Feu de Saint-Pons-de-Mauchiens à Villeveyrac : ce que l’on sait

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Une tête de feu dévorant la végétation sur 7 à 8 kilomètres. Photo JMA. Métropolitain.

INCENDIE. Une vision lunaire offrant un spectacle de désolation : sur 7 à 8 kilomètres au nord-est de Montagnac, de Saint-Pons-de-Mauchiens à Villeveyrac, en passant par Saint-Pargoire -les trois communes touchées-, la végétation est calcinée : pins, chênes verts, genêts, champs de chaume, garrigue basse et haute. Au milieu d’espaces noircis, des zones vertes qui ont échappé aux flammes, grâce à des « sautes de feu » de 100 à 150 mètres, à cause du vent qui tournait de 40°, rendant impossible et dangereux le travail des pompiers sur le terrain et des pilotes des bombardiers d’eau.

>> Alerte : le départ de ce feu a été signalé vers 11h30 ce mercredi, sur la commune de Saint-Pons-de-Mauchiens, pas loin de la RD 131, en limite de Saint-Pargoire. Un peu plus tard, il était déclaré éteint avec comme surface brûlée, 1 hectare. Mais, vers 14h, il repartait de plus belle et prenait alors de l’ampleur. Des renforts étaient réclamés en urgence par les pompiers sur place. Les trois Air Tractor ne parvenaient pas à étouffer le feu.

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>> Hors de contrôle : une heure plus tard, le feu était hors de contrôle. Les bombardiers d’eau de la Sécurité civile étaient en route. Au sol, les groupes d’interventions feux de forêt -GIFF- se multipliaient, pour atteindre 22 en soirée : les pompiers du Sdis 34 recevaient le renfort de colonnes de Sdis d’Occitanie, de la colonne de Sécurité civile en poste à Lézignan-Corbières, des GIFF préventifs basés dans les Bouches-du-Rhône et de forestiers sapeurs. Au total, il y a eu 400 « soldats du feu » à bord des engins et 400 autres pompiers du groupe « commando feux de forêt », dans les PC de commandement, de santé, des moyens techniques, d’approvisionnement etc. La préfecture de l’Hérault a donné comme chiffre la mobilisation de 800 hommes et femmes au plus fort de l’événement.

>> Vents tournants de 40° : vers 15h, un premier message transmis par le commandant des opérations de secours -COS-, un officier du Sdis 34, fait état d’un feu de pinède poussé par un vent de secteur nord, de l’évacuation du camping Borepo sur la salle des fêtes de Villeveyrac et détaille les renforts demandés. Dans un autre message, dont Métropolitain a eu accès, il est mentionné : « les moyens au sol sont insuffisants et mal positionnés. Demande renforts de moyens aériens en rotation courte ». Le colonel Éric Florès, directeur du Sdis 34 arrive sur place et prend la direction des opérations. À 15h51, le commandant du centre opérationnel de zone -COZ- sud basé dans les Bouches-du-Rhône pour la gestion des feux sur l’arc méditerranéen et la Corse annonce par un nouveau message que, « le vent a tourné de 40°, qu’un nouveau feu se dirige du nord vers sud-est avec un front de flammes de 3 à 4 kilomètres ». À 17h08, un message du commandant du centre opérationnel de zone -COZ, basé dans les Bouches-du-Rhône- annonce que, « le feu qui a détruit 100 hectares va brûler 200 à 300 hectares supplémentaires et qu’il faut évacuer des maisons à 30 minutes du front de flammes ». Une habitation vide de ses occupants a été cependant entièrement détruite au nord de l’Abbaye de Valmagne, sur la commune de Villeveyrac.

>> Largages de sécurité : très virulente, la tête de feu s’est engouffrée dans un couloir, traversant les RD 5 et 161, coupées à la circulation. Des champs de chaume et de la garrigue ont permis aux flammes de se propager sur 1,1 kilomètre par heure, sautant des vignes, épargnant des zones boisées restées vertes, où après des mesures officielles faites au petit matin ce jeudi, la surface calcinée ne dépassera pas les 150 hectares. 500 hectares ont toutefois été parcourus.

À cause des vents qui tournaient sans cesse, trois GIFF ont été piégés. Ils ont demandé en urgence des largages de sécurité. Celui de produit retardant du Dash 8 a certainement permis aux 18 pompiers d’un GIFF du Sdis 34 d’avoir la vie sauve. 80 mètres de tuyaux qui avaient été tirés pour lutter au plus près des flammes ont complètement brûlé.

>> Feu stoppé à minuit : l’objectif des pompiers et des pilotes des bombardiers d’eau était de fixer le feu avant la tombée de la nuit et pour y arriver, ils ont mis le paquet : outre les pompiers au sol, à 21h, 7 Canadair et le Dash ont fait 8 largages consécutifs sur la tête de feu. Objectif atteint : les flammes ont ralenti leur progression. Et le feu a été stoppé à minuit. Depuis, les 7 à 8 kilomètres de lisières dont les brûlots et les cendres sont encore fumantes sont noyées. 200 pompiers resteront sur le site jusqu’à demain matin. Le vent du nord devrait souffler de nouveau ce jeudi, d’où la vigilance pour éviter une reprise.

>> Campeurs évacués : les 400 campeurs évacués et les cent habitants -mas isolés, fermes, maisons- et hébergés dans la salle des fêtes de Villeveyrac ne pourront retrouver tentes, caravanes et habitations que lorsque le feu sera définitivement déclaré éteint. Le camping Borepo est recouvert de cendres.

>> Encore un gyrobroyeur ? L’enquête de gendarmerie confiée à la brigade de recherches de la compagnie de Pézenas a commencé. Les techniciens de la cellule de recherche des causes d’incendie de l’Hérault ont isolé l’endroit d’où le feu est parti et, il semble que l’origine soit accidentelle : une étincelle échappée d’un engin agricole, un gyrobroyeur aurait embrasé des broussailles hautes. C’est également un gyrobroyeur qui est à l’origine de l’incendie qui a récemment ravagé 100 hectares de végétation à Bessan.

Mercredi, toute l’après-midi, jusqu’au soir tard, un impressionnant panache épais de fumées noires était visible de Montpellier à Narbonne, de l’autoroute A9 et A61 et sur les plages du littoral languedocien. Héraultais et vacanciers ont assisté au ballet des Canadair venus remplir les cuves sur l’étang de Thau, puis des Tracker et du Dash 8 larguant le produit retardant rouge.

Les flammes aux portes des villages au nord-est de Montagnac. Photo Marine B-C pour Métropolitain.

Métropolitain.

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

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