Minervois : les zadistes de Rieussec expulsés

OPÉRATION. Les zadistes qui squattaient depuis un an les 60 hectares de l’ancien centre de vacances de Rieussec, dans le Minervois héraultais ont été expulsés, lors d’une opération de gendarmerie supervisée par la préfecture de l’Hérault, qui a commencé ce mardi matin.

Une Zad est un terme utilisé pour désigner une sorte de squat à vocation politique, la plupart du temps à l’air libre,
et généralement destinée à s’opposer à un projet d’aménagement. Les Zad sont fréquemment constituées dans des espaces ayant une dimension environnementale ou agricole, mais l’appellation a été également utilisée par des occupations en milieu urbain.

Mort de Rémi Fraisse

Au nombre d’une quinzaine, les zadistes de Rieussec avaient participé aux rassemblements pour s’opposer à la construction du barrage de Sivens, dans le Tarn. L’un d’eux avait assisté à la mort de Rémi Fraisse, lors d’une intervention des forces de l’ordre pour déloger les anti-Sivens. Le 26 octobre 2014, le militant de 26 ans passionné de botanique avait été tué par une grenade offensive tirée par un gendarme mobile, qui a bénéficié d’un non-lieu au terme d’une longue instruction.

En investissant les 60 hectares de cet ancien centre de vacances pour Hollandais, ces zadistes avaient créé une ferme agricole, mais en toute illégalité bien sûr. Des procédures -administrative et judiciaire- avaient été engagées. Cette évacuation supervisée par les gendarmes de la compagnie de Béziers n’a donné lieu à aucun incident, selon nos informations.

Le communiqué de la préfecture

Ce mercredi matin, la préfecture de l’Hérault a adressé un communiqué à la presse. En voici la teneur :  « Un groupe de squatteurs occupe sans droit ni titre le domaine de la Figuières situé sur la commune de Rieussec depuis le mois de septembre 2016. Constitué d’une vingtaine de personnes soutenues par des structures associatives locales, ils se revendiquent comme « Collectif du Domaine de la Figuières » et se sont répartis dans les différents bâtiments, et sur les terres avoisinantes avec quelques animaux domestiques.

Le propriétaire a tenté à plusieurs reprises pendant plus de 9 mois de les convaincre de quitter les lieux, en vain. Il souhaite reprendre possession du domaine pour pouvoir le vendre à un acquéreur prêt à y développer un projet économique sérieux. Aussi, devant la persistance du refus de quitter les lieux, le propriétaire a t-il saisi le juge des référés du tribunal d’Instance de Béziers en mai dernier.

Par ordonnance de référé du 19 septembre dernier, le juge a ordonné aux squatteurs de quitter les lieux dans le délai d’un mois, à compter de la signification de l’acte, ce qui a été fait par voie d’huissier le 21 septembre. Les squatteurs ayant maintenu leur refus de quitter les lieux à l’issue du délai imparti par le juge, le sous préfet de Béziers a été requis par l’huissier en charge de l’exécution de la décision de justice aux fins d’accord du concours de la force publique, pour permettre l’évacuation des lieux.

L’huissier a fait une ultime tentative, lundi.. Le sous-préfet de Béziers a reçu, à leur demande, le lundi 23 octobre à 17h une délégation représentante du groupe de squatteurs à la sous-préfecture, dans un souci d’obtenir un départ volontaire Devant le refus des occupants, le concours de la force publique a été accordé et l’opération s’est déroulée le 24/10/2017, avec l’appui de la compagnie de la gendarmerie nationale de Béziers et le renfort d’un escadron venant de Nîmes.

– Une quinzaine de personnes ont été évacuées. L’opération s’est déroulée dans le respect du droit et a permis au propriétaire de reprendre possession de son domaine. Le sous-préfet de Béziers déplore qu’il ait été nécessaire de déployer de tels moyens, qui ont un cout important pour le contribuable au seul motif qu’un groupe d’individus ne respectent pas les lois de la République ».

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