Emplois aidés : Kléber Mesquida interpelle Edouard Philippe

PROJET. Le président du conseil départemental de l’Hérault, Kléber Mesquida a adressé un courrier au Premier ministre Edouard Philippe, lui demandant de renoncer à la suppression des contrats aidés, annoncée par le gouvernement en 2018. Retrouvez ici sa lettre dans son intégralité.

« Monsieur le Premier Ministre, j’étais présent ce jour de rentrée scolaire dans plusieurs établissements éducatifs de mon département et, dans toutes mes rencontres, les maires, les équipes pédagogiques et les parents d’élèves m’ont exprimé leurs inquiétudes à la suite de votre décision, dans la torpeur estivale du mois d’août, de réduire de manière drastique les contrats aidés pour I’année 2018. En effet, grâce aux contrats aidés, les maires pouvaient recruter des personnes en grandes difficultés sociales et leur permettre de participer à l’exercice des missions de service public, qu’il s’agisse des activités scolaires ou périscolaires, des aides à la personnes, des travaux d’entretien.

Vous ne pouvez pas ignorer que les Départements conduisent depuis plusieurs années des politiques d’insertion pour lesquelles ces contrats sont essentiels pour accompagner les allocataires du RSA dans leur parcours professionnel et souvent leur redonner une dignité dans la société. Dans le Département que je préside, nous consacrerons en 2017,6 millions d’euros au bénéfice de 1400 personnes pour favoriser leur retour vers l’emploi. C’est le sens de la convention d’objectifs et de moyens que nous avons signée avec I’Etat.

En supprimant les contrats destinés aux entreprises, vous privez de tout avenir les 250 bénéficiaires d’un C.l.E actuellement suivis par mes services alors que nous constatons 75% de pérennisation dans I’emploi pour ce type de contrat. En réduisant fortement les C.A.E, ce sont 800 personnes qui risquent, dans mon département, de basculer dans une très grande précarité. La logique comptable et budgétaire ne peut pas être la seule ligne de conduite du Gouvernement, alors que le Président de la République a placé la lutte contre le chômage au cæur de ses propositions devant les Françaises et les Français.

Renoncer aux contrats aidés, c’est fragiliser des milliers de personnes souvent dans des situations d’extrême précarité et pour lesquelles vous ne proposez aucun dispositif adapté à leurs difficultés d’insertion sociale et professionnelle. Vous n’êtes pas sans savoir que ces emplois génèrent du pouvoir d’achat et permettent de retrouver une place dans la société, des droits et une dignité. Dans le même temps, vous allez priver les élus locaux et les entreprises, d’emplois qui contribuent à la cohésion sociale et à la formation de personnes très souvent exclues du système éducatif et de formation.

Enfin, j’attire votre attention sur le fragile tissu associatif à l’œuvre dans nos communes et nos quartiers. Elles jouent un rôle d’intégration extrêmement important et leurs actions citoyennes sont plus que jamais indispensables. Sans contrats aidés, bon nombre d’entre elles fermeront leurs portes. Ce désengagement de I’Etat des politiques de lutte contre les exclusions et des dispositifs d’insertion n’est pas acceptable. Non seulement il nie les résultats atteints par les départements avec les plans d’insertion, mais il augure une recrudescence du nombre d’allocataires du RSA alors que cette courbe s’est inversée ces derniers mois. Pour toutes ces raisons, je vous serais reconnaissant, au nom des élus et présidents d’associations qui m’ont saisi ces derniers jours, de renoncer à la suppression des contrats aidés.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma très haute considération ».

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