Meurtre de Servian : le propriétaire du Jardin aurait orchestré un faux braquage

JUSTICE. Daniel Malgouyres a été placé en détention provisoire, ce vendredi à 21h par le juge des libertés et de la détention -JLD- après sa mise en examen pour complicité de tentative de vol avec arme.

Coup de théâtre dans l’affaire du meurtre d’un Catalan de 45 ans au domicile de Daniel et de Françoise Malgouyres, les propriétaires du Jardin Saint-Adrien à Servian, entre Béziers et Pézenas, comme l’a révélé Métropolitain dès ce matin : le mari, déjà mis en examen début octobre pour homicide volontaire et qui était en liberté sous contrôle judiciaire a été déféré ce vendredi après-midi devant le juge d’instruction de Béziers qui l’a mis en examen pour complicité de tentative de vol avec arme. Le procureur de la République de Béziers, Yvon Calvat a requis son mandat de dépôt.

À 19h, le juge des libertés et de la détention -JLD- du tribunal de grande instance -TGI- de Béziers ne s’était pas encore prononcé sur l’incarcération ou non de Daniel Malgouyres, âgé de 68 ans. Deux heures plus tard, le magistrat suivait l’avis du juge d’instruction et le réquisitoire du parquet : mandat de dépôt.

Scénario prémédité

En clair, Daniel Malgouyres est soupçonné d’avoir préparé avec les deux agresseurs une fausse agression à main armée à domicile. Les blessures relevées sur le couple n’auraient pas été provoquées par les deux agresseurs. Des médecins légistes du CHU Lapeyronie de Montpellier ont estimé, au vu des examens, que Daniel Malgouyres se serait auto-mutilé.

Dans ce scénario qui aurait été préparé à l’avance, prémédité donc -l’enquête a établi que Daniel Malgouyres et un des deux complices s’étaient rencontrés quelques jours plus tôt-, Françoise Malgouyres devait être frappée violemment, ce qui a été le cas. C’est le comparse qui a pris la fuite après l’attaque à domicile qui s’était chargé de cette besogne.

Daniel Malgouyres connaissait les braqueurs

Selon nos informations, il est reproché à Daniel Malgouyres d’avoir dissimulé des éléments très importants pour le déroulement de l’enquête et de l’instruction, notamment qu’il connaissait les deux braqueurs présumés, « grâce à des liens disons amicaux », dixit le procureur. Le propriétaire du domaine Saint-Adrien entretenait des liens assez réguliers avec le cambrioleur qu’il a tué -il résidait à Cabestany dans les Pyrénées-Orientales- et son complice, arrêté mardi près de Perpignan et dont les révélations en garde à vue sont à l’origine de ce spectaculaire rebondissement.

Les déclarations de ce complice âgé d’une cinquantaine d’années -placé sous mandat de dépôt hier pour tentative de vol avec arme et violences volontaires- qui ont été vérifiées point par point depuis mardi, ont été jugées suffisantes pour entraîner l’interpellation et le placement en garde à vue du propriétaire du Jardin Saint-Adrien, avant sa mise en examen.

« M.Malgouyres a joué un rôle »

Selon Yvon Calvet, « M.Malgouyres nie tout après ces accusations du complice, mais il existe dans le dossier des éléments graves et concordants laissant présumé qu’il a joué un rôle dans cette agression à domicile, qu’il est complice de cette tentative de vol avec arme ».

Au vu des derniers éléments recueillis par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier, Daniel Malgouyres aurait orchestré cette agression à domicile, à l’insu, semble t-il de son épouse. Entendue comme témoin après les révélations du complice, en état de choc après ce coup de théâtre, elle a été remise en liberté et, pour l’heure mise totalement hors de cause dans ce qui ressemble à un scénario noir, digne d’un polar.

Le juge d’instruction et les enquêteurs de la gendarmerie ont, toutefois relevé de nombreuses contradictions sur le déroulement des faits dans la soirée du 5 octobre et dans les circonstances du décès par balle d’un des deux braqueurs, dans les versions livrées par le couple.

Un mobile financier ?

Reste le mobile de cette fausse agression à main armée à domicile, qui pourrait être d’ordre financier, selon nos informations. Les gendarmes du groupe financier de la section de recherches de Montpellier sont en train de passer au crible et d’analyser l’état de la comptabilité de la société et le patrimoine du couple Malgouyres.

Il reste également des questions, dont celles-ci : pourquoi Daniel Malgouyres a t-il tué froidement une des deux connaissances ? Et pourquoi a t-il laissé repartir vivant le second qui risquait de tout balancer ?

Il est une certitude en tout cas ce soir : l’état de légitime défense plaidé par Daniel Malgouyres s’effondre. Et les habitants de Servian qui lui apportaient un soutien total sont abasourdis.

4 Comments

  1. Ne tombons pas dans la précipitation initiale et laissons les enquêteurs nous livrer la version exacte des faits. Mais si toutefois il s’avérait que cet homme est impliqué, nous serions nombreux à nous sentir mal à l’aise même si nous avions été abusés !

  2. Je ne crois pas du tout à cette histoire, le coup de dire que les cambioleurs étaient complice !
    ça c’est ce qu’ils veullent nous faire croire, il y à un (chisme) il y à un grande raison pour que je ne les crois pas
    a moins que les cambrioleurs étaient des simplets,
    sinon devinez pourquoi je ne le crois pas en plus c’est gros comme une maison !

  3. J’ai également (et pour une fois) signé la pétition lorsqu’elle m’a été proposée sur le site. Connaissant bien le « jardin d’Adrien » pour l’avoir visité à ses débuts et y avoir amené des amis de passage, je ne pouvais donc qu’adhérer au scénario initial.
    Moi qui m’insurge contre les gens qui prennent trop vite des décisions sans s ‘assurer de la véracité des faits, je vais donc cette fois-ci attendre la fin de l’enquête pour me prononcer.
    Avouez quand-même qu’un nouveau rebondissement est encore possible tant le scénario est mal ficelé !
    Il n’empêche qu’en cette période (où les droits de l’agresseur dépassent bientôt ceux de la victime), les textes régissant l’emploi de la « Légitime défense » devraient être revus (Au calme mais en profondeur).

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