Témoignage : une famille de Montpellier dans l’enfer du feu dans le Var

INCENDIES. « Les enfants tremblent encore, la plus petite, Julie qui a 3 ans n’arrête pas de pleurer, elle veut qu’on rentre à Montpellier, nous n’avons jamais eu autant peur de notre vie » raconte ce mercredi matin à Métropolitain, Bernard, un électricien montpelliérain, la voix chargée d’émotion, en présence de son épouse Martine et de leur autre enfant, Loïc, 6 ans, après leur nuit d’enfer dans un camping situé près de la Londe-des-Maures, entre Hyères et Bormes-les-Mimosas, dans le golfe de Saint-Tropez, dans le Var.

« Les journées à la mer sont fatigantes pour tous, enfants et adultes, en fait, une bonne fatigue, ce qui fait que dès le retour dans la caravane vers 19h, on dîne, on va promener une petite heure, puis on rentre se coucher, vers 22h30. On s’endort de suite. Moi, je dormais depuis pas longtemps quand j’ai été réveillé par une odeur de brûlé », témoigne Bernard. Il était 23h45, ce mardi.

Vitesse fulgurante

Bernard a secoué Martine et le couple est sorti pour en savoir plus :« Nous sommes allés à l’accueil, il y avait beaucoup de campeurs inquiets qui nous ont montré le ciel illuminé avec une épaisse fumée. Le feu était à 500 mètres. Le responsable du terrain de camping a appelé je ne sais qui, ou quelqu’un de la marie, ou la police municipale. Dix minutes après, on a compris que les flammes avançaient à une vitesse fulgurante. Puis, des pompiers sont arrivés, ils ont dit évacuez vite, tout le monde. J’ai laissé Martine, j’ai couru jusqu’à la caravane, j’ai réveillé les enfants encore endormis, j’ai juste pris tous les papiers, nos téléphones portables ».

12’000 évacuations

Il n’y a eu aucune panique selon l’artisan montpelliérain, qui avec les campeurs ont été hébergés dans une salle municipale : « quand on a quitté le camping, le front de feu était proche, on y voyait comme en plein jour ». Au total, 12’000 vacanciers -dont 3000 campeurs- et habitants à l’année ont été évacués. Les sapeurs-pompiers ont protégé le camping et les maisons alentour, avant que le feu ne se propage au Cap-Bénat.

« Ce matin, ça brûle encore, on voit la fumée. Je n’ai jamais vu autant de camions de pompiers, ils viennent de partout, même de la région parisienne. Les bombardiers d’eau sont en action aussi. Nous réfléchissons pour savoir si on termine notre séjour ici, on avait prévu d’y rester jusqu’à la fin du mois, ou si on change d’endroit, on n’a pas tranché encore. Les enfants veulent partir, le patron du camping nous remboursera si on part », indique Bernard.

Les Montpelliérains ont pu retrouver leur caravane intacte ce matin, mais ils ont interdiction de l’occuper jusqu’à nouvel ordre, par mesure de précaution. Autour, c’est un spectacle de désolation avec un paysage lunaire.

Partir, mais où ?

La famille va peut-être finir ses vacances estivales agitées aux Saintes-Maries-de-la-Mer, pas très loin de Montpellier, mais Bernard et Martine pensent que les campings affichent complets. Dans le terrain de la Londe-des-Maures, tous les autres campeurs ont décidé de rester, le feu étant déjà un mauvais souvenir et tout ayant été calciné autour

« Partir, mais où ? » s’interroge l’artisan montpelliérain, joint ce matin au téléphone, en évoquant ces terribles images vues par la famille mardi soir au journal télévisé : « C’était l’impressionnant incendie près de Brignoles, de l’autre côté du massif des Maures. On a regardé les images avant d’aller au lit. Jamais on n’aurait pensé que quatre plus tard, il nous arriverait ça en temps réel ».

25 pompiers blessés

Dans le Var, le bilan est catastrophique ce mercredi matin : le feu de la Londe-des-Maures et du Cap-Bénat a déjà ravagé 1300 hectares de pins et de broussailles, 500 hectares ont brûlé à la Croix-Valmer et 1700 hectares à Artigues, près de Brignoles, trois gros feux de forêt en 24 heures. En Haute-Corse, un incendie de maquis et de sous-bois s’est étendu sur 1800 hectares.

5000 hectares sont partis en fumée dans le Sud-Est lundi et mardi.

Sur l’Île-de-Beauté et dans le Var où 5 habitations ont été entièrement détruites par les flammes, 25 sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés, certains victimes de coups de chaleur. Des renforts venus de plusieurs régions de France sont engagés, avec la flotte aérienne de la Sécurité civile basée à Nîmes-Garons. Des colonnes de la Sécurité civile sont également à pied d’oeuvre, soit un millier d’hommes et de femmes au total.

Mardi, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’arrivée ce mercredi de deux Canadair venant d’Italie, dans le cadre de la coopération européenne dans la lutte contre les incendies de forêt.

Dans certains Sdis de l’arc méditerranéen, comme ceux de l’Hérault et le Gard, la journée de ce mercredi s’annonce de nouveau en risque sévère, en raison des vents forts annoncés, sur une végétation très sèche.

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