Loi de Finance : la CCI de l’Hérault refuse la ponction de 20%

COLÈRE. Président de la CCI Hérault, André Deljarry critique la nouvelle ponction décidée par l’Etat dans les finances des chambres consulaires. Les CCI devraient perdre 20% dès le 1er janvier 2018. Une ponction qui survient après une première saignée de 35% sur la période 2013- 2017. Le président héraultais s’interroge sur la volonté de l’Etat de maintenir des CCI.

C’est tout le réseau national des CCI qui est en ébullition. Si l’on en croit André Deljarry, la nouvelle ponction envisagée par l’Etat dans les finances des CCI (150 M€ espérés en 2018 du réseau consulaire national) fait monter la température. Concrètement, cette nouvelle ponction, qui sera applicable au 1er janvier, provoquera une perte supplémentaire de 2 M€ pour la CCI de l’Hérault. Une décision très malvenue après la fameuse réforme des CCI, conduite sur la période 2013-2017, et qui a généré une perte de 35% de leurs recettes fiscales.

La fusion des CCI a coûté 3 M€

« Cette réforme a eu deux effets financiers majeurs », confirme André Deljarry : « D’une part, les CCI ont perdu plus d’un tiers de leurs ressources ; ensuite, cette réforme a entraîné la fusion des 3 CCI héraultaises (Montpellier, Sète et Béziers) pour un coût de 3 M€… Après cela, nous n’avons pas les moyens, aujourd’hui, d’assumer une nouvelle ponction qui compromet nos missions de service public ».

Concrètement, les recettes fiscales de la CCI de l’Hérault ont baissé, passant de 16 M€ en 2013 à 10 M€ en 2017, et 8 M€ en 2018 avec la nouvelle ponction. Cette baisse a bien sûr des répercussions directes sur le budget de la Chambre complété par d’autres recettes provenant par exemple de la formation (CFA) ou des dividendes des aéroports (Montpellier et Béziers) sans oublier les aides versées par les collectivités locales. De 32 M€ en 2013, le budget de la CCI de l’Hérault sera de 16 M€ en 2018.

La brutalité de l’Etat mise à l’index

« C’est une décision brutale et incompréhensible », s’enflamme André Deljarry : « Je ne crois pas qu’une entreprise résisterait longtemps à l’amputation de 50 % de son chiffre d’affaires. Pourtant, c’est ce que nous impose l’Etat ». Le président s’interroge : « Nous sommes d’accord pour participer à la réduction des dépenses publique. Nous y avons grandement contribué. Mais je suis pas sûr que tout le monde l’a fait, et encore moins à 50% ». Il interpelle le gouvernement : « Si l’État veut la mort des CCI, ou une fusion de nos services avec la Chambre de Métiers, qu’il le dise clairement ».

En attendant, la CCI de l’Hérault n’exclut pas un second plan social. Le premier a fait passer ses effectifs de 250 à 200 personnes ; la nouvelle ponction entraînera 20 nouveaux départs dans l’Hérault « et 2000 au moins au plan national », confirme André Deljarry : « Au final, ce sont nos missions dédiées aux entreprises qui en souffriront ». Le président de la CCI 34 reste toutefois combatif : « Nous avons écrit aux maires et aux parlementaires. On ne se résigne pas à cette amputation. On se bat : on demande le retrait de cette loi ou son lissage sur cinq ans ».

André Deljarry maintient son programme

Le président de la CCI 34 refuse de remettre en question son programme d’investissements : « Aucun projet n’est remis en question. Ni le développement des CFA de Montpellier et Béziers, ni la rénovation du parc des expo de Béziers, ni le projet de la nouvelle Business school ». Pas question non-plus de toucher au patrimoine : « Je ne vendrais pas Saint Côme qui répond au besoin des 1000 commerces du centre-ville. A ce propos, je précise que nous allons rénover Saint Côme : nous attendons le chiffrage des Bâtiments de France, avec qui nous avons justement rendez-vous vendredi matin ».

Le président n’exclut pas de vendre des parts dans les aéroport de Montpellier et Béziers : « Sur ce dernier, nous sommes prêts à laisser des parts à des investisseurs comme les collectivités. Nous préférons nous concentrer sur le développement économique autour de l’aéroport. Nous pouvons aussi vendre des parts pour l’aéroport de Montpellier même si pour l’heure nous ne sommes pas vendeur. Par exemple 5% pour une collectivité qui souhaiterait s’investir davantage sur le site ». Autre projet en cours : la vente du Mas Rochet qui doit rapporter 2 M€ à la CCI et pour lequel 2 acheteurs se sont déjà positionnés.

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