Georges Frêche, 7 ans déjà

HOMMAGE. Dimanche 24 octobre 2010… C’est la date à laquelle Georges Frêche s’est éteint dans son bureau de l’hôtel de Région. À l’occasion du 7e anniversaire de sa disparition, Georges Frêche l’Association organise ce mardi à 18 h, un moment de recueillement, au pied de sa statue devant le lycée Georges-Frêche, avenue du Mondial 98, quartier Odysseum, à Montpellier.

Un rassemblement ouvert à tous qui permettra de rappeler le grand homme qu’il fut pour la Ville et de se remémoriser ses réalisations.

Montpellier bascula à Gauche

Le destin de Montpellier, à l’époque treizième ville de France avec 191’000 habitants, a basculé en ce mois de mars 1977, avec la défaite de la droite emmenée par le maire sortant, François Delmas et l’installation dans son fauteuil de Georges Frêche, élu à la tête d’une liste d’union de la gauche. Son programme de développer la cité, alors capitale régionale du Languedoc-Roussillon grâce à des projets d’urbanisme inattendus a séduit les électeurs.

Frêche et son équipe municipale se mettent rapidement à l’ouvrage, en finançant et en lançant des grands travaux : Antigone, par l’architecte Ricardo Bofill avec la piscine olympique, le centre des congrès et l’opéra du Corum, la zone économique du Millénaire, le campus de Richter, le réseau des médiathèques, le complexe commercial d’Odysseum, le chantier du musée Fabre, le quartier Nouveau Saint-Roch autour de la gare SNCF et bien sûr le tramway.

Des projets avortés

L’homme, malgré son autorité naturelle a connu quelques écueils dans sa gouvernance municipale -il ne pourra pas, par exemple, imposer le déménagement de la faculté de droit de l’Écusson sur le campus de Richter- et de la présidence du district, puis de l’agglomération –devenue métropole depuis-, avec de fortes oppositions autour de la gestion de la décharge de Thôt, route de Palavas-les-Flots, de la station d’épuration de la Céreirède à Lattes et de l’implantation de l’usine de méthanisation Amétyst, à Garosud, le refus du projet de fusion de l’Agglo de Montpellier avec les intercommunalités de Sète, du bassin de Thau et de Mèze.

Quelques maires, tels Christian Jeanjean de Palavas, mènent la vie dure à Georges Frêche, qui quittera ses fonctions de maire de Montpellier en 2004, à la suite de son élection comme président du conseil régional du Languedoc-Roussillon.

« En 2004, lorsqu’il passe le relais à Hélène Mandroux pour lui succéder comme maire, Frêche, qui garde la présidence de Montpellier Agglomération envisageait de mettre sur les rails la communauté urbaine, afin de pouvoir atteindre le seuil des 500’000 habitants et de faire aller Montpellier jusqu’à la mer, c’était vraiment un visionnaire », se souvient un ancien conseiller municipal « frêchiste ».

Un grand homme

Claude Cougnenc, qui fut un de ses directeurs général des services et directeur de cabinet préférés à la mairie, à l’Agglo et à la Région, mais également un de ses rares confidents, car il se méfiait de ses courtisans, le confirme : « Georges Frêche avait vingt ans d’avance, quand il a courageusement dénoncé à l’époque les financements occultes au sein de son parti, le PS, quand il a lancé les chantiers architecturaux futuristes, quand il a opté pour le tramway, quand il a créé le Corum, etc. L’œuvre bâtie de Georges Frêche est exemplaire ».

Président de Georges Frêche l’Association, Claude Cougnenc raconte volontiers cet incroyable épisode : « J’ai passé quarante années avec lui, vous savez, j’en sais des choses, j’en connais des anecdotes, comme le jour où je lui ai annoncé qu’un recours du ministère de la Défense bloquait le projet de construction du Corum, que la procédure judiciaire serait longue. Il m’a dit de prendre deux billets d’avion pour partir de suite à Paris. Georges Frêche a débarqué au ministère de la Défense, a fait irruption dans le bureau du ministre Charles Hernu qui écoutait des visiteurs, qu’il a mis dehors pour le recevoir, l’écouter et faire annuler l’arrêté en question ! ».

Que Georges Frêche soit un grand homme ne fait aucun doute pour Claude Cougnenc : « À Montpellier, il a inventé la démocratie participative, lancer les plus grands chantiers qui font encore l’actualité, réglé les aléas climatiques et les inondations avec le recalibrage du fleuve le Lez, il a construit des logements sociaux, des écoles etc. Les grands historiens et les grands politiques ne se trompent pas, lorsqu’ils disent qu’il était le plus grand maire de la deuxième moitié du 20ème siècle. Georges Frêche n’a besoin de personne pour être réhabilité ».

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