancrées dans une démarche de création du lien social.

La maraude « signalement » se charge de l’ensemble des situations signalées au 115, facilitant ainsi la fluidité de l’activité globale. Une fois les signalements traités et en l’absence de nouvelle sollicitation, cette équipe poursuit son activité. Toute personne en difficulté extrême, et particulièrement celles en danger de rue avérée. Les moyens affectés aux maraudes sont :

  

  • 1 chef de service éducatif
  • 4 travailleurs sociaux
  • 3 infirmières diplômées d’Etat.

 Des médiateurs de rue

Le Samu social de l’Hérault comprend des médiateurs de rue, proches des sans abri. Leurs missions est :

  • d’aller vers les personnes les plus désocialisées qui n’ont plus ou pas le désir et la capacité de demander de l’aide,
  • d’offrir leurs secours et une écoute favorable à l’élaboration ou à la reprise de liens sociaux,
  • évaluer le danger que les personnes encourent,
  • d’orienter les personnes ou les mettre directement en relation avec des prestataires pouvant répondre à leurs besoins,
  • de mettre en place et réaliser des suivis sociaux,
  • de réaliser des actions de médiation,
  • de participer à des dynamiques de réseaux.
  • d’assurer un rôle de veille sur le territoire lui permettant d’appréhender et de signaler à partir de son observation directe ou de l’ensemble des témoignages qu’il recueille l’évolution des situations des territoires et des conditions des publics auprès desquels il travaille.

Les publics visés sont les personnes en situation d’urgence social et tous ceux qui ne fréquentent que rarement ou pas les structures existantes : hébergement d’urgence, accueil de jour. Plus globalement, ce sont ceux qui ne formulent plus aucune demande et pour qui, il est donc nécessaire d’aller au- devant. Ce sont souvent des personnes qui vivent à la rue depuis très longtemps, ou encore en squat.

L’hébergement : dans les situations d’urgence, l’association l’Avitarelle cherche à apporter une proposition en réponse aux difficultés des personnes qui se trouvent dans l’impossibilité d’assurer par leurs propres moyens leur hébergement et leur subsistance, dans le souci de ne laisser personne en danger sans assistance.

Le logement : au-delà de ces premières réponses en termes d’Urgence Sociale et d’Hébergement, l’objectif principal de l’association est de les accueillir et de les accompagner dans le développement de leur compétence à assurer leur autonomie sociale. Le logement constitue une des réponses à cet objectif.

Un chantier d’insertion : l’Avitarelle est une association qui situe son action dans la lutte contre toutes formes d’exclusion. L’accès au monde du travail constitue pour certains des bénéficiaires, un élément essentiel de leur insertion sociale et professionnelle. Pour répondre à ce besoin, l’association met en œuvre une action d’insertion par l’économique dans le cadre d’un chantier d’insertion « restauration collective ».

>> Pratique : Association l’Avitarelle, Samu social, gestion du 115, au 19 rue Boyer à Montpellier : 04.99.54.26.50

La Croix-Rouge offre le petit-déjeuner

La Croix-Rouge française est une association qui agit aux côtés des pouvoirs publics en tant qu’association auxiliaire. Elle s’engage notamment dans des missions de secours lors de situations d’exceptions nécessitant des moyens humains et logistiques importants. Mais, elle se positionne aussi en tant que médiateur entre les personnes assistées et les services compétents de l’Etat, des municipalités et des organismes spécialisés. Elle intervient dans les secteurs humanitaire, sanitaire, social, médicosocial et de la formation.

Dans l’Hérault, la Croix-Rouge redouble de vigilance dès l’arrivée de l’hiver et des périodes de grand froid pour venir en aide aux personnes esseulées et isolées. Ses bénévoles occupent le terrain. Des centres d’hébergement sont ouverts, notamment boulevard IV à Montpellier.

Dès ce lundi soir et jusqu’au printemps, la Croix-Rouge de Montpellier offrira le couvert le matin avec un petit-déjeuner, en plus du gîte dans les locaux du boulevard Henri IV. En cas de nécessité en raison des intempéries, notamment en période d’enneigement, le nombre de lits est augmenté.

Tant au sein de l’association l’Avitarelle, qu’à la Croix-Rouge, il est un constat qui se répète chaque hiver : des SDF préfèrent dormir à l’extérieur, dans des parcs, sous des porches, dans des parkings, que d’accepter d’être pris en charge pour trouver un gîte, du réconfort et beaucoup de chaleur.

>> Pratique : http://www.croix-rouge.fr/.

Le Samu social au chevet des SDF. Photo JMA. Métropolitain
Une équipe du groupe action sociale de la croix-Rouge de Montpellier.

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