Montpellier : ces cybergendarmes qui font parler smartphones, tablettes et ordis

DOSSIER SÉCURITÉ NUMÉRIQUE. Faire parler les ordinateurs, les GPS ou les téléphones portables –smartphones, i Phone etc.- des suspects certes, mais également des victimes, tel est le quotidien des N-Tech, traduisez les cybergendarmes.

Ces militaires de la gendarmerie sont spécialisés dans les nouvelles technologies affectés dans chaque groupement, ici à Montpellier, plus précisément à la cellule de renseignements, « la cel’rens » et au bureau départemental des renseignements judiciaires, la BDRJ. Ils sont également en poste dans les sections de recherches, comme celles de Montpellier et de Nîmes. Ils collectent les informations qui leur parviennent, le plus souvent des brigades territoriales ou des unités de recherches, mais pas que. En charge d’enquêtes quelquefois sensibles, ils sillonnent l’Hérault et le Gard à la recherche de preuves numériques.

De 250 à 2000

Inspecter smartphones, i Phone, GPS, tablettes, ordis et cartes bancaires, c’est la spécialité des 2000 gendarmes spécialisés dans les nouvelles technologies en poste dans les groupements de gendarmerie du territoire et les sections de recherches. Ils n’étaient que 250 il y a cinq ans, c’est dire la direction générale de la gendarmerie a compris l’importance des missions des N Tech par les temps qui courent, avec le risque terroriste. Dans la lutte contre la préparation d’attentats sanglants, ces cybergendarmes sont associés aux investigations des services spécialisés de la police, du parquet antiterroriste et du renseignement.

Les N Tech

Le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale installé sur près de 15’000 mètres carrés en région parisienne exploite les « données numériques » au sein du Service central de renseignement criminel, de l’Institut de recherche criminelle qui dispose d’un laboratoire ultramoderne dans lequel sont examinés serveurs et disques durs d’ordinateurs, mais aussi téléphones mobiles et autres tablettes retrouvés sur certaines scènes de crime. Des scellés qui renferment souvent des données et des informations cruciales pour les enquêteurs.

L’administration les a appelés les N-Tech. Bizarre. Mais, ces militaires de l’ombre préfèrent cybergendarmes. De redoutables techniciens qui se penchent sur des cas très pointus à résoudre. Certaines missions les amènent de plus en plus souvent à faire parler des ordinateurs de présumés pédophiles, qui seraient nombreux l’été en Languedoc. Objectif les démasquer. Ces cyber-gendarmes sont également fort occupés à traquer les hackers et ceux qui s’attaquent aux entreprises.

UFED, arme fatale

Leur arme fatale, c’est le dispositif UFED, pour Universal Forensic Extraction Device de la société israélienne Cellebrite, dont le logiciel permet d’extraire toutes les données d’un terminal, même lorsqu’elles ont été effacées. Dans l’été, un vacancier soupçonné de pédophilie et qui séjournait dans la zone naturiste du Cap d’Agde est tombé des nues : il croyait avoir effacé des centaines de photos compromettantes où il s’exhibait nu avec des adolescents et des adolescentes, mais elles ont été intégralement récupérées. Merci UFED.

C’est cette contrainte qui pèse sur ces cybergendarmes : ne jamais altérer les preuves numériques qui doivent rester intactes. Les ordinateurs saisis sont tous examinés à travers le filtre d’un bloqueur en écriture. Un système qui crée un disque dur virtuel entre la carte mère et le disque dur.

Particuliers et chefs d’entreprise imprudents

Les N Tech ne manquent pas de travail, vu le taux d’équipement technologique de la population. Mais, l’imprudence avec laquelle le grand public, comme les entreprises utilisent le matériel high-tech est inquiétante. Il y a le cas, par exemple d’un cabinet comptable, dont les serveurs tournaient encore sous Windows 2003. Un hacker avait crypté tous les fichiers de l’exercice comptable depuis 2014 et réclamait une rançon pour tout remettre en état. Il a été démasqué et condamné.

Les champs d’action des cybergendarmes sont nombreux et touchent à des domaines divers : atteintes de systèmes d’information avec une forte recrudescence actuellement, atteintes à la réputation, à la vie privée et aux droits d’auteur, vols d’identité, phénomène du phishing et des escroqueries au préjudice des banques et de leurs clients, pédophilie et pédopornographie.

Des pédophiles ont ainsi été démasqués pendant leur séjour au village naturiste du Cap d’Agde, où ils ne faisaient pas spécialement que du tourisme.

Serveurs piratés

Ces gendarmes de l’informatique sont de plus en plus alertés par des entreprises confrontées à des problèmes de gestion des employés, qui partent avec des fichiers ou codes d’accès ou monnaient ces derniers en échange de leur place dans la structure. Ils sont saisis également pour le piratage de serveurs qui contiennent des données nominatives, à des infractions de la Loi Informatique et Libertés, à la contrefaçon de cartes bancaires, ou encore de logiciels.

Véritables spécialistes dans un domaine sans cesse en pointe qui cultive le secret, l’avenir des cybergendarmes est tout tracé.

>> À LIRE : https://e-metropolitain.fr/2017/10/05/mohammed-boumedi…cybercriminalite/

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