Mairie de Béziers : la « crèche culturelle » inaugurée début décembre

JUSTICE. Le feuilleton judiciaire qui durait depuis trois ans n’est pas pour autant achevé, après l’arrêt du Conseil d’État qui a rejeté en fin de semaine dernière le pourvoi en cassation de la mairie de Béziers sur l’interdiction d’une crèche de Noël dans le hall de l’hôtel-de-Ville, installée en décembre 2014 : le maire proche du Front national, Robert Ménard confirme ce lundi qu’il va passer outre la décision de la juridiction administrative suprême et que la crèche sera de nouveau installé en mairie, en décembre.

Lors de l’installation de cette grande crèche en décembre 2014, la Ligue des droits de l’Homme -LDH 34- de l’Hérault avait saisi le tribunal administratif de Montpellier qui avait validé l’initiative du maire. La LDH 34 avait interjeté appel et en avril 2017, la cour administrative de Marseille avait annulé le jugement. Robert Ménard s’était alors pourvu en cassation devant le Conseil d’Etat, qui vient de confirmer l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille.

« Une dimension festive »

En novembre 2016, la plus haute juridiction administrative avait déjà clarifié le droit applicable aux crèches dans les bâtiments publics, après des décisions contradictoires de plusieurs tribunaux. Le Conseil d’Etat avait tranché pour une interdiction de crèches dans un bâtiment public, « sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif ». Ce qui n’était pas le cas de celle de la mairie de Béziers en 2014 pour les juges.
Dans les autres emplacements publics, l’installation d’une crèche de Noël est légale, « sauf si elle constitue un acte de prosélytisme ou de revendication d’une opinion religieuse », ce qui était le cas en 2014 pour le Conseil d’Etat. Robert Ménard a revu sa position depuis avec en 2015 et 2016 une crèche offrant « une dimension plus culturelle et festive », accompagnée d’un sapin de Noël et d’une boîte aux lettres pour écrire au Père Noël.

23’000 visiteurs en 2016

Ce lundi, le maire de Béziers insiste sur le rejet du pourvoi en cassation qui concerne « uniquement la crèche de 2014 ». « À l’époque, le Conseil d’État n’avait pas encore tranché sur ce que nous pouvions faire ou non. « Nous nous adaptons aux arrêts du Conseil d’État pour que la crèche soit conforme. Désormais, l’accent est mis sur l’aspect culturel de l’installation, avec « des santons, des maisons tuilées, une boîte aux lettres pour le père Noël etc. » mais aussi à travers la présence devant l’hôtel-de-Ville de chalets de marchands et d’artisans de santons, explique Robert Ménard, mais, pas question pour autant d’abandonner la dimension religieuse de la crèche : il y aura le petit Jésus, Marie et Joseph ».

La crèche sera inaugurée le 4 décembre avec la présence des représentants du culte catholique, mais aussi du culte musulman et également un message transmis par la communauté juive, « pour qui la crèche rassemble toutes les religions ». Une crèche qui attire les familles de la région : 23’000 visiteurs se sont déplacés l’année dernière dans le hall de la mairie de Béziers.

5 Comments

  1. La loi sur la laïcité date de 1905, ce qui suppose que ces crèches auraient donc pu techniquement être interdites pour « prosélytisme » depuis plus d’un siècle. Cela n’a jamais été fait jusqu’à maintenant car il était acquis que la France est France car elle est un pays aux racines chrétiennes : culturellement et traditionnellement. Posez vous la question de savoir pourquoi cela est contesté et attaqué depuis ces 20 dernières années ? Certainement parce certains ne veulent plus que la France soit…

  2. Merci Mr Ménard de défendre notre culture, nos valeurs, alors que d’autres sapent notre pays sous le couvert de la diversité pour cacher leur haine et leur mépris

  3. La crèche dans un hall de mairie n’est pas une tradition en France mais une provocation de certains maires voulant surfer avec les relents identitaires dans un but électoraliste …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *