MRC / Safi N’Diaye : « Cette nomination, je ne m’y attendais pas du tout »

RUGBY FÉMININ. La Montpelliérain Safi N’Diaye a été nommée parmi les cinq meilleures joueuses au monde par le World Rugby. Le titre, pour lequel le public est invité à voter, sera remis à la gagnante le dimanche 26 octobre à Monaco. Actuellement en équipe de France pour deux test matchs -victoire samedi dernier en Espagne 97-0 et match en Italie ce samedi- préparatifs au prochain Tournoi des Six Nations, la troisième ligne centre du MHR nous a accordé un peu de son temps pour réagir à cette nomination honorifique.

Comment avez-vous réagi à cette nomination au titre de meilleure joueuse de l’année ?

J’ai été très surprise, ravie et très honorée par cette nomination car je ne m’y attendais pas du tout. C’est une récompense pour moi, l’équipe de France, Montpellier, tous les encadrants qui m’entraînent depuis des années. Donc c’est une belle reconnaissance et cela fait vraiment plaisir. On travaille dur et quand il y a des titres honorifiques qui arrivent derrière, c’est vraiment valorisant.

Romane Ménager, votre coéquipière en équipe de France, fait partie des nominées. J’imagine que vous en avez parlé ?

Bien sûr. La manager de l’équipe de France Annick Hayraud nous a prévenu toutes les deux. On étaient très contentes et surprises en même temps. Je suis contente que Romane soit aussi nominée car elle représente la nouvelle vague de l’équipe de France, la jeunesse pleine de talent. Donc c’est super pour l’avenir.

Justement après la coupe du Monde et à l’occasion de cette série de test matchs, l’équipe de France a été rajeunie. Quelle est votre rôle dans cette nouvelle configuration ?

C’est vrai qu’avec les « anciennes » on a un rôle un peu de maman. On va dire ça comme ça car elles sont très très jeunes. J’ai parfois dix ans d’écart avec les filles. Il y en a beaucoup qui ont vécu leur première sélection contre l’Espagne. On est donc là pour rassurer, accompagner, répondre aux questions et essayer de garder l’état d’esprit qui est le nôtre, le transmettre et partager avec les joueuses.

Ce n’est pas parce que les petites jeunes arrivent que vous êtes prête à lâcher le morceau ?

Non pour l’instant je prends beaucoup de plaisir. Je me régale encore que ce soit en club ou en équipe de France. Tant que je m’amuse c’est le principal.

© FFR

Quel est l’objectif des Bleues pour le Tournoi des Six Nations qui va commencer en février 2018 à Toulouse face à l’Irlande ?

L’objectif c’est de faire un meilleur tournoi que l’année dernière. On avait perdu en Irlande et vraiment pris un coup sur la tête. Et pourquoi pas aussi gagner ces Anglaises car on a une revanche à prendre sur la demi-finale de la coupe du Monde. On veut aller le plus loin possible et préparer le groupe à de grosses échéances qui arriveront plus tard. On travaille dans ce sens car on est après une coupe du Monde. Il faut bosser, voir des joueuses, faire une revue d’effectif, préparer un groupe en somme.

Justement après la coupe du Monde, que retenez-vous de la compétition ?

Je retiens que l’on n’est pas passées très loin. En demi-finale, on arrive à faire égalité à la mi-temps contre une équipe professionnelle. On s’entraîne comme des professionnelles mais on est toutes amatrices. Donc c’est que l’on n’est pas passées loin au final. Il nous faut encore du temps pour travailler. Si on veut gagner des gros titres, il va falloir se mettre au niveau des grosses nations. On a vu la finale des Blacks contre les Anglaises qui était très très engagés. C’était vraiment une très belle finale où cela se rendait coup pour coup. Est-ce que nous on aurait été invitées à cette finale ? Je ne sais pas quand je vois le niveau atteint. Après c’est une finale donc tout peut arriver. La Fédération commence à mettre des moyens dans le rugby féminin. On a des jeunes qui jouent dans les écoles de rugby depuis toute petite, qui ont vraiment du rugby et qui peuvent gagner des titres. Il faut mettre les choses en place pour que l’on évolue plus vite et que l’on puisse jouer ensemble plus souvent pour gagner des gros titres.

Une expérience comme celle de Gaëlle Mignot qui joue cette année en Angleterre, cela vous tente ?

Je n’y ai jamais pensé parce que je joue à Montpellier depuis de nombreuses années et j’y suis très bien. Je suis très famille et j’aurais peut être du mal à être loin de mes proches. Mais c’est une super expérience et c’est vrai que c’est tentant. Pour Gaëlle c’est une super expérience au niveau joueuse mais aussi car elle a le projet d’entraîner à haut niveau. Je pense qu’elle va prendre pas mal d’expérience là bas. Elle va pouvoir travailler avec des gens professionnels, apprendre l’anglais et des techniques qui pourront être reproduites en France.

Quels sont vos objectifs cette saison avec Montpellier ?

On fait pour l’instant un très beau début de saison. On est invaincues. On a été gagner au Stade Toulousain il y a quinze jours. On a eu beaucoup de nouvelles donc l’objectif au début était de pouvoir recréer un groupe et une équipe. Match après match on voit que l’on gagne, on emmagasine de la confiance. On est bien ensemble, on vit bien ensemble, on s’entend super bien. Cela fait sept ans que je suis à Montpellier et j’ai la chance d’avoir joué sept finales donc en jouer une huitième cette année ce serait super. Mais une saison est longue et il peut se passer plein de choses encore. L’année dernière on est championnes alors qu’on fait un début de saison catastrophique donc au final aucune saison ne se ressemble.

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