Expo : AL à l’aube des rêves brisés au Carré Sainte-Anne

INTERVIEW. Depuis un an, AL tente de maîtriser le temps avec l’objectif de présenter Mécanisme d’aurores pour horloge crépusculaire. Une exposition construite comme une œuvre intégrale et totale imaginée pour habiller le Carré Sainte-Anne jusqu’au 19 novembre, la dernière de Numa Hambursin en tant que directeur artistique du lieu et avant un an de travaux. Vernissage ce mardi 24 à 18h30 (plus de détails en fin d’article).

Si les Montpelliérains sont habitués à ses collages, ont suivi le Parcours mené avec ses acolytes Smole et Salamech, ont répondu présent à Pierresvives pour 3P2A où il officiait comme commissaire, et ont suivi sur les réseaux sociaux ses Vagabondages, avec Mécanisme d’aurores pour horloge crépusculaire, AL va faire oublier le Sticking qu’il a abandonné. Tout simplement parce qu’il a vu le monde, grandi et fait évoluer son art. Nullement porte-drapeau du street art, AL est un témoin de l’époque qui transmet son ressenti et ses messages à travers ses œuvres qu’elles soient dans l’espace public ou in situ comme pour cette première exposition personnelle dont l’attente témoigne de la sympathie du public à l’égard de cet artiste généreux.

Tu as enlevé Sticking de ton nom d’artiste pourquoi ?
Le surnom AL correspond à mes initiales. Mes potes m’appellent comme ça depuis que je suis gamin donc c’est resté. Le Sticking, la partie collage du nom, n’avait plus lieu d’être par l’activité qui a évolué. C’est assez compliqué à le faire comprendre au public. J’ai beau sur les réseaux sociaux ou dans la presse indiquer que maintenant ce sont des peintures mais du fait qu’elles soient de plus en plus réalistes, les gens pensent que ce sont encore des photos imprimées en grand format et collées.

Est-ce qu’il n’y a pas une volonté de ne pas être enfermé dans une case ?
Oui depuis toujours à plein de niveau. Cela vaut autant pour l’aspect professionnel que personnel. Je ne sais pas s’il y a des gens qui aiment être mis dans des cases. Nous c’est d’autant plus le cas avec la thématique street art utilisée à tort et à travers.

Deux visages sur les halles Laissac ( 2007) – AL : « Le bâtiment était utilisé pour son architecture qui m’avait permis de retirer les sens des visages. C’était un constat sur le fait qu’on utilisait de moins en moins nos sens respectifs pour se concentrer sur des choses plus artificielles, alors que ce sont des richesses qui peuvent nous amener très loin. Les premiers retours que j’ai eu, à part le fait que c’était génial parce que c’était très grand, c’était de se dire « J’ai reconnu, tu as collé Einstein. Non c’est Mitterrand. Non c’est machin… Les gens cherchaient absolument à identifier la personne sans se rendre compte que ces visages n’avaient aucun sens. Cela amène la question de l’interprétation et de ce que l’on souhaite mettre en avant sur un projet qui n’est pas forcément ce que les gens voient ou comprennent en priorité. » © CN

Qu’est ce qui ne te va pas avec l’étiquette street art ?
C’est à la fois beaucoup trop large et trop restrictif. C’est un terme qui veut enfermer beaucoup de disciplines, de personnalités, d’identités, de réflexions et de volontés différentes sous un même terme et du coup on perd beaucoup de fond, de personnalité et de précision sur ce que chacun a à apporter par rapport à sa volonté précise. C’est un fourre-tout qui n’est pas du tout descriptif de chacun des éléments qui le composent. Sur Parcours en 2012, nous n’avons jamais parlé de street-art mais d’arts urbains parce que cela mélangeait le graffiti, le collage et d’autres disciplines que ce soit la scénographie, la communication, l’écriture ou la photographie. À Pierresvives avec l’exposition Pierres, Papiers, Peintures : Arts Urbains et Architectures, encore une fois arts urbains et pas street-art, je voulais montrer que c’était plein d’identités et de disciplines différentes. C’était le moment justement et l’intérêt de pouvoir le faire.

Quelle différence voudrais-tu que les gens fassent entre street art et art urbain ?
Si on traduit, c’est relativement proche mais le terme de street art a été galvaudé, utilisé de toutes les manières et surtout récupéré. Forcément la force des disciplines urbaines, de ce que l’on appelle le street art aujourd’hui, est d’être populaire. Ce qui est intéressant c’est que ce n’est pas un art qui a été imposé par un diktat artistique ou par des institutions. C’est un art qui existe depuis de nombreuses années, qui s’est développé par lui-même et qui du coup a créé une émulation populaire et pas populiste qui fait que les gens s’y sont intéressés. Le problème de ce mouvement c’est qu’il est récupéré et dirigé par des gens qui ne sont pas du tout du milieu alors qu’il faudrait que les gens qui en font partie prennent le contrôle. Mais cela prend du temps pour pouvoir le diriger dans le bon sens.

Passer de la rue à une exposition encadrée par des murs, c’est une évolution logique ?
Ce n’est même pas une évolution. Cela rejoint la question du street art et d’en faire dans un lieu fermé. Déjà je n’aime pas que l’on dise que je fais du street art car je considère que c’est bien plus large et varié que ça. Je suis quelqu’un qui travaille dans l’espace public. Parcours c’était un lieu fermé par exemple. Il y a tellement d’endroits et de lieux différents auxquels on peut s’adapter. C’est là toute la richesse de la créativité en pouvant proposer une création in situ dans n’importe quel type d’endroit, ici par exemple à Verchant (ndlr : où l’interview a été réalisée), dans le lit d’une rivière au Kosovo, dans un hôpital à Nantes ou dans une prison à Béziers… Peu importe l’endroit, c’est pour ça que ce n’est pas forcément intéressant de parler de street art, de vouloir cataloguer et dire que le street artist ce doit être un mec qui travaille que dans la rue, touche le RSA, bouffe des pâtes et n’a pas à être payé quand il fait une expo.

Parcours (2012) – AL : « C’était une bonne expérience avec trois identités différentes et le premier projet de ce type là en France avant Paris 13. Cela a été neuf mois de travail intensif en se débrouillant avec les moyens du bord. Et un gros succès derrière. C’était une période charnière parce que les gens commençaient à parler du fameux street art sans vraiment en savoir plus. Donc on a pu offrir une approche pédagogique. Je pense que c’est là aussi où les institutions ont pu se rendre compte de l’impact que pouvait avoir ces disciplines ». © AL

Est ce que tu considères cette exposition comme un moment important dans ta carrière artistique ?
Bien sûr mais comme une grande partie des projets qui m’ont fait arriver là. C’est évidemment une reconnaissance bien plus grande et importante car c’est un lieu qui est sublime, reconnu et a ce côté institutionnel. Donc cela a forcément une incidence sur comment je vais envisager la suite justement. C’est aussi important par rapport à la création qui est possible dans un lieu comme celui-ci. Tu ne fais pas le Carré Sainte-Anne en collant trois post-it sur les murs. Il a fallu redoubler d’effort, bien s’entourer et réussir à débloquer des moyens financiers pour réussir le projet. Au final, je suis assez content de la forme et je remercie mes deux techniciens (Christophe et Nathalie) et ceux qui m’ont filé un coup de main.

Comment présentes-tu l’exposition ?
Mécanisme d’aurores pour horloge crépusculaire est composée de plein de choses différentes. L’exposition est la vraie œuvre du projet. Chaque détail est important et parle de quelque chose. C’est une exposition qui est vraiment à voir dans son ensemble, interactive et qui demande au spectateur de prendre position. Ils y prennent place dès le début sans s’en rendre compte. Simplement en avançant dedans, ils deviennent les aiguilles du projet et ils suivent la cadence telle qu’on la connaît. Ils vont de la toile une à la toile deux, comme l’aiguille va de l’heure une à l’heure deux. À la fin, il leur est proposé de reprendre un peu possession du temps pour pouvoir le modifier et voir apparaître un peu de magie. Mais ça c’est la surprise, il faut se rendre sur place pour la voir apparaître.

Comment as tu appréhendé le Carré Sainte-Anne ?
Déjà cela a été une énorme surprise quand Numa Hambursin me l’a proposé. J’ai mis un bon mois avant de pouvoir lui répondre en pesant le pour et le contre. Ce qui a été intéressant dans la réflexion sur l’aspect créatif de ce projet c’est que j’ai pu avoir une certaine amertume et déception sur des expos que j’ai pu voir là bas où des artistes se sont contentés de placer quelques tableaux sur les cimaises avec un petit truc au milieu, histoire d’occuper quand même l’espace, et de s’en contenter. C’est un endroit qui a un volume incroyable et je pense qu’il faut s’en servir et sacrifier du temps pour pourvoir utiliser le volume. C’est l’intérêt d’exposer dans un lieu comme ça sinon on expose en galerie où il y a quatre murs blancs, on met les toiles et cela revient au même. Donc le processus sur l’investissement de ce volume a été différent de quand je m’attaque à un mur dans l’espace public ou à un autre projet où je suis confronté à un aplat qui fait tant sur tant, où je vais me documenter pour avoir de la matière sur l’histoire du bâtiment, son voisinage, les gens qui le compose, la ville… Après j’ai une idée, je fais un croquis et il vient prendre place sur le mur. Au Carré Sainte-Anne, j’ai fait l’inverse de mon travail dans l’espace public, en commençant à travailler la forme avant le fond. Avant de réfléchir à trouver une thématique, j’ai d’abord cherché comment l’aborder. En prenant en compte l’espace que j’avais à disposition, les capacités techniques du lieu et j’ai imaginé une installation avant tout pour donner sens au projet et faire une vraie création in situ.

Qu’est ce que tu as voulu transmettre avec cette exposition ?
Tu dois forcément travailler en fonction du lieu. Là on est dans un espace qui malgré le fait qu’il soit désacralisé, se trouve être une ancienne église. Une église est un lieu religieux mais c’est également ce qui donnait l’heure pendant de nombreuses années. L’église était l’endroit principal de chaque ville de part la religion et cette cadence orchestrait par le clocher et son horloge. Or il se trouve qu’il n’y pas d’horloge sur l’église Sainte-Anne. Partant de ce constat et en regardant les plans du Carré Sainte Anne, je me suis aperçu qu’il y avait douze cimaises et donc il y avait la possibilité de recréer ce fameux cadran. Donc c’est tout un travail sur le temps tel qu’il a été orchestré depuis le système mésopotamien et que l’on suit à la règle et à la cadence prêt, qui organise toute notre journée, toute notre vie et à laquelle on doit complétement se soumettre.
C’était intéressant de faire un parallèle avec ça et donc j’ai voulu recréer ce cadran au sein du Carré Sainte Anne en utilisant chaque cimaise en tant que chaque heure et en présentant des éléments, des maux de notre société. Il y a douze thématiques principales assez chronologiques qui reprennent des événements passés, présents et peut être à venir. C’est un cadran qui est crépusculaire, une vision assez sombre. Mais il me semble que depuis quelques années on ne se dirige pas forcément vers une très belle issue. Il est temps aussi de prendre conscience de ça. En plus cela a été assez compliqué de travailler sur ce projet pendant aussi longtemps car plus j’avance et plus je me rend compte qu’il y a beaucoup d’artistes qui parlent de ces sujets là. Je n’estime pas du tout présenter une thématique qui est novatrice et c’est peut être ça qui est plutôt alarmant. Il y a une sonnette d’alarme que beaucoup de personnes dont des artistes, mettent en avant. Peut être que les artistes ont un peu plus de recul sur le monde parce qu’ils ont peut être un peu plus de temps et un regard avec un angle différent, et c’est peut être intéressant de les écouter. Ce n’est pas juste une création artistique parce ça fait bien ou ça va bien rendre sur une toile, en chanson ou dans un film mais que ce sont de vrais problèmes sociétaux actuels qu’il faut prendre en compte et que ce n’est pas juste un délire de hippies. J’ai beaucoup évolué depuis les premiers collages. Cela peut créer une vraie surprise pour le public même s’il y a eu une évolution depuis le voyage dans les Balkans.

Dans quel sens ?
Mes premiers collages présentaient des gens gais, faisant des activités créatrices, heureuses, justement pour changer le quotidien qui pouvait être assez maussade des fois. J’ai grandi et ça me fait un peu chier car même si j’ai gardé mon âme d’enfant, je crois que les adultes ont cassé mes rêves dernièrement. Du coup je me retrouve à avoir une vision un petit peu moins optimiste de la suite des événements. C’est quelque chose que je souhaitais partager et mettre en exergue par le biais de cette exposition. La surprise peut se créer dans le sens où cela va être une vision bien plus noire que ce que j’ai pu présenter par le passé. Mais il y a quand même une belle et importante touche d’optimisme en conclusion de cette horloge crépusculaire avec le mécanisme d’aurores que le visiteur a la possibilité d’activer.

Vagabondages, Belgrade (2016) – AL : « C’est un projet qui me correspond complètement parce que ça parle de voyage, de rencontres, d’aventure et c’est comme ça que j’aimerai orchestrer ma vie en général. Quand tu as goûté au voyage c’est dur de s’en passer. Et c’est un façon de voyager particulière en rapport avec les cultures locales qui est ultra enrichissante. Tu apprends beaucoup de choses. Quand tu vas dans des endroits reculés tu découvres des choses géniales qui te font changer d’angle. La vie, telle qu’on la connaît, on pense qu’elle est comme ça parce que l’on a toujours baigné dedans. Tu te rends compte qu’elle pourrait être complètement différente et c’est ça qui est intéressant. Après c’est à chacun d’entre nous de se façonner son propre système de vie et de ne pas se contenter du système établi ». © AL

Il y a des événements d’actualité qui se sont déroulés pendant que tu travaillais que tu as voulu reproduire dans l’exposition ?
Il y a un sujet sur une cimaise alors que cela aurait pu en prendre beaucoup plus. Lors de Vagabondages où je suis parti en 2016 dans les Balkans (un voyage de deux mois afin de réaliser des peintures in situ en rencontrant la population locale) sur la deuxième étape à Belgrade, dès le premier soir je suis tombé sur des migrants qui utilisaient la route des Balkans. Évidemment j’avais entendu parler au préalable des migrants. Mais ce n’était qu’un mot, une thématique que j’avais entendu par çi par là. De les rencontrer, les écouter et de se retrouver confronté à des situations juste intolérables et inhumaines avec des conditions de vie impossibles dont on a absolument pas conscience dans notre petit confort d’occidentaux, m’a beaucoup chamboulé et fait me rendre compte de pas mal de choses qui ne tournent pas rond. Cela m’a fait m’intéresser à cette cause là mais à plein d’autres en fait. Cela a été une ouverture pour m’intéresser à la géopolitique et à beaucoup d’autres domaines. Tu vois qu’il y a beaucoup de choses qui sont liées, que tu n’es pas grand chose et que c’est important d’en parler.

Portraits de trois migrants (2017) – AL : « C’est la suite de Belgrade. Quand je suis rentré à Montpellier, j’ai voulu prendre contact avec des associations qui s’occupaient de ces populations ici. Cela a mis du temps avant de pouvoir se mettre en place mais par le biais de Migrant-e-s Bienvenue 34 j’ai pu rencontrer des Soudanais et des Érythréens accueillis au CAO de Montpellier. J’ai pu écouter leurs histoires et je me suis lié d’amitié avec trois d’entre eux. J’ai voulu plaider leur cause parce ce sont des gens qui viennent de pays en guerre et normalement ils devaient avoir accès à une demande d’asile automatique. J’ai essayé de faire la seule chose que je pouvais faire par rapport aux gens qui connaissent mon travail et à ce que je sais faire, donc j’ai peint ces trois portraits pour la Marche pour la justice et la dignité du 19 mars où ces portraits ont été mis en avant ». © CN

C’est la dernière exposition de Numa Hambursin à la tête du Carré Sainte-Anne. Un mot sur lui qui tenait à ce que tu sois exposé dans le lieu.
Je l’avais croisé 2-3 fois grand maximum. C’est quelqu’un dont j’apprécie la volonté, l’axe de direction artistique qu’il a su instituer au Carré Sainte-Anne et sa façon de travailler en se trouvant dans la place très difficile du maillon qui relie l’institution à l’artiste. C’est sûrement la partie très difficile de ce travail là que d’être confronté à système très protocolaire, hiérarchique, fait de règles et de droits, et de l’autre côté un monde beaucoup plus libertaire, avec beaucoup moins d’engagements, d’obligations, difficile à cadrer… Il reconnaissait vraiment les disciplines des acteurs qui travaillent dans l’espace public, dans la rue et à qui il voulait vraiment donner des lettres de noblesse. Je ne pense pas lui avoir amené le type d’exposition à laquelle il s’attendait, il l’a dit dans son texte d’intention, et il l’a accepté sans aucun problème.

Quel regard tu portes sur le fait qu’une collectivité laisse ou non une œuvre sur un mur plus longtemps qu’une autre en pensant qu’il y en a une de vandale et pas l’autre alors que par nature leur essence est la même ?
Je ne sais pas sur quoi ils se basent. Peur être le fait que des artistes existent depuis un certain temps, qu’ils ont œuvré de différentes manières et qu’ils ont eu accès à une certaine reconnaissance, à une popularité qui fait que ça met les collectivités dans la difficulté de devoir réagir contre. Le principe du politique est de suivre là où le regard se porte. Donc si les gens apprécient tel ou tel artiste et que les institutions commencent à l’enlever, à le dénigrer ou à saboter son travail, ils vont se mettre le public à dos. Ce n’est pas dans leur intérêt.

