Montferrier-sur-Lez : reconstitution de l’assassinat chez les religieux

INFO MÉTROPOLITAIN. La reconstitution de l’assassinat de la lingère à la maison de retraite des Chênes Verts -où séjournent des religieux à la retraite- ur la colline de Baillarguet à Montferrier-sur-Lez, au nord de Montpellier, le 24 novembre dernier, se déroulera ce mercredi soir.

Les accès seront fermés par les gendarmes de la compagnie de Castelnau-le-Lez, un peu avant l’arrivée sur le site à 20h ce soir du juge d’instruction du tribunal de grande instance de Montpellier, de sa greffière, d’un magistrat du parquet, des enquêteurs de la gendarmerie et du Service régional de police judiciaire -SRPJ-, d’un médecin légiste, d’experts judiciaires et des avocats du mis en examen -Me David Mendel- de la famille de Catherine Segaud-Vallée, la lingère de 54 ans, lardée de coups de couteau, le bâtonnier Jacques Martin et de la concierge, Me Jean-Robert Phung. La victime résidait à Saint-Brès, entre Montpellier et Lunel.

Voiture abandonnée dans la colline

Le meurtrier présumé, un chômeur de 47 ans domicilié non loin des arènes à Saint-Mathieu-de-Tréviers, à sept kilomètres au nord de la maison de retraite qui accueille ces anciens missionnaires sera extrait de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, où il est en détention préventive depuis huit mois et sera invité par le magistrat instructeur a refaire les gestes sanglants, après avoir fait irruption encagoulé et armé, en début de soirée.

Ce qui devait être un simple cambriolage a tourné au meurtre. À l’époque, cette affaire avait bouleversé la région de Montpellier, mais également au-delà, avec un retentissement national. Le meurtrier présumé qui avait réussi à prendre la fuite après le meurtre de la lingère avait été arrêté au bout d’une vingtaine d’heures de recherches.

C’est une patrouille de gendarmes de la brigade de Saint-Mathieu-de-Tréviers qui l’avait localisé alors qu’il cherchait à rejoindre son domicile.

Père de famille endetté

Qui est ce quadragénaire ? Ce père de deux enfants qui avait notamment servi dans les troupes parachutistes, mais sans être militaire de carrière avait travaillé quelques années plus tôt dans cette maison de retraite. Sans emploi, il vivait de petits travaux, notamment en réparant des vélos.

Lors de l’instruction qui devrait être bouclée après cette reconstitution avec son renvoi devant la cour d’assises de l’Hérault à Montpellier, le quadragénaire a avoué être déjà l’auteur d’un précédent cambriolage nocturne, quelques mois avant son retour ce soir de novembre dernier et ce pour pouvoir payer ses dettes.

Dans les jours précédents l’assassinat et la tentative d’assassinat, ce père de famille aux abois avait reçu des lettres d’un huissier le menaçant de son expulsion de l’appartement familial de Saint-Mathieu-de-Tréviers pour le non-paiement de ses loyers, ainsi que de ses factures de gaz et d’électricité. Il lui fallait à tout prix trouver de l’argent. Il savait, pour y avoir travaillé comme factotum dans le passé qu’il existait un coffre-fort à la maison de retraite des Chênes Verts…

Après avoir tué la lingère et tenté de tuer la gardienne de nuit -l’auteur présumé est mis en examen pour assassinat et tentative d’assassinat-, il avait quitté les lieux en abandonnant sa voiture, dans un chemin isolé de Baillarguet. Dans ce véhicule, les enquêteurs avaient retrouvé une arme factice tirant des billes en plastique et «d’autres éléments» permettant d’identifier le suspect, et une chasse à l’homme avait été lancée par quelque 130 gendarmes et policiers dans cette zone proche de Montpellier.

59 pensionnaires indemnes

Le jeudi 24 novembre dernier vers 21h45, la concierge de la maison de retraite des Chênes Verts avait donné l’alerte aux gendarmes sur le numéro d’urgence du 17, leur expliquant avoir «été agressée par un homme qui (l’avait) ligotée et laissée là». Dans la lingerie, alors qu’ils effectuaient une reconnaissance, les gendarmes avaient découvert le corps de la lingère de 54 ans, tuée de plusieurs coups de couteau. Elle avait tenté d’échapper à l’assassin.

En revanche, aucun des 59 pensionnaires présents dans l’établissement au moment des faits n’a été blessé ou touché. Les religieux et religieuses tous très âgés et pour certains impotents dormaient dans les étages et ont été réveillés par l’agitation créée par l’intervention des gendarmes, notamment ceux du Psig Sabre de la compagnie de Lunel.

Cet établissement accueille des religieux et religieuses appartenant à la Société des missions africaines, une communauté de missionnaires catholiques européens, africains et asiatiques, qui compte un millier de membres, prêtres et laïcs. Six ou sept laïcs et autant de religieuses sont aussi accueillis dans cette maison de retraite bordée par un parc lui-même adossé à un massif forestier, la colline de Baillarguet, un lieu champêtre sur les hauteurs de Montferrier-sur-lez et de Clapiers, fréquenté par des promeneurs, des marcheurs et des sportifs du coin.

 

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