Exposition à Montpellier : Jacques Charlier en vedette à la Panacée

CULTURE. Jacques Charlier est la grande vedette du centre d’art contemporain généraliste de la Panacée, à Montpellier, jusqu’au 14 janvier prochain. Mais, il ne sera pas le seul puisque, parallèlement à son travail, il est possible de découvrir deux autres projets sans rapport les uns avec les autres.

Durant 4 mois donc, il est possible de découvrir, à travers une rétrospective unique, le travail de l’artiste belge Jacques Charlier, reconnu comme le pionnier de l’art conceptuel européen, mais aussi quelques-unes des oeuvres de l’incontournable Saâdane Afif ou encore des artistes Mai-Thu Perret, Iman Issa, Norman Daly et Charles Avery.

La rétrospective

Pionnier de l’art conceptuel européen auquel Jacques Charlier a intégré l’humour et la bande dessinée, mais également la vie professionnelle et le rock, l’artiste belge a, en partant d’une sociologie critique du monde de l’art, fait évoluer, au fur et à mesure des expérience, son art vers quelque chose de complexe et d’inclassable.

Des oeuvres qui anticipent l’art américain des années 1960 et évoquant, entre autres, l’esprit de Francis Picabia. La rétrospective qui lui est consacrée à la Panacée, première en France, présente notamment des « séries Paysages professionnels » (1963-1970), « Zone absolue » (1969-1970), « Photographies de vernissages » (1974-1976) et « Photo sketches » (1974-1977).

Jacques Charlier, une rétrospective à la Panacée de Montpellier © DR

Des œuvres plus récentes de Jacques Charlier sont également présentées, jusqu’au 4 novembre prochain, à la galerie Aperto à Montpellier.

Né en 1970, Sardane Afif est aujourd’hui considéré comme l’un des artistes français les plus talentueux de sa génération. Convié dans les plus importantes expositions internationales (Made in Germany Zwei au Sprengel Museum à Hanovre, la documenta 12 à Cassel en 2007, la Biennale de Lyon en 2005, Anthologie de l’Humour Noirau MMK à Francfort en 2012, Technical Specifications au Witte de With à Rotterdam en 2008 ou encore Lyrics au Palais de Tokyo à Paris en 2005), son talent a notamment été récompensé, en 2009, par le prix Marcel Duchamp et en 2015 par celui de Maurice.

Poèmes mis en musique

Passant d’une discipline à une autre, l’artiste propose des dispositifs troublants les frontières de l’art. Pour cette exposition à la Panacée, l’artiste réactive « Là-bas. », une installation présentée au Düren Museum, pendant la 8° Biennale de Berlin, en 2014. Cette pièce sera accompagnée des quinze textes commandés par Saâdane Afif à des artistes ou à des proches.

On peut notamment y voir des poèmes écrits par de multiples auteurs, interprétés à leur tour par de multiples musiciens. Une collaboration qui nous amène à nous interroger, de façon ludique, à la question de l’unicité de l’œuvre. Trois de ses projets récents sont présentés à La Panacée à travers le titre  »Là-bas » : HéritagesLà-bas. et Donner la Réplique ou Ubu roi disséminé.

Saâdane Afif, Là-bas. © DR

Pluriviers : Mai-Thu Perret, Iman Issa, Norman Daly et Charles Avery

Le projet  »Pluviers », qui regroupe des œuvres de Mai-Thu Perret, Iman Issa, Norman Daly et Charles Avery, présente quatre études d’ethnologie imaginaire qui élaborent, illustrent et commentent des civilisations imaginaires – tel l’écrivain argentin Jorge Luis Borges dans sa nouvelle Tlön Uqbar Orbis Tertius – remettant ainsi en cause les certitudes qui fondent nos systèmes de pensée et de perception.

Mai-Tau Perret, qui vit et travaille à Genève, présente des œuvres appartenant à la série The Crystal Frontier, en cours depuis 1999, dans laquelle elle présente l’utopie politique d’une communauté féministe imaginaire, New Ponderosa.

Née en 1979, Iman Issa vit et travaille au Caire et à New York. Elle présente Heritage Studies, une série de sculptures commencée en 2015. Dans ces sculptures, elle explore les capacités d’un artefact à évoquer un moment historique. Les formes sont issues d’objets historiques mais les matériaux et les échelles donnent aux objets une totale étrangeté.

L’américain Norman Daly (1912-2008), nous plonge, quant à lui et en tant qu’artiste et ethnologue, dans les vestiges d’une peuplade d’Amérique du Nord, les Llhuros. Professeur à la Cornell University, il a consacré près de 40 ans à bâtir cette civilisation et à en exposer les outils, la musique, les rituels funéraires, l’alphabet ou les légendes dans diverses expositions…

Artiste britannique vivant et travaillant à Londres, Charles Avery explore depuis 2004 l’espace d’une île imaginaire dont il dessine les habitants et les paysages, analysant les groupes sociaux qui la composent. Les dessins, sculptures et récits qui forment The Islanders nous font plonger dans un autre monde, gouverné par les lois de la philosophie spéculative. 

Plurivers. Quatre études d’ethnologie imaginaire © DR

>> Pratique : expositions “Pluviers”, Saâdane Afif et Jacques Charlier
Jusqu’au 14 janvier 2018
http://lapanacee.org

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