FESTIVAL DES IG. Talaat El Singaby : « La guitare dans tous ses états »

CONCERTS. Cela fait maintenant plus de deux décennies que le festival des Internationales de la Guitare -les IG- célèbre à Montpellier, dans l’Hérault et dans la région Occitanie -Pyrénées-Méditerranée- toutes les splendeurs de la guitare : qu’elle soit flamenco, blues, classique, électrique, folk, électronique, rock, jazz, africaine, chantée ou métallique.

C’est cette diversité que proposent les IG depuis son lancement en 1996, avec un historique éloquent : 1 million de spectateurs, 200 lieux et plus de 1000 artistes accueillis.

Luz Casal en ouverture, Opéra Rom IV en clôture. La 22ème édition du festival des Internationales de la Guitare est un hymne à la musique, mais aussi aux artistes qui la font chanter.  Outre la Catalane Luz Casal, Niño de Elche, Fishbach, Raoul Vignal, Michael Chapman seront là pour nous faire vibrer au son de leurs compositions et de leurs interprétations.

L’événement, consacré à la guitare dans tous ses états, est devenu un rendez-vous incontournable à découvrir ou redécouvrir, jusqu’au 14 octobre prochain. Focus avec son directeur et fondateur, Talaat El Singaby, sur le festival du moment, qui va faire swinguer quelques-unes des plus belles salles de spectacle de notre région. Interview.

>> 22 ans d’Internationales de la Guitare, les saisons se suivent et se ressemblent, non ? 

Non, elles ne ressemblent pas. Chaque édition est différente avec son lot de découvertes, des inédits, mais aussi des artistes que nous aimons suivre et re-inviter parfois pour suivre leur carrière et proposer au public des parcours musicaux. Nous aimons l’idée de la fidélité et nous avons le sentiment que les artistes l’apprécient. Que quand ils reviennent jouer dans le festival, ils nous offrent encore plus de générosité.

>> Que nous proposez-vous de transcendant cette année ? 

Le plus transcendant sera fort probablement le concert de Nino de Elche au Jam le 4 octobre. Un musicien espagnol qui bouscule les codes du flamenco et qui a stupéfait les dernières Transmusicales de Rennes en décembre dernier. Ensuite, nous avons aussi la chance d’accueillir Inna de Yard, tribu jamaïcaine de Kingston, légataire du son de Bob Marley, que certains ont vu grandir. C’est une sorte de ‘‘Buena Vista Jamaïcain Club’’ et cela promet un grand moment de partage.

>> La guitare dans tous ses états, donc, laquelle est spécialement à suivre cette année ? 

Elles sont multiples comme chaque année, dans tous les univers imaginables. Le rock des canadiens de Timber Timbre par exemple, le blues de Kenny Neal qui vient de Louisiane, ou les chansons d’Alexis HK, qui jouera en solo à Jacou accompagné de sa seule guitare. Enfin, belle facétie, Lucky Peterson, immense guitariste de blues américain, viendra jouer cette année…de l’orgue Hammond pour un hommage à Jimmy Smith à Lunel.

>> Le concert de Luz Casal est d’ores et déjà complet. Peut-on  espérer une deuxième date ? Si non, que nous conseillez-vous ? De nouveaux artistes à ne pas rater ? 

Malheureusement non. C’est une question de planning de l’artiste, mais surtout de disposition de la salle. Le lendemain de Luz Casal, nous accueillons aussi à l’Opéra Comédie Tomatito, immense joueur de guitare flamenco pour un hommage à ses pairs, mentors et amis Camaron de La Isla et Paco de Lucia. Cela nous fait une magnifique semaine hispanique, berceau musical que les Internationales de la Guitare ont toujours apprécié et défendu.

>> Vous avez fêté, le week-end dernier, les 20 ans du salon de la Lutherie, avec comme parrain Francis Cabrel. Quels sont  les retours récoltés sur cet événement devenu toulousain depuis 2 ans maintenant ? 

Avant de parler de retours, je tiens à signaler l’élégance et la sympathie de Francis Cabrel qui est venu, certes comme un parrain, mais aussi comme un ami des luthiers. Ils a pris le temps avec Madame Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, et ancienne ministre de l’artisanat de visiter quasiment tous les stands du salon, discuter, regarder, échanger. Et ensuite d’offrir au public un échange sous la forme d’un dialogue à la fois décontracté et érudit. Pour ensuite, ce qui n’était pas prévu, nous offrir quelques extraits de chansons avec des anecdotes de compositions. C’était un grand moment et le salon de la lutherie va tenter de poursuivre cette excellence.

TALAAT EL SINGABY / ORGANISATEUR DES INTERNATIONALES DE LA GUITARE © David Crespin

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