Go fast à Montpellier : les Tortues Ninja de contrebande foncent sur les policiers

TRAFIC INTERNATIONAL. Les policiers de la Sécurité publique du commissariat central de Montpellier ont mis fin à un trafic international de cigarettes de contrebande, en interceptant, non sans mal les deux véhicules d’un go fast . La tête de réseau, un quadragénaire, n’a pas hésité à forcer des barrages et à foncer sur des policiers de la brigade anticriminalité, la BAC. Récit.

Selon nos informations qui n’ont pas été confirmées de source policière -la direction départementale de la Sécurité publique de l’Hérault -DDSP 34 observant le mutisme sur cette affaire-, dans la nuit de lundi à mardi vers 3h, un équipage de la BAC en patrouille de routine a croisé deux voitures qui roulaient à très vive allure sur l’avenue de la Liberté, à la hauteur de Celleneuve. Les policiers ont appelé les autres BAC en renfort et ont pris en chasse les Citroën Picasso C4 et Renault Laguna qui formaient un go fast -en général, c’est un transport de produits illicites, drogue, armes et donc de cigarettes dans ce cas précis à vitesse grand V du point de chargement au point de livraison séparés de plusieurs centaines de kilomètres- en dressant également des barrages dans le sens de fuite pour les intercepter.

Les suspects ont refusé d’obtempérer, ont forcé les points de contrôle et foncé délibérément sur les agents qui ont fait usage du système Stop stick -une herse qui se déploie automatiquement en la jetant à terre et qui crève les quatre roues- pour immobiliser les deux véhicules dans la cité des Cévennes.

Cartons remplis de cigarettes

Un des deux conducteurs et deux adolescents qui faisaient partie de ce convoi ont été neutralisés. Le chauffeur d’une des voitures a pu s’enfuir à pied. Dans les véhicules, les policiers ont saisi des cartons remplis de cigarettes. Le conducteur interpellé, un père de famille d’une quarantaine d’années titulaire d’une carte de séjour, qui vit du RSA et qui est logé par sa mère à Montpellier est soupçonné d’être la tête de réseau d’un trafic de cigarettes prospère entre Montpellier et la principauté d’Andorre.

Les deux complices qui se trouvaient dans une des deux voitures sont âgés de 16 ans, dont l’un est le fils du quadragénaire, l’autre étant un mineur isolé non accompagné arrivé ici en octobre dernier et recruté, moyenne finance, pour servir de mule.

Sur des sentiers de montagne

Trois fois par semaine, cet adolescent étranger qui a fui son pays pour se réfugier en France était déposé à la frontière de la principauté andorrane par le quadragénaire, en compagnie de son fils . Les deux adolescents étaient pris en charge par les complices andorrans qui livraient les cigarettes, qu’ils remontaient ensuite à pied, dès la tombée de la nuit, via des sentiers de montagne isolés aux frontières andorannes et françaises. Les cartouches étaient placées dans des cartons en forme de petits sacs scotchés autour du corps de l’adolescent, au ventre et dans le dos,  comme le transport des produits des célèbres Tortues Ninja, un mode opératoire qui a fait le tour du monde grâce à la culture Geek.

Ces mules utilisées par les trafiquants de tout poil remplacent les transports sur des dos d’ânes, comme les premiers contrebandiers le faisaient à l’époque. 

Les deux adolescents étaient récupérés par le quadragénaire et le conducteur du second véhicule, côté des Pyrénées-Orientales. Les deux voitures appartenant à ce trafiquant présumé montpelliérain regagnaient alors la cité des Cévennes en go fast avec les précieux chargements.

Colère des buralistes

Dans les deux véhicules interceptés l’autre nuit, les policiers de la BAC ont récupéré environ 220 cartouches de cigarettes et 23 kilos d’herbe de tabac à rouler, ce qui représente une belle saisie. Le paquet de cigarette illicite était revendu 5 euros. Les contrebandiers auraient ainsi gagné 11’000 euros.

Une perte sèche pour ceux qui favorisent les ventes à la sauvette au nez et à la barbe des buralistes du quartier du faubourg de Figuerolles et de Plan Cabanes, à Montpellier. Un trafic qui fait également le bonheur de certains épiciers de nuit de Montpellier qui réalisent de gros bénéfices.

Quotidiennement, ces buralistes, dont celui du cours Gambetta, montrent leur colère en dénonçant ces ventes clandestines, jour et nuit, notamment dans la rue Daru. Régulièrement, les policiers -Sécurité publique, police municipale- et les douanes effectuent des opérations pour mettre hors d’état de nuire ces vendeurs qui font subir un lourd préjudice financier aux buralistes.

Remis en liberté

Selon nos informations, le quadragénaire considéré comme la tête de ce réseau a déjà été arrêté par les policiers de Béziers dans le passé pour contrebande de tabac, déjà. Il avait été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue, à l’époque. Et c’est la même décision qui a été prise après son interpellation l’autre nuit : il va être jugé libre en décembre prochain devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Son fils de 16 ans et l’adolescent étranger du même âge, la mule du trafic, ont également été libérés et seront jugés en décembre devant le tribunal pour mineurs.

Du coup, l’enquête des policiers de la Sécurité publique s’arrête là. Faute de saisine d’un juge d’instruction, les investigations ne peuvent plus se poursuivre : le complice qui était au volant d’une des deux voitures et qui est en fuite peut dormir tranquille.

L’hôtel de police de Montpellier – A.M. / Métropolitain

11 Comments

  1. “Le conducteur interpellé, un père de famille d’une quarantaine d’années titulaire d’une carte de séjour, qui vit du RSA et qui est logé par sa mère à Montpellier” No comment !

  2. Ce pays me dégoute trop d’ordures de bas étage et de haut niveau.l’injustice ne frappe que les pauvres gens .
    la justice épargne les criminels de toute sorte.

  3. Quand je vois ce qui se passe à Plan cabanes, je me demande bien pourquoi je continue à déclarer mon chiffre d’affaire à l’URSSAF ! Ah, peut-être par ce que je suis français et solvable ? C’est honteux, déprimant, dégueulasse

  4. Il fonce en voiture sur des policiers, se fait arrêter, est considéré comme la tête de réseau puis est remis en liberté avant son procès… on croit rêver.
    Aucun respect pour la loi, aucun respect pour la justice, aucun respect pour les forces de police qui font leur boulot.
    Ecoeurant

    1. Oui , mais pour certains il ne s’agit que d’un minuscule fait-divers qui ne mérite même pas trois lignes dans un journal . La preuve : notre soit-disant grand quotidien régional ignore superbement cette affaire et préfère s’étendre sur le fait que des loups auraient été aperçus à Grabels . Ah que voilà une information capitale !

  5. Encore des cartes de séjour qui viennent en France et profitent du social francais….ca n arrête plus…on ne respecte ni les forces de l ordre ni les pauvres gens honnêtes qui travaillent!Bravo la France continuer à le verser RSA,CAF et APL….sous le dos des contribuables!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *