Montpellier : en plein Yom Kippour, Jean-Pierre Grand accusé d’avoir attaqué Philippe Saurel

INCIDENT. La communauté juive de Montpellier est toute retournée après le « hold up » en pleine célébration du Yom Kippour de Jean-Pierre Grand, sénateur -les Républicains, LR- de l’Hérault et ex-maire de Castelnau-le-Lez, samedi soir dans la salle Molière prêtée par la ville au président du consistoire régional d’Occitanie, Alain Zylberman : devant environ 450 personnes, il a attaqué Philippe Saurel, maire et président de la métropole, en présence de trois élus de la majorité.

« M.Grand a pris en otage la communauté d’ici, je suis d’autant plus choquée par le procédé que c’est là où j’ai grandi, c’est un véritable scandale », déplore ce dimanche Michèle Dray-Fitoussi, adjointe de Philippe Saurel qui était accompagnée des adjoints au maire Chantal Lévy-Rameau et de Luc Albernhe.

Protocole républicain enfreint

Jean-Pierre Grand est accusé d’avoir enfreint le protocole républicain incontournable, à savoir que seul le maire ou son représentant -Philippe Saurel se trouvait hors du département de l’Hérault hier soir- ne prennent la parole, du moins qu’il doit être le dernier lors des discours. « Or, à ma grande surprise, après mon intervention, Alain Zylberman a donné la parole à M.Grand, ne respectant pas ainsi le protocole. M.Grand en a alors profité pour, non pas parlé du Yom Kippour et de la communauté juive d’ici, mais, pour attaquer violemment Philippe Saurel, dans une salle municipale, absent qui plus est pour se défendre et pour répondre. Il a fait un discours de politique politicienne qui n’avait pas lieu d’être en pareille circonstance, analyse Michèle Dray-Fitoussi, non seulement, M.Grand a sali Philippe Saurel, mais de plus, il a méprisé la communauté juive de Montpellier, ce qui est particulièrement grave ».

« M.Zylberman était mal à l’aise »

Des membres de la communauté juive d’ici présents à cette réception ont été choqués par le « hold up » du sénateur de l’Hérault, visiblement facilité par leur président. « Quand j’ai aperçu M.Grand dans la salle, pensant qu’il venait présenter son successeur comme maire de Castelnau-le-Lez, Frédéric Lafforgue, j’ai quand même demandé à Alain Zylberman qu’il ne prenne pas la parole, puisque seul le maire ou son représentant doit parler en dernier. Le président de la communauté m’a assuré qu’il n’était pas question d’une intervention de M.Grand. Il m’a gravement menti », révèle ce matin Michèle Dray-Fitoussi, jointe par Métropolitain.

Elle ajoute que, « J’ai aussitôt demandé des explications à M.Zylberman sur ce non-respect du protocole républicain pendant ce Yom Kippour, il était visiblement mal à l’aise et m’a proposé que je reprenne la parole. Je lui ai dit qu’il se foutait de moi et j’ai refusé ».

« Moi, je ne pardonne pas »

Avant de quitter la salle Molière hier soir, Jean-Pierre Grand a lancé aux adjoints de Philippe Saurel encore présents, cette phrase énigmatique : « C’est le jour du Grand pardon, mais, moi, je ne pardonne jamais ». Certainement une allusion aux récents événements qui ont déjà donné lieu à un gros clash le matin même en mairie de Castelnau-le-Lez : comme Métropolitain l’a révélé dès hier, la nouvelle vice-présidente de la métropole, Rosy Buono, ex-adjointe au maire de Lattes, Cyril Meunier a été virée comme une malpropre du conseil municipal extraordinaire de samedi matin, où Frédéric Lafforgue a été officiellement installé comme maire, en remplacement du sénateur Jean-Pierre Grand qui a démissionné.

La guerre est déclarée à Philippe Saurel par des élus de l’opposition de la métropole depuis la nomination de Rosy Buono au poste de vice-présidente. « Pourtant, j’ai tout fait dans les règles, on ne peut rien me reprocher, j’ai demandé à Rosy Buono de me rejoindre bien avant que le maire de Lattes ne l’exclue de sa majorité municipale. Cyril Meunier ne peut rien me reprocher », certifie le maire de Montpellier et président de la métropole. Et comme c’est un guerrier…

« Je n’ai pas cité M.Saurel une fois »

Jean-Pierre Grand se dit ce matin très étonné de ces accusations portées par les élus de la Ville et de la métropole : « C’était une cérémonie religieuse et non pas municipale, j’avais le droit de faire un discours, où j’ai cité Georges Frêche, certes, sans le dénigrer, mais où je n’ai jamais prononcé une seule fois le nom de M.Saurel. Jamais. En revanche, Michèle Dray-Fitoussi a nommé M.Saurel au moins 30 fois en lisant son papier. Depuis trente ans, je suis aux côtés de la communauté juive de Montpellier, que je respecte énormément. D’ailleurs, à la fin de mon intervention samedi soir, j’ai été très applaudi par les personnes qui étaient debout ».

À suivre.

 

Michèle Dray-Fitoussi juge scandaleuse l’attaque de Philippe Saurel par Jean-Pierre Grand.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *