Catalogne : 16 morts et une manifestation de rejet du terrorisme

TERRORISME. Une Allemande de 51 ans a succombé à ses blessures dimanche, selon la Protection civile catalane, portant le bilan des attentats en Catalogne à 16 morts.

Rappel : la police catalane a abattu Younès Abouyaaqoub âgé de 22 ans, le conducteur de la voiture-bélier qui a foncé sur la foule, sur la célèbre Rambla de Barcelone, lors d’une opération policière.

Le terroriste, identifié comme le chauffeur de la fourgonnette blanche qui a semé la terreur, jeudi 17 août dernier en fin d’après-midi a été abattu à Subirats, à 50 kilomètres à l’ouest de la capitale de Catalogne. Il portait ce qui semblait être une ceinture d’explosifs.

«Les douze membres de la cellule terroriste, au coeur de l’enquête, ont été neutralisés», avait souligné le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero.

Quelques heures plus tard, en milieu de nuit, les terroristes avaient frappé la station balnéaire catalane de Cambrils. Les seize victimes sont identifiées. Parmi elles figure un garçonnet australien et un automobiliste espagnol froidement exécuté par un des terroristes en fuite pour s’emparer de sa voiture.

Attentat la veille à Alcanar

Le chef de la police de Catalogne a indiqué par ailleurs la mort de l’imam Abdelbaki Es Satty, un des derniers membres de la cellule terroriste, dans l’immeuble qui a explosé à Alcanar – à 200 km au sud de Barcelone – la veille de l’attentat de Barcelone. Ce Marocain âgé d’une quarantaine d’années a fait de la prison pour trafic de drogue de 2010 à 2014 et a séjourné dans la commune de Machelen, près de Bruxelles «entre janvier et mars 2016».

Es Satty vivait, comme d’autres assaillants à Ripoll, petite ville au pied des Pyrénées catalanes, où la police a mené une opération. Il est soupçonné d’avoir «mangé le cerveau» de jeunes compatriotes pour les amener à former la cellule djihadiste derrière les attentats de Barcelone.

La Sagrada Familia était visée

Le bilan aurait pu être encore plus lourd, puisque les conspirateurs s’apprêtaient à commettre «un ou plusieurs attentats» de «manière imminente», selon le major Trapero. La célèbre Sagrada Familia, une église non achevée par l’architecte Gaudi au coeur de Barcelone était visée.

Un raté a entraîné la déflagration qui a détruit à Alcanar la maison où ils préparaient des explosifs depuis environ six mois. Martine Groby, une retraitée française de 61 ans voisine de la villa, a raconté avoir vu depuis avril quatre hommes, «qui parlaient tous français», aller et venir en déchargeant avec méfiance des marchandises.

L’inspection de leur repaire a permis de découvrir au moins 120 bonbonnes de gaz butane, des substances explosives, y compris des traces de composants de TATP, explosif prisé des djihadistes du groupe État islamique (EI) qui a revendiqué les attentats. Le TATP, surnommé par les jihadistes «la mère de Satan», se fabrique avec des ingrédients en vente libre.

Le Roi d’Espagne en tête du cortège

Samedi, des dizaines de milliers d’Espagnols ont manifesté dans le rues de Barcelone pour dire non au terrorisme aveugle, avec la participation exceptionnelle en tête du cortè ge du roi Felipe VI. Des roses rouges, jaunes et blanches, aux couleurs de la capitale de la Catalogne ont été distribuées aux participants qui scandaient « No tenim por », nous n’avons pas peur en catalan.

Des banderoles et des pancartes pour le rejet du terrorisme étaient visibles dans la foule des manifestants. Le bilan des attentats en Catalogne s’établit donc ce lundi à 16 morts et à 126 blessés, dont 50 graves.

 

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