Affaire Laporte-Altrad-MHR : le procureur de Toulouse démissionne de la FFR

POLÉMIQUE. Démissions en cascade au sein de la commission d’appel de la Fédération française de rugby -FFR- en pleine tempête provoquée par l’affaire Laporte-Altrad, dont la dernière en date, la cinquième ce mercredi est celle de Patrice Michel, le procureur de la République de Toulouse. En effet, ce magistrat à la tête d’un important parquet était un membre discret de cette instance disciplinaire suprême.

Une instance en pleine crise depuis cette affaire Laporte-Altrad qui sent mauvais, comme on dit dans un tel contexte. « Les conditions ne sont plus réunies pour siéger » a déclaré Patrice Michel. Et ce soir, la ministre des Sports, Laura Flessel annonce qu’elle a ordonné l’ouverture d’une enquête interne confiée à l’Inspection Jeunesse et Sport visant un présumé favoritisme de Bernard Laporte envers Mohed Altrad, « afin d’obtenir une information transparente sur ce dossier ».

Bernard Laporte, le président de la FFR est soupçonné d’avoir fait pression sur la commission d’appel de la FFR pour réduire des sanctions frappant le MHR, le club de Montpellier prises en première instance par la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby -LRN- après une polémique du report du match contre Paris-Racing 92.

Laporte renonce au contrat d’image…

Le MHR est dirigé par Mohed Altrad, président de la société d’échafaudages éponyme pour le BTP basée à Florensac, dans l’Hérault, avec qui Bernard Laporte avait signé un contrat d’image pour un montant de 150’000 euros. Rattrapé par la polémique, l’ancien sélectionneur du XV de France -2000 à 2007- et secrétaire d’Etat aux Sports -2007 à 2009- vient de renoncer à ce contrat.

Bernard Laporte et Mohed Altrad sont très proches : en mars dernier, cette amitié indéfectible a ainsi permis au groupe Altrad de devenir le premier partenaire maillot de l’histoire du XV de France…

…Et nie les accusations

Bernard Laporte nie ce mercredi toute pression sur la commission d’appel. Il a toutefois admis avoir appelé son président, Jean-Daniel Simonet, mais « dans le respect de (son) indépendance : J’ai donné un éclairage politique après une crise grave avec le rugby professionnel, qui nous avait menés devant le Conseil d’Etat », a déclaré Bernard Laporte.

Ce dernier évoque évoque l’opposition de Montpellier et de la FFR à la décision de la Ligue nationale de rugby (LNR) de reporter le match Montpellier-Racing 92, après l’affaire de la fusion avortée Racing-Stade Français. Cette crise avait connu son épilogue devant le Conseil d’Etat.

Le silence de Mohed Altrad

Dans cette sale affaire qui ternit l’image de marque, à la fois de la FFR au plus haut niveau, du MHR et de la société Altrad, les démissions en cascade font désordre. Avant celle du procureur de la République de Toulouse, Philippe Peyramaure, Benjamin Peyrelevade, Julien Bérenger et Vincent Chaumet-Riffaud ont démissionné la commission d’appel de la FFR, qui ne compte désormais que huit membres sur treize. Et il se murmure ce soir que l’hémorragie pourrait continuer avec le départ imminent d’un membre qui réside dans l’Aude.

Dans cette affaire, Mohed Altrad ne s’est toujours pas exprimé officiellement. Il est généralement silencieux quand éclate des « patates chaudes » hors du terrain. On comprend mieux pourquoi Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la métropole se soit mis en retrait depuis quelque temps du MHR et de son président…

Coupe du monde de rugby en 2023.

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