Prison de Béziers : deux médecins relaxés après la mort d’un détenu

JUSTICE. Deux médecins urgentistes en poste à l’hôpital de Béziers ont été relaxés par le tribunal correctionnel, cinq ans après la mort d’un détenu.

Le 8 septembre dernier, trois mois de prison avec sursis avaient été requis contre un médecin des urgences de l’hôpital de Béziers, tandis qu’une relaxe avait été demandée par le procureur de la République contre l’un de ses confrères, jugé dans la même affaire, vieille de cinq ans.

Le 11 juillet 2012 en début d’après-midi, un détenu de 39 ans était découvert inanimé dans sa cellule de la prison du Gasquinoy à Béziers. Il gisait par terre. Une heure plus tard, il était déclaré mort par le médecin de la prison, venu à son chevet pour tenter de le ranimer.

Retour en détention

La veille de son décès, la victime s’était plainte de violents maux de ventre et avait été conduite à l’hôpital de la ville et prise en charge successivement par deux femmes urgentistes.

Des examens avaient été pratiqués par le premier médecin qui n’avait pas attendu les résultats, car il avait fini sa garde. Un second médecin qui avait pris le relais avait ordonné que le détenu soit ramené en prison.

Péritonite fatale

L’autopsie avait révélé que le détenu était décédé d’une péritonite non décelée aux urgences de l’hôpital. Une analyse complémentaire conclura à, « une infection généralisée digestive à point de départ appendiculaire chez un homme présentant une probable hépatite ».

Deux experts médicaux près la cour d’appel de Montpellier désignés par le juge d’instruction avaient accablé les deux femmes en concluant que l’insuffisance de prise en charge était à l’origine du décès.

Mention erronée

Pour leur défense, les médecins indiquaient que le dossier du patient qui leur avait été transmis mentionnait de manière erronée, une ablation de l’appendicite, ce qui avait faussé leur diagnostic aux urgences. C’est la plaidoirie développée lors du procès en septembre dernier par Luc Abratkewicz, l’avocat montpelliérain de la famille du détenu qui avait déposé une plainte contre X pour homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Les agents et le médecin de la prison de Béziers avaient été mis hors de cause.

Les juges ont estimé que les deux urgentistes de l’hôpital de Béziers n’avaient commis aucune faute lourde. Les demandes de dommages et intérêts au titre du préjudice moral subi de la famille de la victime ont été rejetées par le tribunal correctionnel.

L’avocat des parents du trentenaire ont dix jours pour faire appel de ce jugement.

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