Crise : « Midi Libre est en danger », selon le syndicat SNJ

MÉDIAS. Dans une lettre ouverte à la direction générale en date de dimanche, sous le titre « Midi Libre en danger : savoir résister », le SNJ -Syndicat national des journalistes- s’inquiète de l’avenir du quotidien régional, dont les ventes en 2016 auraient spectaculairement baissé. Métropolitain a eu accès à cette lettre choc. Analyse.

Cette longue analyse de la section du SNJ de Midi Libre a été faite dans la foulée d’une assemblée générale de la rédaction, qui s’est déroulée jeudi soir au siège, au Mas-de-Grille à Saint-Jean-de-Védas. « 60 journalistes étaient présents ou avaient remis des mandats pour être représentés, cette mobilisation l’état de résignation qui habite aujourd’hui beaucoup d’entre-nous : de Mende à Montpellier, de Béziers à Bagnols-sur-Cèze, les journalistes sont assommés et épuisés par la succession des chantiers, dont l’unique objectif vise à la réduction du nombre de personnel à la rédaction », écrit d’emblée le SNJ.

« Faire des économies »

La rédaction compte environ 170 journalistes dans les agences de l’ex-région Languedoc-Roussillon. « En 2018, il y aura encore des réorganisations et des suppressions au dépens de la diffusion et de la qualité éditoriale que nous devons aux lecteurs de Midi Libre, un journal issu de la Libération », relève le SNJ, qui enfonce le clou : « Jamais notre titre, une référence dans la région, n’a connu une telle crise ». Le quotidien régional fait partie du groupe de la Dépêche du Midi.

Selon le syndicat majoritaire au sein de la rédaction, « la direction générale réclame le départ de 12 CDD, contrats à durée déterminée, occupant des postes structurels. À terme, avec le non remplacement de journalistes partant en retraite, ou poussés au départ en raison de l’âge et d’autres départs en rupture conventionnelle, 10% des effectifs de la rédaction pourraient encore être rognés. Dès janvier, cinq postes seront supprimés au siège, à Saint-Jean-de-Védas et lors du comité d’entreprise, le directeur de la rédaction a, par ailleurs annoncé la suppression de deux postes à la rédaction de Montpellier ».

« Affectations contre la volonté de journalistes »

Le SNJ dénonce que, « certains journalistes sont désormais visés par des affectations contre leur volonté ». Nos informations le confirment : à cause d’un climat délétère à la locale de Montpellier, deux journalistes devraient être rapidement mutés, l’un à Lunel, l’autre au service des pages « agglomération de Montpellier ».

Un desk commun devrait être mis en place dès le mois de janvier au siège du Mas-de-Grille pour combler la disparition des postes. Il est question de mutualiser les rédactions de Mende et de Millau pour supprimer un poste de rédacteur. Deux journalistes secrétaires de rédaction du pool villages du Gard à Nîmes gèreraient jusqu’à 20 pages par jour.

« La diffusion payante s’effondre »

Selon le SNJ, « la diffusion payante du titre s’effondre. Moins 8,4% en semaine -diffusion print- pour le seul mois d’octobre ! Pour rappel, lorsque Philippe Palat a pris la tête de la direction de la rédaction en mars 2008, la diffusion sur sept jours était de 153’000 exemplaires. Elle était de 101’648 -print et Web- fin septembre dernier. À ce rythme, il y a lieu de s’interroger sur ce qu’il restera de notre quotidien dans cinq ans ». Avec toujours le même directeur de la rédaction ?

Le constat du SNJ est particulièrement sévère, sans appel, voire accablant : « Rien n’est fait pour redresser les ventes : pour la direction, la suppression des postes est l’unique solution. Il n’y a aucune réflexion sur l’avenir du titre, print et numérique payant. Il n’y a pas de projet éditorial. Or, notre avenir, c’est la qualité éditoriale. Or, la réalité est évidente avec la dégradation quotidienne du contenu proposé à nos lecteurs ».

« Un combat au sein de la rédaction »

Le SNJ-section Midi Libre parle de combat de tous les jours : « Aujourd’hui, des journalistes se battent pour mettre en perspective l’information et faire leur métier, c’est devenu un combat. Dans les agences ou au siège, la qualité du journal ne repose que sur l’implication et la surimplication des journalistes dans leur travail au quotidien, dans leur volonté de proposer un journal de qualité et dans le respect de la déontologie ».

Et le syndicat de Midi Libre d’appeler « chacun d’entre nous à faire preuve de résistance, d’obstination face aux pressions, aux oukases, à ces tentatives de passage en force, notamment sur les droits d’auteur. Indignez vous, faites le savoir »

Une feuille de travail légal

Des pressions existent, y compris au sein du SNJ : ainsi, Cathy Rocher, journaliste à l’agence de Nîmes est allée jusqu’à démentir à Métropolitain, une descente de l’inspection du travail, après des signalements venus de la rédaction sur l’organisation au sein de l’agence gardoise. L’inspection du travail qui a imposé, notamment à Nîmes, à Montpellier et dans les services du siège à Saint-Jean-de-Védas la mise en place d’une feuille quotidienne de présence pointant le nombre d’heures légales à respecter et d’indiquer les dépassements des heures de travail pour chaque salarié, sous peine d’une amende salée.

Le SNJ tire la sonnette d’alarme sur cette crise interne qui secoue Midi Libre, à quelques semaines de fêtes de fin d’année qui s’annoncent moroses au sein de la rédaction.

La lettre ouverte du SNJ. Photo JMA. Métropolitain.

10 Comments

  1. il faut impérativement arrêté de subventionner la presse papier ,,plus personne n’en achète ,on ne doit pas subventionner des truc qui ne marche et qui ne marcherons plus jamais ,,, dieu merci !!!

    1. c’est marrant comme, dans ce pays, on adore détester les journalistes. Qu’ils fassent bien leur travail ou pas. Faire disparaître la presse quotidienne comme couper les budgets de la rédaction d’Elise Lucet relève de la même démarche : abrutissement des masses. Soumission absolue au(x) pouvoir (s); Perspective qui ne m’enchante guère. Et puis, jusqu’à preuve du contraire : qui est-ce qui alimente toutes les rédactions télé, radio etc, chaque jour ? la presse écrite. et non l’inverse. alors Gégé, on connecte ses 2 neurones et on réfléchit, même si ça fatigue. vous surtout d’ailleurs.

  2. Vous devriez en acheter et lire plus souvent de la presse papier car cela vous évitera des fautes d’orthographe et de conjugaison

  3. pas étonnant Midi Libre se vend au plus offrant , vendu a Hollande d’abord ensuite a Macron et aux écolos , la censure suivant les heures est terrible pour les » mal pensants  » ça me rappelle Liberation que Joffrin a vendu au banquier drahy et qui a perdu 70 % de ses « posteurs « 

  4. ce journal est déconnecté du réel , ex.
    la modération des posts avant publication se fait soit au Maroc soit a Dakar , mais plus au Mas de Grille
    les purges sur des articles se font en plusieurs temps un article qui a suscité mettons 50 réactions se retrouve d’un coup a 10 par exemple sans aucun respect pour ceux qui font les posts

  5. Il y a donc encore des journalistes à Midi Libre ?Je n’achète jamais ce journal mais, à lire les articles sur le site, j’aurais pensé qu’il n’y avait que des stagiaires de 3ième

    1. des journaliste honnêtes il y en a c’est même un sacerdoce le problème vient de la politisation des médias qui tiennent les journaux sous perfusions financières , tous les journaux de gauche sont en faillite c’est la fin d’une époque

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