Le baiser entre deux filles (2013) – AL : « C’était un ras le bol après avoir vu des milliers de gens manifester dans la rue pour prendre position contre l’union de deux personnes du même sexe. J’avais choisi de coller deux filles qui s’embrassaient chaleureusement et goulument devant l’église Saint-Roch. Malheureusement et bêtement je m’étais dit que cela allait être mieux accepté que deux garçons. Cela n’a pas eu l’effet escompté. Mais ce qui est le plus intéressant c’est l’évolution. Ce collage a déplu et c’est la Maison de la Démocratie qui a décidé de l’enlèvement. Il faut que l’on m’explique où la démocratie dans l’action de censurer un collage parce que ce sont deux personnes du même sexe qui s’embrassent. Quelques mois plus tard, le premier mariage gay était célébré à Montpellier et en fin d’année la Mairie avait mis plein de photos de couples homosexuels qui s’enlaçaient ou s’embrassaient pour annoncer les vœux de fin d’année. Montpellier était très fière d’avoir des couples gays et les mettaient en avant alors que quelques mois auparavant ils censuraient une action similaire. J’étais très heureux de voir que les mentalités avaient évolué en si peu de temps ». © CN

Que ce soit dans tes premières œuvres ou dans le travail que tu présentes maintenant, tu as toujours mis l’humain en avant. Aujourd’hui tu bascules vers une partie plus sociétale, c’est important pour toi en tant qu’artiste de développer autre chose que la partie esthétique ?
J’ai beaucoup développé l’aspect esthétique ces dernières années. On peut voir l’évolution avec des impressions en monochrome type pochoir, qui ont évolué vers la peinture et qui maintenant sont quasiment réalistes. Il y a eu un gros travail sur l’esthétique, c’est quelque chose qui me manquait et que j’avais besoin de faire évoluer. Après sur le fond, il est question de plus ou moins la même chose, ce sont les réflexions qui évoluent et des questions que je me pose qui changent aussi. Ma vision de l’humain elle change aussi. Je fais peut être de moins en moins confiance en l’humain quand je vois comment il traite ses semblables, comment il se traite lui même. J’aime toujours travailler avec les gens que je peux croiser. Mais quand je vois à quel point l’homme peut être à la fois très bon mais des fois aussi détestable ça me fait me poser d’autres questions. Je ne m’éloigne pas de l’humain, je le traite différemment. J’ai pu montrer comment il pouvait être bon mais je peux montrer aussi comment il peut être mauvais. Et justement essayer d’approcher des choses plus essentielles, plus naturelles et moins culturelles. C’est de quoi il est question dans l’exposition.

Tu es un peu optimiste quand même ?
Oui par le mécanisme d’aurore il dépend de chacun d’entre nous. Cela ne dépend pas que de moi. Il y a plein de choses belles que je retrouve dans la vie vers lesquelles je me dirige et du coup je m’écarte le plus possible du cadran crépusculaire pour pouvoir les retrouver. C’est intéressant d’en parler, il ne faut pas que ce soit une fuite.

Jeudi 26 octobre, concert-performance que nous présente AL :

« Cela vient à la fois magnifier et compléter le travail plastique et d’installation qu’il y a au sein de l’exposition. J’ai eu le grand plaisir et l’honneur que l’Orchestre National de Montpellier Occitanie accepte ma proposition de participer. Il y aura 23 musiciens, beaucoup de cordes en particulier, pour interpréter du Vivaldi, avec Les Quatre Saisons forcément qui ont un rapport avec le temps et qui ont leur place de manière assez majestueuse dans l’exposition sous une forme particulière. Dans un soucis de complémentarité des disciplines artistiques en essayant d’offrir plusieurs lectures à travers mon travail plastique mais aussi par rapport à une approche musicale avec l’orchestre mais aussi grâce à la danse et au mouvement, Élodie Moï viendra faire une petite interprétation qui sera la performance de l’événement ».

Ouverture des portes à 19h30. Il est conseillé de venir tôt car l’espace sera limité pour des raisons de sécurité. Gratuit.

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