Montpellier : les Roms de Celleneuve iront à Bionne

CAMPEMENT. Le campement des Roms des hauteurs de Celleneuve et de Pierrevives sera démantelé d’ici le printemps prochain et les 32 familles permanentes -120 Roumains de tous âges- seront relogés dans des bungalows installés sur les 6 000 m2 d’un terrain de la Ville de Montpellier dans le quartier de Bionne, au sud de la Mosson en direction de Saint-Jean-de-Védas, au pied du grand relais, juste à côté du château de Bionne, en face de l’actuelle aire d’accueil des gens du voyage.

Un terrain transitoire, le temps que l’État trouve des logements idoines dans le cadre de la protection des populations, qui lui incombe.

L’annonce a été faite officiellement mardi conjointement par le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel et Philippe Saurel, maire et président de la métropole. La Justice a ordonné l’expulsion des Roms qui squattent une parcelle de la Ville, qui envisage d’y implanter un Village des entreprises, dès qu’il sera libéré, le temps que la prise en compte humaine de ces familles roumaines soit concrétisée, au printemps prochain. Le départ des Roms va se faire par étapes.

28 bungalows

La Ville et la métropole ont donc trouvé ce terrain de 6 000 m2 à Bionne avec l’eau potable et l’assainissement, gracieusement mis à la disposition de l’État. « Nous supporterons le coût de la construction des plates formes pour chaque bungalow », a dit Philippe Saurel. Le préfet de l’Hérault a indiqué que, « 28 bungalows abriteront les familles, loués et financés grâce au Dial, un programme de 360’000 €. S’ajouteront 8 000 € par famille et par an. Le système de baux glissants sera mis en oeuvre : l’association qui sera choisie pour gérer le campement, quatre sont candidates, versera les loyers aux bailleurs, jusqu’à ce que les familles puissent les régler en totalité chaque mois ».

C’est une première à Montpellier. Pierre Pouëssel et Philippe Saurel se sont inspirés de deux actions similaires expérimentées avec succès à Strasbourg et à Toulouse, à savoir que de nombreux partenaires et acteurs sont impliqués dans ce programme en faveur de citoyens précarisés.

Huit ménages en emploi

Le centre communal d’action sociale -CCAS- de la Ville de Montpellier, le conseil départemental de l’Hérault, Hérault Habitat, Pôle Emploi, la CAF, l’union régionale des bailleurs sociaux, des médiateurs, des associations comme l’AHI, la Cimade, l’AREA, la fondation de l’Abbé Pierre, Adage, le Gestar, l’AERS, la Clairière, SIAO ou encore « De deux choses l’une » se mobilisent pour ce relogement. Tous ces acteurs agissent au sein d’un comité de pilotage.

Actuellement, huit ménages sont en emploi -CDD, en insertion ou en intérim-, trois autres sont en auto-entrepreneurs. 21 familles sont proches d’une insertion par le logement. La mission des acteurs du relogement de ces Roms va être de trouver un emploi pour pouvoir payer le loyer, au terme du bail glissant.

Schéma d’aménagement des gens du voyage

La Ville de Montpellier vient de lancer la création d’un schéma d’aménagement des gens du voyage, dans lequel sera inclus le campement des Roms de Bionne. Philippe Saurel ne veut pas entendre parler de bidonville ou de jungle, des termes qu’il trouve trop violents.

Le maire et le président de métropole fait référence à des articles de presse qui évoquent le bidonville de Celleneuve, un terme utilisé dans la pétition en ligne lancée avant l’été dernier par un riverain et qui a recueilli 4 000 signatures. Le voisinage n’en peut plus de respirer via d’épaisses fumées, les émanations toxiques de gaines de cuivre et de déchets, souvent du plastique brûlés dans le campement des hauts de Celleneuve.

Deux autres campements illégaux soulèvent la colère de riverains, au Mas-Rouge, entre Port Marianne et Odysseum, le long de l’autoroute A709 et à la Marbrerie à Grammont, près du Zénith Sud. Mais, à la différence de celui de Celleneuve, ces deux campements de Roms sont installés sur des terrains privés. Des procédures judiciaires sont en cours pour faire expulser ces Roumains.

Les Roms de Bionne sur un terrain de 6 000 m2. Photo JMA. Métropolitain.

5 Comments

  1. Voisins rassurez vous, vous allez être exonérés d’impots foncier tant que ce camp sera installé là, c’est provisoire, mais si c’est comme la cité Chantal, dormez sur vos deux oreilles.

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