Isabelle Boulay : de retour chez nous avec « En vérité »

INTERVIEW. Pour son grand retour après 4 ans d’absence, Isabelle Boulay présente son nouvel album, « En vérité » qui laisse affleurer une sensibilité à plusieurs détentes. Instinctif, charnel, voyageur, aventureux, accueillant… Un album en adéquation avec ce qu’elle est vraiment. À moins d’un mois de son passage au Pasino de La Grande Motte, elle se dévoile pour Métropolitain.

>> Isabelle, le public vous attend avec impatience. Que lui avez-vous réservé pour la tournée « En vérité » ?

J’ai voulu un disque qui appelle au corps dans les rythmiques et qui permet pour la scène une espèce de connexion avec le mouvement. C’est un spectacle que je qualifierais de « vivant » dans sa musicalité, parce qu’il parle autant au corps qu’à l’esprit. Mon Directeur artistique, qui me suit depuis plus de vingt ans, me disait que c’était sûrement un des plus aboutis de ma carrière, un de plus charnels. Il me tarde de partager toutes les émotions d’En vérité avec le public montpelliérain.

>> Quels morceaux avez-vous retenu pour la tracklist de cette tournée ?

Je chante presque l’intégralité du dernier album. J’interpréterai aussi, évidemment, les chansons que le public me réclame : Parle moi, Je t’oublierai, Mieux qu’ici bas… Et puis aussi quelques chansons dont j’aurais tellement aimé être l’interprète originale, comme par exemple « Seras-tu là ? » de Michel Berger.

>> Pourquoi avoir intitulé votre 14ème album « En vérité » ?

C’est aussi, avant d’être le titre de ce nouvel album, le titre d’une des chansons que j’ai retenues pour ce disque. Elle a été écrite pour moi par l’un des auteurs qui me connaît le mieux : Didier Golemanas. Mieux qu’ici bas, Tout au bout de nos prières, Nos rivières… C’est lui. Quand il est venu à moi avec En vérité, j’ai tout de suite su que je retiendrais ce morceau. Il m’a bouleversée.

>> Pourquoi ?

En vérité invite à se regarder avec clairvoyance, avec humilité, à faire le point sur nos expériences, nos rêves. Ca me fait penser à cette chanson de Stéphane Eicher – le titre m’échappe – où il écrit : « Tu ne me dois rien. On ne refait pas sa vie, on la continue seulement ». Cette vérité qu’on a en soi, c’est ce que j’ai voulu explorer à travers les titres de cet album.

 >> La vraie Isabelle Boulay fêtait cet été ses 25 ans de carrière. Qu’est ce qui n’a pas changé chez elle ?

Ma nature profonde. Une certaine douceur, un attachement aux valeurs simples et aux petits riens qui font le bonheur.

>> Et pour ce qui a changé ?

Une force de caractère, de respect de soi et de la vie à travers ça. La Isabelle Boulay d’aujourd’hui refuse qu’on porte atteinte à sa joie de vivre.

>> Une sagesse qui laisse deviner une part d’ombre…

Oui, mais je ne parle jamais de ma vie privée.

>> Pourtant un événement semble vous avoir marquée au fer rouge.

J’ai traversé, il y a une quinzaine d’années, des moments difficiles sur le plan humain. Je me souviens qu’à cette période, j’avais collé partout chez moi, sur des post-It, la phrase « N’oublie pas la valeur de la vie ». J’y pense encore souvent, à cette phrase.

>> Vous êtes aussi devenue mère.

Le plus beau des cadeaux. Une révélation. Une prise de conscience qu’un enfant apprend la vie à travers nous. Et que ce bonheur vital, on doit le lui transmettre, coûte que coûte.

>> Qu’apprend-on de vous dans ce nouvel album ?

À travers le choix des chansons qui, je précise, ne sont pas toutes autobiographiques, on peut connaître ce qui a une résonnance en moi. Mais, c’est surtout moi, vous savez, qui apprend sur le public. Je vis à travers lui, je ressens ses émotions. Moi, je suis une ouvrière de la chanson. Je livre pour le public des émotions en chanson. Je suis un peu une résistante aussi. Le métier change tellement. Pour être chanteur aujourd’hui et accepter toutes les contraintes qui pèsent sur nous, artistes, il faut l’aimer ce job. Viscéralement.

>> En vérité rassemble une armée de passionnés, de « plumes » reconnues : Cœur de Pirate, Carla Bruni, Julien Clerc, Benjamin Biolay, Raphaël…

Un bel honneur qu’ils me font tous là. Leurs chansons sont sublimes, taillées sur mesure pour moi en plus ! J’ai beaucoup de respect pour ces textes. A chaque fois que j’interprète l’un d’entre eux, je repense à ce vieil adage « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage… ».

>> Une confession pour le public : votre titre préféré de l’album ?

Joker !

>> Non, non…

Laissez-moi en choisir quatre alors, qui ont une résonnance particulière. « Le garçon triste » (Carla Bruni) pour son histoire, si imagée. « Voir la mer », parce qu’elle m’évoque mon enfance. Et puis, « En vérité » et « Mon amour », qui parlent toutes les deux d’amour. « Mon amour » a la beauté tragique de la fin d’une d’histoire. « En vérité » est un peu différente. Elle est douce, amoureuse et lucide. Un peu comme moi aujourd’hui.


« En vérité »

MARDI 12 DÉCEMBRE 2017 - 20H30

LE PASINO – LA GRANDE MOTTE

 

Crédits photos: Lindbergh 

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