Pompiers de l’Hérault : Jérémy Beier mort au feu il y a un an

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Jérémy Beier avait 24 ans. Un an après, personne ne l'oublie.

R.I.P. C’est un drame terrible qu’on ne peut pas oublier : l’injuste disparition de Jérémy Beier, mort au feu à l’âge de 24 ans est ancrée à vie dans la mémoire de sa famille, toujours très éprouvée et de ses amis.

En cette journée du 21 septembre, le souvenir est très vivace : très grièvement brûlé en luttant contre le feu d forêt de Gabian, au nord de Béziers, le 10 août 2016, le jeune héraultais qui venait de réussir son concours comme sapeur-pompier professionnel et d’être embauché par le Sdis 34 décédait au CHU de Montpellier, le 21 septembre 2016.

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Les trois autres “soldats du feu” engagés dans le groupe d’intervention feux de forêt -GIFF- commandé par un sergent en poste au centre d’intervention et de secours -Cis- de Mèze, conservent des séquelles : physique, morale et mentale pour deux d’entre-eux qui ont été amputés depuis, morale et mentale pour le troisième, qui a échappé miraculeusement à l’énorme langue de flammes ayant happé les engins, noyés par ailleurs dans des fumées âcres.

Pompiers du GIFF et du groupe commando décorés

Lors de la prise de commandement officielle du colonel Éric Florès, le nouveau directeur du Sdis de l’Hérault vendredi dernier, une étape de la cérémonie -contrairement au rite officiel, ce n’est pas l’ex-directeur, Christophe Risdorfer qui a remis le drapeau, mais le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel- n’est pas passée inaperçue : les pompiers qui formaient le GIFF pris dans les flammes à Gabian, y compris ceux du commando feux de forêt ont tous été décorés de la médaille d’or du ministère de l’Intérieur. Outre l’ancien directeur du Sdis 34, il y avait un autre absent : l’adjudant-chef qui était à la tête du GIFF. Le chef de groupe devrait recevoir sa médaille discrètement, ultérieurement.

Les parents et le frère de Jérémy Beier, Thomas qui fait toujours partie de l’équipe des sapeurs-pompiers volontaires à la caserne de Saint-Mathieu-de-Tréviers ont assisté à cette cérémonie, à l’invitation du colonel Éric Florès. “Nous remercions chaleureusement le colonel Florès, mais, pas question pour nous de faire un commentaire sur cette cérémonie, nous faisons confiance à la justice pour que la vérité éclate sur les circonstances du drame”, se contente de dire la famille, dont la vie a basculé depuis un an.

Un rapport gardé secret

Du côté de l’enquête, ou plutôt des enquêtes, les investigations se poursuivent : les procédures administratives et judiciaires sont en cours. Deux rapports d’enquête sont toutefois achevés, dont celui de la direction générale de la Sécurité civile qui est gardé secret. Jusqu’à quand ? Ce rapport qui est sur le bureau du préfet de l’Hérault n’est pas communicable au public et donc aux médias, selon nos informations.

“En cas de procès, toutefois, il pourra être évoqué par le procureur de la République et les avocats, puisque ce document sera transmis au juge d’instruction”, souligne une source proche de l’enquête.

Pour le volet judiciaire, les gendarmes de la section de recherches de Montpellier ont déjà abattu un travail colossal. On ne compte plus les auditions du simple pompier volontaire et professionnel aux officiers, les déplacements sur le terrain entre Gabian et Roquessels, les actes techniques et scientifiques, la collecte de plusieurs centaines de documents, notamment auprès du Sdis de l’Hérault, l’écoute de bandes d’enregistrements de la gestion de l’incendie etc.

Un nouveau juge d’instruction

Ils agissent sur commission rogatoire d’un juge d’instruction, depuis l’ouverture d’une information judiciaire par le procureur de la République de Béziers. Un nouveau magistrat instructeur vient de prendre le relais, au coeur de l’été de son collègue qui a quitté le tribunal de grande instance de Béziers.

Ce nouveau juge devrait relancer l’instruction, pour que la famille de Jérémy Beier et les trois autres parents des pompiers brûlés puissent enfin connaître la vérité sur cette tragédie. Une question les taraude : aurait t-elle pu être évitée ? En clair, y a t-il eu une ou des fautes humaines ?

Interrogé par Métropolitain ce jeudi, maître Luc Abratkewicz, l’avocat de la famille du pompier mort au feu n’a souhaité faire aucun commentaire : “Laissons faire le nouveau juge”. L’heure n’est pas à la polémique.

Un an après, le souvenir de Jérémy Beier n’est pas oublié : ce matin, sur son compte Twitter, le Sdis 34 lui rend hommage et le site Feux de Forêt sur sa page Facebook a une pensée pour lui. R.I.P.

Un olivier planté à Gabian avec la photo de Jérémy Beier sur le site de Gabian. Une stèle du Sdis 34 a été inaugurée cet été à côté. Photo D.R.

 

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

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