Montpellier : un documentaire fait dialoguer policiers et habitants de la Mosson

CITOYENNETÉ. L’association Pacim (Passeurs de cultures, passeurs d’images) a réalisé un documentaire de 75 minutes sous forme de dialogue entre habitants de la Mosson et policiers afin de comprendre les problématiques de chacun et casser les préjugés. L’objectif pour Catherine Barrière, membre de l’association, docteur en anthropologie culturelle et réalisatrice du film, était de « recueillir l’avis de tous afin de favoriser la prise de conscience sur leur représentation et ainsi renforcer la confiance mutuelle ».

“Deux fois moins criminogènes que l’Écusson”

Sans langue de bois et sans détourner le regard, le documentaire aborde tous les thèmes habituellement associés au quartier de la Mosson ou à tout autre quartier dit sensible. À la fois pour exposer les problèmes (saleté, incivilité, communautarisme, dégradation de l’espace public et des immeubles, trafic…), mais également pour casser les clichés comme la sécurité.

Les policiers du quartier témoigne : « La Paillade est deux fois moins criminogène que l’Écusson ». Sans tomber dans l’idyllisme, ils mettent plutôt en avant « un sentiment d’insécurité lié aux actes d’incivilités » et affirment que « contrairement à ce que pensent les jeunes, la relation entre la police et la population est bonne ».

Catherine Barrière a présenté son documentaire devant les représentants de l’État et les habitants du quartier © CN

Pour les besoins du documentaire, une classe du collège des Garrigues s’est rendue au commissariat central et à celui de la Comédie pour découvrir le travail des policiers mais surtout parler avec les hommes et les femmes qui portent l’uniforme. Là encore, ce fut l’occasion d’aller au delà des préjugés par le dialogue. L’expérience mérite d’être renouvelée. Les habitants du quartier à travers une cinquantaine de femmes et une vingtaine d’hommes apportent leurs réflexions. L’un d’eux suggère notamment à la police de « repenser la formation. Un agent doit connaître le lieu et la culture d’une population qui est là pour des raisons économiques et humaines ».

Une grande attente

Le documentaire a été présenté pour la première fois à Pierrevives en présence de Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, Souad Sebbar, déléguée du préfet à la Mosson, du commissaire divisionnaire Régis Duffau de la DDSP34 -Sécurité publique- et de Bernard Pradel, médiateur au sein de la police nationale. Ils ont ainsi pu avoir des retours directs des habitants. Une des participantes est contente de la parole portée : « Les gens avaient besoin de parler, de donner des propositions pour améliorer la vie du quartier ». Une autre complète « On a trouvé des solutions. Cela nous a rassuré sur la relation entre jeunes et policiers. Même s’il y a encore du travail ».

Le documentaire est perçu comme « un outil de sensibilisation pour les habitants et les forces de l’ordre ». C’est donc très logiquement qu’une habitante du quartier résume le sentiment général : « Il y a une grande attente de la suite ».

Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, et Souad Sebbar, déléguée du préfet à la Mosson © CN

Un point de départ

« Cette expérience peut être un point de départ nouveau pour les relations entre police et population. On est au coeur de ce que l’on souhaite faire avec la police de sécurité au quotidien » affirme Pierre Pouëssel qui rappela que « 13 000 policiers et gendarmes ont été supprimés sous Nicolas Sarkozy. François Hollande en a remis 9 000. Et il y en aura 10 000 de plus durant le quinquennat d’Emmanuel Macron » en ajoutant que « la sécurité doit être une coproduction entre les policiers et les habitants ». Le préfet de l’Hérault observa et souligna d’ailleurs que « ce sont les femmes qui sont à la manoeuvre, qui sont à la tête des associations, qui s’engagent… ».

La suite du documentaire, outre d’être visible sur le site internet de PACIM et sur Youtube, consistera en des projections-débats tout au long de l’année 2018 dans les quartiers. Concernant la Mosson, le commissaire divisionnaire Régis Duffau a soutenu la proposition d’un point écoute dans le quartier. Des kawas-rencontres seront organisés pour renforcer régulièrement le dialogue entre les habitants et l’État. Ils se tiendront prochainement dans le local de l’association PACIM (385 rue Pierre Cardenal) en présence de Souad Sebbar qui rendra ainsi compte au préfet des attentes des habitants. Car comme il l’a affirmé : « Je considère qu’aujourd’hui nous sommes à un nouveau départ ». Des paroles qui doivent désormais être suivies par des actes tant les attentes et la volonté des habitants de la Mosson ayant participé au documentaire sont grandes.

Le documentaire Des paroles citoyennes pour restaurer la paix et la sécurité

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