LGV Montpellier-Barcelone : Philippe Saurel fer de lance de la contestation

TRANSPORTS. Lundi, Philippe Saurel rassemblera à l’hôtel de la métropole les acteurs de la Ligne à Grande Vitesse -LGV- Montpellier-Perpignan. Dans le cadre du corridor européen entre Paris et la capitale catalane, la France devait mettre en place une LGV entre Montpellier et Perpignan. Il ne manque actuellement que ce tronçon à réaliser.

Face aux déclarations du gouvernement, « Nous demanderons avec les maires et présidents d’agglo, à ce que la situation particulière de cette ligne fasse l’objet d’une étude particulière de la part du ministre des Transports », a annoncé ce mercredi, Philippe Saurel.

Pause des grands projets

Au début de l’été, Emmanuel Macron décidait une pause en matière de grands projets d’infrastructure dans le secteur des transports. Une décision confirmée à plusieurs reprises par la ministre des Transports et justifiée par la nécessité de se concentrer sur le transport au quotidien.

Dans une interview au Journal du Dimanche, la ministre Élisabeth Borne pointe du doigt les « 5300 km de ralentissement sur le réseau ferré pour insuffisance d’entretien » et les TER qui « doivent transporter plus de voyageurs. Ils ne jouent pas leur rôle notamment dans les grandes métropoles ». Si la LGV Montpellier-Perpignan n’a pas été clairement évoquée, elle a déjà été citée en septembre 2016 dans un rapport sénatorial préconisant de « geler pendant une quinzaine d’années le financement des nouveaux projets de lignes à grande vitesse ».

Montpellier toujours sur les rails

« Je veux bien qu’il y ait un plan drastique et d’économie sur le plan national et je peux le comprendre, car quand on gère un état et qu’il y a une dette aussi abyssale que celle de l’état français on est en droit, pour redonner du pouvoir d’achat, de geler un certain nombre de grands projets qui ne sont pas prioritaires et en terme de LGV c’est le cas. Nous notre cas est particulier. Notre LGV est transfrontalière, elle relie deux états et donc appartient au grand programme européen et il y a des financements pour la créer. D’ailleurs sur les premières décisions prises par le gouvernement, je n’ai pas vu que Montpellier était retirée »,  argumente le maire de Montpellier et président de la métropole.

Une lettre commune

Philippe Saurel a ainsi convié les maires de Sète, d’Agde, de Béziers, de Narbonne et de Perpignan, les présidents des agglomérations de Narbonne et Béziers, ainsi que le préfet  de l’Hérault -excusé pour sa future absence-, tout comme les députés européens Virginie Rozière (représentée par Philippe Thinès), Franck Proust (représenté par son attaché parlementaire) et Éric Andrieu. « J’ai également convié la Région, organisatrice des transports sur tout son territoire, qui en principe serait là mais on n’a pas de réponse. Je ne doute pas que quelqu’un soit là puisque la Région soutient à fond la ligne Toulouse-Bordeaux, c’est du LGV », Philippe Saurel secouant une nouvelle fois Carole Delga : « Ceux qui seront là, seront là. Ceux qui ne seront pas là, ne seront pas là. Mais, après il ne faudra pas pleurer parce que évidemment je le rendrai public ».

Philippe Saurel, se positionne comme le fer de lance de la contestation en faveur de la LGV Montpellier-Barcelone.

Si la présidente de la région Occitanie a déjà défendu le projet devant Alain Vidales, secrétaire d’État aux Transports sous François Hollande, le rapport issu des États généraux du rail et de l’intermodalité tenus en 2016, demandait l’inscription de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan comme projet d’intérêt général tout en se positionnant  « pour un phasage Montpellier-Béziers afin d’accélérer les procédures et de d’éviter la saturation de la ligne actuelle sur sa partie la plus empruntée, avant la réalisation de la partie Béziers-Perpignan ». Tout en précisant qu’il était attendu « une implication forte de l’État à la hauteur des enjeux pour les territoires excentrés et s’engage à développer une offre nouvelle de trains régionaux à partir des gares TGV ». La fenêtre, très large, de 2025-2030 était alors annoncée pour une mise en service du premier tronçon de ligne Montpellier-Perpignan.

Tout est prêt en Espagne

« La LGV Montpellier-Barcelone n’est pas seulement une LGV. C’est la connexion du schéma européen ferroviaire entre la France et l’Espagne. À ce titre le projet bénéficie des fonds européens », justifie Philippe Saurel en poursuivant « C’est le projet transfrontalier sur lequel l’Espagne s’est engagée et a fait le boulot. Et la France ne l’a pas fait. Il y a un procès en cours de l’État espagnol contre l’État français et de l’État espagnol contre l’Europe parce que en Espagne ils n’ont pas les TGV qu’ils devraient avoir. Si bien que cela a entraîné la mise en liquidation d’une société ferroviaire espagnole et les villes de Gérone, Tarragone, Barcelone et Valence n’ont pas le nombre de LGV qu’elles escomptaient ».

De son côté, l’Espagne a complété son réseau de lignes à grande vitesse en reliant toutes les capitales régionales. Philippe Saurel avait déjà évoqué la question du tronçon français lors du 8e Sommet des villes à Grande Vitesse tenu à Montpellier en octobre 2015 où 12 villes françaises et espagnoles avaient signé une déclaration commune réclamant « la grande vitesse et l’interconnexion ferroviaire du couloir méditerranéen ».

La 10e édition de ce sommet se déroulera prochainement à Toulouse et nul doute que la question risque d’y tenir une place majeure.

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