Exposition à Montpellier : monumentAL, colossAL, géniAL !

COUP DE COEUR. AL a dévoilé cette semaine au Carré Sainte-Anne à Montpellier son exposition tant attendue Mécanisme d’aurores pour horloge crépusculaire. L’artiste surchargé nous avait accordé un peu de son temps afin de nous la présenter en amont. Nous étions curieux de voir les ambitions du jeune homme concrétisées sur les cimaises de l’église désacralisée. Le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’avons pas été déçu. AL signe la plus belle exposition de cette année. À voir jusqu’au 19 novembre.

Les traits tirés, le corps épuisé et la tête ailleurs. AL assure le travail devant la presse quelques heures avant l’ouverture au public. L’explication est simple. L’artiste a passé le week-end sans dormir afin de terminer dans les temps. Cependant n’allez pas croire qu’il s’y est pris à la dernière minute. C’est tout le contraire mais son ambition de vouloir occuper pleinement l’espace du Carré Sainte-Anne fut gargantuesque. Passer le pas de la porte, dès le premier coup d’oeil, le constat est sans appel : monumentAL, colossAL, géniAL !!! Douze toiles surdimensionnées ornent les douze cimaises du Carré Sainte-Anne reproduisant un cadran où l’artiste pointe les maux de l’humanité. Au centre, une installation gigantesque fait danser une allégorie des quatre saisons.

Un choc pictural aussi impressionnant autant par la taille que par le talent. L’exposition est également l’occasion pour AL de montrer au public et à la presse son évolution opérée depuis plusieurs mois à développer une peinture aussi réaliste que saisissante avec un joli travail sur le noir. S’il avait déjà gratifié quelques murs de la ville, et lors de ses voyages Vagabondages, de ce nouveau volet dans sa palette de talents, AL signe là sa plus belle déclaration d’artiste et d’homme. Une exposition que Numa Hambursin voudrait fondatrice pour le jeune homme : « Maintenant qu’il a fait ça, je pense qu’il faut qu’il quitte la ville. Qu’il aille se frotter à d’autres grandes villes, d’autres endroits, d’autres artistes. C’est quelqu’un qui doit partir à Berlin, à Paris, à New York. Il faut qu’il s’envole vers d’autres cieux ».

Les oeuvres d’AL dans les rues de Montpellier de 2006 à 2017

Si l’on a envie d’être autant dithyrambique, c’est que le travail présenté est majestueux. Pour sa dernière programmation au Carré Sainte-Anne, Numa Hambursin avait choisi AL, il a bien fait. Un choix qu’il avoue porté par le désir d’exposer celui qui égaie Montpellier de ses collages poétiques depuis 2006. Mais pas uniquement. Le Carré Sainte-Anne, passant de deux expositions à trois pour cette dernière saison avant un an de travaux, le budget était particulièrement serré. Alors autant miser sur quelqu’un habitué à se débrouiller, qui ne jouera pas les « starlettes » et n’aura pas des émoluments à la hauteur d’un égo surdimensionné.

Un coup de maître

AL a accepté, a vu grand et s’est démené pour réaliser un coup de maître en forme de coup de poing. Une surprise d’ailleurs pour le directeur artistique des lieux : « Il m’a pris de court. Je pensais qu’il allait travailler comme il sait le faire avec des collages poétiques. Lui a préféré partir comme une espèce de coup de poing, comme une espèce de rage qu’il avait, sur les grandes souffrances de notre monde. Mon premier réflexe a été de me méfier un peu car beaucoup d’artistes prennent ces thèmes comme des prétextes à se donner bonne conscience à travers leurs oeuvres ». Il n’en est rien ici.

AL s’émancipe du cadre restrictif dans lequel on voudrait l’enfermer lui ou tout autre artiste urbain. Et si les institutions et les collectivités n’y comprennent pas grand chose – à l’image du texte de présentation de Philippe Saurel totalement hors sujet – le public lui ne s’y est pas trompé en venant nombreux au vernissage. Et l’on est prêt à parier que, malgré un temps d’exposition très court, Mécanisme d’aurores pour horloge crépusculaire battra des records de fréquentation et installera AL dans le paysage culturel français à l’image d’un JR. C’est à dire un artiste défini par son talent et son humanisme et non pour le cadre dans lequel il expose ses oeuvres.

 

Aperçu de l’exposition Mécanisme d’aurores pour horloge crépusculaire

>> Informations pratiques :
Du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h.
Visites guidées hebdomadaires : jeudi à 16h, samedi à 11h, dimanche à 14h30 et 16h.
Visites guidées ou libres en groupe : réservations obligatoires par mail : visites@ville-montpellier.fr
Entrée libre et gratuite pour tous les publics / Accessibilité aux personnes handicapées.

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