Le Montpellier Méditerranée Futsal joue son avenir en dehors des terrains

SPORTS. Coup de tonnerre en juillet lorsque paraît le calendrier 2017/2018 du championnat de France D1 de Futsal. Le club de Montpellier, après une saison presque parfaite et une très belle troisième place, est rétrogradé en D2. La cause : des erreurs administratives concernant trois joueurs. Après plusieurs recours, le MMF joue sa dernière chance ce mercredi 9 août devant le tribunal administratif. Promu parmi l’élite du futsal la saison dernière, le club montpelliérain se bat presque seul contre tous. Une situation incompréhensible qui pourrait causer la mort du club.

Une erreur administrative

Dans un premier temps la FFF choisit de rétrograder le MMF, d’annuler la licence de trois joueurs et de suspendre un an, avec six mois de sursis, son président Hamza Aarab. Le club a contesté cette décision et saisi la Comité National Olympique et Sportif Français. L’instance reconnait une faute mais propose la maintien du club en D1 avec un handicap de 12 points. La FFF refuse et le club dirige alors ses espoirs sur le tribunal. « Avec ce que l’on a vécu ces derniers mois, il fallait s’accrocher. Ce qui nous arrive est incroyable ! Ça peut faire un film cette histoire. Et quoiqu’il arrive cela finit mal car cela a tué notre dynamique » confie Hamza Aarab.

À l’origine de la sanction, il y a une erreur administrative qu’explique le président du MMF « La personne qui s’occupe des licences chez nous savait qu’il fallait demander un certificat international de transfert pour des joueurs qui appartiennent à un club. Mais pour des joueurs libres, il pensait que ce n’était pas nécessaire. Et donc il ne l’a pas demandé pour trois joueurs ». Comme preuve de sa bonne foi, le président avance : « On a demandé le CIT pour des joueurs mutés alors que ce n’est pas nécessaire et on ne l’a pas fait pour des joueurs qui étaient libres ».

Jalousie de deux clubs

Les malheurs du MMF viennent de deux clubs qu’Hamza Aarab n’hésite pas à cibler, le Toulon Élite Futsal et le Sporting Paris, respectivement 5e et 6e la saison dernière : « Il y a un truc qui s’est monté entre les deux. Ils ont cherché la petit bête administrative et ils l’ont trouvé ». Deux clubs historiques qui ont semble t-il mal vécu l’ascension sportive et les ambitions des Montpelliérains.

« Cette saison nous étions inarrêtables à tous les niveaux. Certains clubs, ceux qui voulaient le monopole du futsal, voyaient ça d’un très mauvais oeil » dénonce Hamza Aarab. Le président a toujours vu grand pour son club. En premier lieu cela passe par la communication qui est un modèle du genre. Le petit nouveau parmi l’élite innove et tout le monde du futsal l’observe : « Nous on ne calculait pas. On était dans le développement du club et du futsal ».

Au début de l’année, pour accompagner l’essor de la discipline, l’association des clubs de futsal est créée et Hamza Aarab y fait passer le message que si le futsal doit être pris au sérieux, il faut déjà que les clubs le fassent. Le président du Toulon Élite Futsal Sassi Ben Naceur en prend la tête. Les prises de position d’Hamza Aarab et sa vision des choses moins consensuelle politiquement semblent alors déranger celui qui va monter dans les instances de la FFF.

À croire que l’on cherche même au plus haut niveau la mort du MMF. Comme si quelque part, une opération « propreté » débutait au sein de l’élite du futsal pour purger les clubs implantés dans les quartiers populaires. Hamza Aarab dénonce d’ailleurs le sort subit par le club montpelliérain lors de son déplacement à Toulon : « On nous a collé un étiquette de club de racailles. Ils nous ont fait un cinéma avec des articles de presse présentant le match sous haute tension, avec une grosse sécurité, fouille à l’entrée… Il n’y avait aucun respect. Cela fait 19 ans que l’on existe, il n’y a pas un club en France qui peut dire qu’il a eu des problèmes avec nous. On est jamais passé devant le conseil de discipline. Cette année, on est la seule équipe à ne pas avoir eu de carton rouge ». D’autant qu’à Montpellier, l’ambiance lors des matchs a toujours été bonne, sans débordement dans le public, avec un esprit ouvert et familial, loin des clichés que certains veulent véhiculer sur les quartiers.

Deux poids, deux mesures

Hamza Aarab comme tous les membres du club et les supporters vivent cela comme une injustice. Attaqué, le président du MMF n’hésite pas à passer à son tour à l’offensive pour dénoncer la différence de traitement : « Le Sporting Paris a escroqué la Fédération pendant deux ans avec des fiches de paye fausses ou gonflées de quatre joueurs appelés en équipe de France pour se faire rembourser un plus gros montant. L’année dernière, ils ont joué les playoffs avec trois brésiliens. Ils sont d’abord partis joué en Chine et quand le championnat s’est terminé ils sont venus juste jouer les playoffs. Le club est parti avec 15 points en moins en restant en Ligue 1 ». José Lopes le président du Sporting Paris s’était alors exprimé sur ces affaires dans un communiqué de presse.

Hamza Aarab passe à Toulon dont il accuse ouvertement le président d’être derrière cette campagne contre le MMF : « L’année dernière ils n’avaient pas d’arbitre. Quand tu n’as pas d’arbitre tu joues avec un joueur muté en moins. Les districts fournissent à leur ligue une liste des clubs en infraction. La Ligue doit alors leur communiquer un avertissement. La Ligue Méditerranée a communiqué avec quatre jours de retard l’information au club de Toulon. Quand ils ont porté une réserve, ils ont invoqué un vice de procédure. Si le district du Var n’a pas communiqué la liste à la Ligue Méditerranée c’est parce que le président de Toulon siège au district du Var. Le secrétaire général du district du Var s’occupe également de toutes les procédure juridiques de Toulon. C’est quand même assez curieux… ».

Le Montpelliérain n’en reste pas là : « Le 27 mai 2016, le président de Toulon lance une équipe en deuxième division de district de futsal à travers l’association Sport pour Tous. C’est la plus basse division en France avec des joueurs amateurs. Il signe des joueurs espagnols qui venaient du meilleur championnat du monde. Le 27 août, il fait couler l’association, les joueurs deviennent libres et il les récupère à Toulon. Ils se sont quand même fait bloquer les licences à la Ligue pour contournement du règlement. Pourquoi ils n’ont pas mis une sanction par rapport à la morale et à l’éthique. Il n’y a eu aucune sanction ».

Hamza Aarab espère désormais qu’une seule chose : « Que l’on reste en Ligue 1. On a payé assez cher une erreur administrative à cause de documents que l’aura eu si on les avait demandé. D’autant que cela n’aurait rien changé au championnat. Il n’y a eu aucune volonté de tricher de notre part ». Le championnat élite débute le 2 septembre et le MMF entend bien y figurer. La décision du tribunal est attendue avec impatience demain.

  • Deuxième volet de cet article à venir dans les prochains jours sur le MMF et le manque de soutien local.

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