Spécialités : le renouveau pour les Grisettes de Montpellier

GOURMANDISES. Montélimar a son Nougat, Cambrai ses Bêtises, Aix-en-Provence ses Calissons… Mais qui se rappelle que Montpellier a ses Grisettes ? Ce petit bonbon au miel et à la réglisse est pourtant la spécialité locale que l’on consommait déjà dans le Clapas au XIIème siècle*… Cependant, la confiserie, conçue et lancée par le confiseur montpelliérain Raymond Muller en 1964, n’a jamais vraiment dépassé les frontières de l’Hérault pour une notoriété qui, aujourd’hui, le dispute aux Zézettes de Sète… Mais les choses vont changer ! Les Grisettes, repris par trois investisseurs, vont devenir « la vitrine de Montpellier ».

Les Grisettes de Montpellier vont bénéficier d’un plan d’investissement ambitieux porté par trois spécialistes de l’agroalimentaire : André Sembelie (61 ans), Lionel Lopez (41 ans), anciens de Nestlé, et Jean-Claude Lacaze (66 ans), ancien de Danone et PDG actuel du groupe Nerios (Mont Roucous). L’idée est venue du benjamin, le Montpelliérain Lionel Lopez : « Ma famille en a eu assez de Paris et a voulu revenir à Montpellier. Je voulais en profiter pour changer de vie et me lancer dans un nouveau challenge. Or, je connaissais les Grisettes : je savais que la marque était peu visible mais j’étais convaincu par le potentiel de ce délicieux bonbon. Nous allons réveiller la Belle Endormie ! Notre ambition est de faire des Grisettes la vitrine incontournable de Montpellier. Comme le nougat à Montélimar ».

Inonder Montpellier puis tout le pays

D’ou le projet monté avec le gardois André Sembelie, qui fut notamment PDG de Perrier : relancer la marque Grisettes avec une ambition nationale et internationale pour en faire le produit-référence de Montpellier. Le duo s’est renforcé avec l’apport et l’expérience d’un troisième pro, Jean-Claude Lacaze, qui fut directeur du pôle eaux minérales pour Danone.

Le trio est devenu propriétaire de la marque Grisettes de Montpellier le 27 septembre dernier : « Nous remercions encore Raymond Muller », rappelle Lionel Lopez : « Nous avons respecté le packaging et le design de la marque, ainsi que la recette qui reste inchangée… Nous nous lançons dans l’aventure. La première priorité, c’est d’inonder Montpellier, puis tout le territoire jusqu’à Toulouse. Ensuite, ce sera la France ».

Les objectifs commerciaux sont ambitieux : multiplier par 10 le chiffre d’affaire à l’horizon 2018. « Il faut d’abord réinstaller la Grisette dans le quotidien des Montpelliérains », confirme Jean-Claude Lacaze et André Sembelie qui ne dévoilent pas le prix d’achat de la marque (qui a du leur couter bonbon) : « Après, nous partirons à la conquête de l’Hexagone. Concrètement, d’ici 18 mois, on vise un chiffre d’affaires de 1 M€ avec 800 points de vente en commerces traditionnels et une centaine en grandes surfaces. Au final, on vise 3M€ dans les 4 ans ».

Le pari est immense, mais les trois spécialistes connaissent la musique. S’ils on respecté le packaging historique créé en 1954, dont la fameuse boîte en fer octogonale, ils ont aussi créé deux emballages spécifiques pour la grande surface.

Un futur produit local ?

« Produire local, c’est aussi l’ambition des trois investisseurs »,
intervient Philippe Saurel, ravi de cette initiative : « La Ville et la Métropole soutiennent bien sûr ce projet qui doit apporter un petit plus à Montpellier. Je précise que la métropole va travailler avec les autres communautés de communes du territoire pour développer les circuits de production locaux. Il s’agit de fédérer nos apiculteurs pour qu’ils deviennent les fournisseurs exclusifs des Grisettes de Montpellier ». Les repreneurs confirment au passage qu’ils comptent également rapatrier la production sur Montpellier, les Grisettes étant actuellement fabriqués en région parisienne : « cela va générer la création d’une dizaine d’emploi », confirme Lionel Lopez.

>>  *Les Grisettes de Montpellier, toute une histoire
La légende raconte qu’au XIIème siècle, les marchands de la ville de Montpellier utilisaient de délicieuses billes noires comme monnaie d’appoint pour les pèlerins afin d’adoucir leur route vers Saint Jean de Compostelle. Plus tard, une fois la recette retrouvée, ces bonbons prirent le nom de « grisettes » en hommage aux costumes gris des grisettes montpelliéraines, ouvrières du textile qui confectionnaient les robes à la mode de Paris : « Montpellier fut un grand centre textile », explique Philippe Saurel : « Beaucoup de tissus étaient fabriqués ici et exportés. Comme les toiles rouges teintées par la cochenille du chêne Kermès et les soieries élaborées par exemple à la manufacture royale de Villeneuvette… Je salue cette initiative : j’ai proposé que le lancement des Grisettes se fasse à l’Opéra Comédie. Je remercie les repreneurs car c’est un gros travail, méticuleux et respectueux de la tradition ».

7 Comments

  1. Y’a La Grisette le bonbon, et y’a aussi depuis 2003 le chocolat Clapas qui a aussi son histoire très Clapasienn, ce qui fait 2 spécialités à Montpellier et très complémentaires.

  2. Lorsque le groupe Nestlé , a annoncé le souhait de se séparer de l’eau minérale gazeuse de « QUEZAC »(Lozère) ,son DRH Nestlé waters France / Belgique, Monsieur André SEMBELIE , nous présentait Monsieur Jean Claude LACAZE (Les eaux de Mont ROUCOUS) comme le « seul repreneur sérieux » pour l’eau de « QUEZAC »…..
    Aujourd’hui Monsieur SEMBELIE et Monsieur LACAZE se retrouvent associés…..
    L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, personnes debout et texte

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