Gendarme de Montpellier disparu : la maman offre 3 000 euros

MYSTÈRE. Où est passé Mathieu Caizergues, ce gendarme héraultais de 24 ans qui ne donne plus signe de vie sur l’Île de la Réunion depuis le 23 juin dernier ? Métropolitain a déjà évoqué ce mystère. Quatre mois après, il perdure : le disparu est-il toujours vivant ? Est-il décédé ? Sa maman qui vit à Saint-Drézéry garde l’espoir que Mathieu soit toujours en vie, quelque part et lance un appel à la ou les personnes qui savent quelque chose. Avec à la clé ses économies : 3 000 €.

Delphine Caizergues secoue le cocotier. Elle veut que celui ou ceux qui détiennent des renseignements sur le sort de son fils brisent l’omerta. Sur sa page Facebook, elle vient d’écrire ce message. Celui d’une maman désespérée, mais qui s’accroche pour revoir Mathieu qui lui manque tant :

Combien vaut la vie d’un enfant, son propre enfant, sa chair, son sang ?
C’est une question que je ne m’étais jamais posée avant aujourd’hui.
Cette question n’a pas de réponse parce que la vie d’un enfant n’a pas de prix.
Pourtant aujourd’hui, après avoir tout tenté, je me dis que c’est notre dernière chance de te retrouver.
Je sais que ce sera mal perçu par certains, tant pis, c’est qu’ils n’ont rien compris.
J’offre donc ce que j’ai, 3000 euros, à la personne qui nous mènera à toi, parce que cette angoisse et ces incertitudes ont assez duré. Parce que l’entêtement des autorités ne nous a mené nulle part. Parce que nous, ta famille, sommes en train de mourir à petit feu.
Parce que tu te trouves forcément quelque part et que quelqu’un sait…

Toute information capitale, qui justifiera notre retour sur l’île, ainsi que son auteur seront protégés par la confidentialité, c’est une promesse que je vous fais.

« Il est peut-être hébergé sur place »

Delphine Caizergues qui tient un salon de coiffure à Saint-Drézéry, à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Montpellier échafaude toutes les hypothèses : « Je suis sûre que Mathieu est vivant, qu’il ne veut pas être repéré. Il est peut-être hébergé sur place dans un ou plusieurs points de chute. Ou alors, il a peut-être rencontré des gens qui doivent lui dire, fais gaffe, si tes parents te trouvent, ils te mettront dans un asile« . La famille du gendarme se dit déçue d’un récent coup de théâtre qui n’a pas assez été creusé par les enquêteurs : le 9 septembre, des pique-niqueurs auraient reconnu en Mathieu Caizergues, un inconnu amaigri et fatigué venu leur demander un bidon d’eau, avant de quitter les lieux rapidement, en oubliant un autre bidon.

L’hypothèse d’une méprise serait cependant privilégiée par les gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis-la Réunion, alors que les résultats des traces ADN isolées sur le bidon laissé sur place par cet inconnu ne sont pas encore connus. « J’ai parlé à ces témoins, tout colle : sa voix, sa tenue vestimentaire, des détails physiques particuliers. On l’a même vu faire du stop », relève la maman du disparu, qui garde espoir de retrouver Mathieu en vie.

« Un gros coup sur la tête »

Elle n’explique pas pour l’heure, pourquoi son fils s’est brusquement évaporé au milieu d’une longue et spectaculaire randonnée dans le cirque de Mafate, en compagnie d’un gendarme et du mari d’une collègue, gendarme aussi. Elle se souvient de son départ d’ici : « Il nous a dit au revoir à tous avant de partir en détachement à la Réunion, avec son unité de la gendarmerie mobile basée à Saint-Amand-Montrond, dans le Cher. Il a dit au revoir à ses grands-parents paternels, à son meilleur ami à Montpellier, mais à mes parents, c’est la première fois. Il a emmené sa carte d’identité, alors qu’il ne le faisait jamais. Je pense que l’amnésie est possible, car, comme on le voit sur des photos qu’il nous a envoyées dans les heures qui ont précédé sa disparition, il a reçu un gros coup sur la tête. Il ne m’a pas dit comment il s’est fait cette blessure »…

Un détail qui intrigue

C’est ce détail qui est sujet à bien des interrogations : Mathieu Caizergues a t-il fait une chute sur le chemin de randonnée ? Ou a t-il été agressé ? Dans cette dernière hypothèse, qui a pu le frapper violemment à la tête, sans que ses deux « collègues » de randonnée soient témoins de la scène ? Car, l’enquête des gendarmes du groupement de l’Île de la Réunion a établi, au vu des déclarations des deux témoins, qu’ils n’ont jamais vu le jeune gendarme avec de telles blessures…

Ce détail et ses versions qui laissent un doute sur leur véracité intriguent beaucoup les enquêteurs. Interrogée par La Gazette de Montpellier sur l’existence éventuelle d’un conflit entre les trois randonneurs, Delphine Caizergues assure ne pas y croire : « Je ne pense pas que les deux gendarmes l’aient frappé ou qu’il y ai eu atteinte à sa vie. Les Mafatais sont formels : notre fils n’est pas décédé sur les lieux de la randonnée, car, il n’y a aucune odeur, pas de mouches, aucun rapace et pas de cadavre rejeté par la mer. On sait que les requins ne mangent pas les corps, donc on aurait au moins retrouvé une partie ».

Delphine Caizergues lâche : « Il ne s’est quand même pas volatilisé ». Il restait un espoir encore : le 4 octobre, de nouvelles recherches ont été lancées sur le sentier de randonnée, là où le jeune gendarme a brutalement disparu, alors qu’il suivait d’assez loin ses deux collègues -selon ce qu’ils ont raconté lors de leur brève garde à vue-, avec trois équipes cynophiles composées de chiens malinois spécialisés dans la recherche de cadavre…

Un détective engagé

Hélas, le flair des malinois n’a rien donné. Après des hélicoptères, des plongeurs, un peloton de haute montagne, des chiens pisteurs, des chiens spécialisés dans la détection de cadavre, un survol par des drones et des battues de gendarmes, de pompiers, de bénévoles et la famille qui s’est rendue deux fois sur place, c’est au tour d’un détective privé d’entrer en scène.

Un gendarme à la retraite, ex-membre d’une brigade de recherches, vient de partir sur les traces de Mathieu Caizergues à la demande de sa famille héraultaise, pour percer enfin ce mystère. Si un témoin qui détient le secret sur le sort de Mathieu se manifeste via ce détective privé, la maman lui remettra les 3 000 euros promis.

L’appel de la maman du gendarme disparu sur les réseaux sociaux.

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