Montpellier renforce ses liens avec la ville d’Obninsk et la région de Kalouga en Russie

INTERNATIONAL. Montpellier accueille jusqu’à samedi une délégation russe afin de renforcer les échanges entre le territoire métropolitain et la région de Kalouga ainsi que la ville d’Obninsk avec laquelle la capitale héraultaise est jumelée. L’objectif est de renouveler les accords institués au début des années 90 par Georges Frêche et de mettre en place des coopérations régulières dans de multiples domaines. Pour les acteurs de cette signature c’est également l’occasion d’oeuvrer pour le rapprochement entre la France et la Russie. Philippe Saurel ayant appuyé : « Il ne peut y avoir une Europe forte sans la Russie ».

La délégation russe composée de plus d’une vingtaine de personnes et quatre médias dont l’agence de presse nationale, a été chaleureusement accueillie par Philippe Saurel. Il faut dire le président de la Métropole garde un excellent souvenir de sa visite officielle en Russie l’hiver dernier après que Chantal Marion ait effectué un premier voyage avec de nombreuses start-up dans la ville d’Obninsk et la province de Kalouga. Si des relations existent depuis 1991, elles étaient limitées à leur strict minimum. L’objectif, après les avoir réactivées en 2011 et par les récents voyages, est désormais de tisser des liens étroits sur des coopérations régulières dans différents domaines comme l’innovation, le tourisme, la recherche, l’enseignement…

Anatoly Artamonov développe pour la région de Kalouga qu’il gouverne une politique de développement économique ambitieuse en attirant de nombreuses entreprises mondiales comme L’Oréal, Total, Volkswagen, Peugeot-Citroën, Lafarge… La région a ainsi été classée première des 14 régions russes en termes d’investissements étrangers et labellisées Régions Innovantes. Située dans la région, la ville d’Obninsk se caractérise par un important tissu de PME et possède notamment un incubateur à l’image de Montpellier. Chantal Marion, qui a mené le voyage en décembre 2016, explique : « Les jumelages qui sont anciens ont été faits avec beaucoup d’intelligence. On recherchait, comme ce qui se fait maintenant, des villes qui avaient le potentiel aussi bien universitaire, intellectuel, économique, éducatif, et aujourd’hui numérique. Des villes dont la structure ressemble à la nôtre de façon à ce que le jumelage trouve des points d’ancrage. Et les croissances vont ainsi de paire ».

Un échange précieux pour les start-up

Lors de cette visite à Montpellier, deux partenariats économiques seront signés avec les sociétés CILcare et ChainOrchestra. Estampillées French Tech, elles avaient fait parties de la délégation montpelliéraine lors du voyage en décembre 2016. « On a rencontré à Obninsk un partenaire qui a un portefeuille de molécules et de médicaments qui est assez impressionnant », explique Célia Belline président de CILcare. « On a travaillé à regarder ce portefeuille pour identifier les molécules qui pourraient être d’intérêt pour soigner les patients atteints de surdité ou d’acouphènes. On veut donc monter un programme de recherche dans lequel CILcare teste l’efficacité et la sécurité de leurs molécules pour traiter des problèmes de perte d’audition liée au bruit, à l’âge ou aux effets secondaires de certains médicaments. On travaille également sur les acouphènes car ils ont une grosse branche système nerveux central, ils ont des produits fabuleux pour aller dans ces indications. Donc c’est un vrai programme de santé publique que l’on peut arriver à monter avec cette entreprise ».

Outre le partage des savoirs et des connaissances, la coopération franco-russe a également des avantages pour cette start-up comme pour toute entreprise : « C’est un point d’entrée sur le marché russe qui est conséquent et qui n’est pas si facile à intégrer car on rencontre des sociétés pharmaceutiques qui ont un marché exclusivement russe. On cherche un ambassadeur localement qui puisse aller nous chercher d’autres clients, promouvoir notre activité… Et d’avoir un partenaire en qui on a confiance et avec qui on est en capacité de développer un projet de recherche, je pense que cela crée des liens suffisamment solides pour aller vers du développement commercial sur le territoire russe ».

Vers une ligne entre les deux aéroports ?

Les universités et l’hôpital bénéficieront notamment de cette coopération. Mais d’autres pistes ont été lancées. Philippe Saurel ayant observé après son séjour que « l’Italie et l’Argentine étaient très présents dans le commerce du vin. Il y a peut être un moyen de travailler ensemble ». De son côté Anatoly Artamonov, qui compte poursuivre le développement économique de sa région « en utilisant l’expérience de Montpellier », espère voir l’ouverture prochaine d’une liaison entre les aéroports de Kalouga et de Montpellier.

Avant leur retour en Russie, la délégation a participé à l’inauguration de la statue de Youri Gagarine, réplique identique de celle que l’on trouve à l’entrée du musée de la Conquête de l’Espace à Kalouga. Elle s’est rendue également à la médiathèque Émile Zola pour découvrir le fonds russe constitué de pièces rares. Vendredi, les deux partenariats économiques seront signés au BIC de Montpellier vendredi ce qui donnera l’occasion d’échanges avec les start-up. Samedi enfin seront dévoilées à la maison des relations internationales les plaques de la région de Kalouga et de la ville d’Obninsk. Un geste symbolique important comme d’avoir fait citoyen d’honneur de Montpellier Anatoly Artamonov et Vladislav Shapsha, le maire d’Obninsk. Philippe Saurel a également été décoré pour sa contribution au développement de la région de Kalouga.

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