Montpellier : la version de l’assassin de l’étudiant mise à mal

JUSTICE. L’auteur présumé de la mort violente de Joachim, 20 ans, cet étudiant en géographie à la faculté Paul Valéry à Montpellier, jeudi soir dans la rue Saint-Guilhem, entre la préfecture de l’Hérault et le boulevard du Jeu-de-Paume, a été mis en examen ce dimanche pour assassinat, c’est à dire pour meurtre avec préméditation et incarcéré dans l’après-midi à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, conformément aux réquisitions du parquet de Montpellier. Âgé de 29 ans, il est né en Algérie et possède un titre de séjour. Il vit à Montpellier depuis plus d’un an. Six condamnations, dont deux pour des violences volontaires avec arme figurent sur son casier judiciaire. Il avait déjà fait de la prison dans le passé.

Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, en présence du commissaire Anthony De Freitas, directeur adjoint du SRPJ de Montpellier qui a mené l’enquête, a expliqué que « la qualification criminelle d’assassinat passible de la cour d’assises a été retenue, au vu des investigations diligentées depuis jeudi soir et notamment via le visionnage des bandes des caméras de vidéosurveillance de la Ville et de la supérette de la rue Saint-Guilhem, où l’étudiant a été poignardé à deux reprises au thorax et dans le coeur : on voit distinctement le mis en examen arriver par derrière le jeune homme qui remonte la rue accompagné d’un ami, qu’il le contourne, qu’il se place devant lui et qu’il lui porte les deux coups de couteau, avant de s’enfuir en courant, pieds nus ».

En dix minutes

Le procureur a ajouté que les investigations attestent également que, « l’assassin présumé a recherché l’étudiant dans le quartier, dans le but de le poignarder et de le tuer », ce qui conforte la qualification d’un homicide volontaire avec préméditation :« Nous estimons qu’en recherchant cet étudiant pour lui porter les coups de couteau, il a mûrement réfléchi et préparer son projet d’intention de tuer, même si tout s’est joué en dix minutes ».

Car, tout est parti d’une banale altercation survenue dix minutes plus tôt, en effet sur un trottoir du cours Gambetta, dans le quartier de Plan Cabanes : Joachim qui vient d’aménager dans le quartier proche de Chaptal se dispute avec sa compagne, qui est en sanglots. Un piéton vient se mêler de cette dispute, ce qui déplaît à Joachim, qui lui reproche vertement. « Il y a eu des invectives échangés entre eux, puis quelques coups, mais non violents. Le couple s’est séparé, chacun est parti dans une direction différente, comme l’inconnu qui serait, lui, rentré chez lui, à 5 minutes du cours Gambetta », a détaillé Christophe Barret, ce dimanche. Il a précisé qu’« au stade actuel de l’enquête, on ne sait pas s’il est allé chercher le couteau du crime ou s’il l’avait déjà sur lui, comme il le dit. À son domicile, on a récupéré des armes blanches, dont un canif, dont il déclare être l’arme du crime. Mais, les plaies relevées sur le corps de l’étudiant par le médecin légiste, lors de l’autopsie excluent qu’elles aient été provoquées par un canif, mais par une lame plus large ».

Question : qu’est-il allé faire chez lui, avant de repartir dans l’Écusson à la recherche de l’étudiant dans un désir de vengeance, visiblement, comme le relève le procureur de la République : « C’est quelqu’un qui veut toujours être le plus fort, dans l’altercation avec l’étudiant, il n’a pas eu le dessus. S’est t-il senti frustré ? C’est fort possible, l’instruction le déterminera ou l’infirmera, mais c’est un geste criminel purement gratuit après une banale altercation ».

« Momo le fou »

Après avoir poignardé Joachim, il est tranquillement rentré à son domicile, au Plan Cabanes, où il loue un appartement. Il n’a pas de profession. C’est là qu’il a été arrêté vendredi à l’aube par la brigade de recherche et d’intervention -BRI- du SRPJ de Montpellier. Son adresse avait été localisée dans la nuit grâce à un précieux travail des policiers de la Sécurité publique et notamment ceux de la brigade anticriminalité -BAC-, le suspect étant connu des commerçants, dont les cafetiers et les restaurateurs comme étant appelé « Momo le fou ».

Un habitant du faubourg de Figuerolles confirme à Métropolitain : « Mohamed, Momo ici, errait la journée, toujours pieds nus, souvent alcoolisé et drogué. Il se mêlait de tout, il tenait souvent des propos incohérents, il disait qu’il avait tué quelqu’un en 2013 à Nanterre, dans les Hauts de Seine. Et qu’il voyait un psychiatre à l’hôpital de la Colombière. C’était faux, je pense, car il était mythomane. Cela dit, quand on lui tenait tête, il perdait les pédales, il se montrait violent ».

 Aucun séjour en psychiatrie

Selon Christophe Barret, « aucune trace d’un séjour en psychiatrie n’a été retrouvée, en tout cas dans les hôpitaux et cliniques de Montpellier. Nous faisons des recherches que depuis vendredi matin et les jours qui viennent, peut-être aurons nous des retours différents ». Lors de sa garde à vue, il n’a pas tenu de propos délirants et n’a donc pas été examiné par un expert psychiatre, que le juge d’instruction en charge de la procédure pourrait toutefois désigner rapidement.

L’assassin présumé a nié avoir voulu préméditer la mort de l’étudiant : il a déclaré en garde à vue que c’est Joachim qui l’avait une nouvelle agressé lorsqu’ils se sont croisés dans la rue Saint-Guilhem et que se sentant en danger, il a pris les devants en lui portant deux coups de couteau. Une version contredite à cent pour cent par le copain de l’étudiant, qui l’a vu agoniser, puis mourir à ses pieds et par les caméras de vidéosurveillance.

L’instruction s’annonce longue. Le procureur a tenu ce dimanche à souligner la parfaite coordination entre les policiers de la Sécurité publique et du SRPJ, salutaire pour identifier et localiser rapidement l’assassin présumé.

Le procureur Christophe Barret, à gauche avec le commissaire du SRPJ, Anthony De Freitas. Photo JMA. Métropolitain.
Les policiers sur les lieux de cet homicide volontaire. Photo Anthony Montardy. Métropolitain.

5 Comments

  1. Il faut appliquer la « loi du talion » à tous ces barbares qui tuent.
    Et par ailleurs puisque ces minables ne nous aiment pas, que font-ils CHEZ NOUS ??

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