Montpellier : les univers en boîte de Paul Duchein au musée d’Art Brut

EXPOSITION. L’atelier-musée Fernand Michel, consacré aux arts bruts et singuliers, accueille jusqu’au 31 décembre l’univers poétique et surréaliste de Paul Duchein. L’artiste, collectionneur et critique, use d’une grande fantaisie pour créer dans des boîtes de petits univers pour de grandes rêveries.

« Je suis un bavard dans la vie donc c’est normal que mes boîtes soient bavardes » avoue sans mal Paul Duchein. Avec des objets de toutes sortes, il compose des univers empruntés aux contes, à la littérature, à la peinture… à tous les domaines permettant de développer un imaginaire entre baroque et surréalisme mais certainement pas naïf. « Ce qui important dans la création c’est de faire ce qu’il vous plaît. Je compose les choses sans savoir à qui cela va plaire, sans avoir l’idée de faire un chef d’oeuvre » claironne t-il.

La liberté est dans la boîte

Avec 1 600 boîtes créées et présentées depuis le milieu des années 80 à travers 45 expositions, dont il s’amuse dire qu’il n’en a sollicité aucune, Paul Duchein a choisi un support d’expression peu traditionnel : « Dans la boîte il y a une grande liberté. On y est sensible ou pas. La boîte c’est peut être le désir de s’enfermer. Les choses se réunissent, se trouvent au hasard et il y a la naissance d’une idée ». Marie-Odile Carpentier, commissaire de l’exposition, complète : « Paul Duchein a un oeil perpétuellement ébloui. Et spontanément avec les boîtes, il va recréer cet éblouissement ».

Une trentaine de boîtes de Paul Duchein sont aujourd’hui exposées à l’atelier-musée Fernand Michel, qu’il a d’ailleurs aidé à sa création. L’artiste tient à émanciper ses oeuvres de celles présentées dans le lieu : « Ce n’est pas de l’art brut, c’est beaucoup plus sophistiqué ». Mais n’allez pas voir là un regard hautain de sa part. C’est tout le contraire : « J’ai une tendresse particulière pour l’art brut. Ce sont des instinctifs qui créent par besoin et par désir sans penser à la postérité ». Marie-Odile Carpentier précise : « Il a entretenu toute sa vie des relations avec ces gens là et a fini par faire partie de la famille ». Un peu comme un cousin éloigné qui regarde aujourd’hui d’un oeil méfiant la spéculation s’emparer de l’art brut.

Un exorciste de la disparition

Avec le temps, Paul Duchein a développé « une passion pour les objets insignifiants ». De ceux que l’on jette car ils sont cassés, incomplets ou obsolètes. « C’est un homme qui adore regarder et toucher, qui ne supporte pas la disparition. Il devient un exorciste de la disparition avec cet part magique que l’on aime. En prenant des objets ordinaires pour créer ses boîtes, Paul Duchein montre que l’art est magique » analyse Marie-Odile Carpentier. Ces objets inutiles, se révélant de formidables vecteurs d’émotions, constituent un véritable manifeste en soi: « Pour beaucoup l’art est une question de riche. Ce n’est pas vrai. L’art est une question de plaisir et de désir. L’art c’est le plaisir de découvrir. L’art doit être un plaisir de voir et ne doit pas être une pénitence ».

Tandis qu’il évoque sa série de boîte en cours intitulée Le rêve éveillé, Paul Duchein cite Oscar Wilde : « Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis » en ajoutant presque désabusé « Je ne sais pas si c’est la mode de rêver ? ». Alors à la mode, on préférera une déambulation dans les univers en boîte de Paul Duchein.

>> Informations pratiques : l’atelier-musée Fernand Michel, 1 rue beau séjour, Montpellier. Ouverture du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h.
Tarifs : 8€/personne, réduit : 6€/personne (étudiants…), gratuit pour les enfants jusqu’à 10 ans. Renseignements au 04 67 79 62 22 ou contact@atelier-musee.com
Page facebook du musée : @LAtelierMusee

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *