Sète : expulsée pour avoir nourri des pigeons

MOBILISATION. Incroyable pour la plupart, navrant pour d’autres, une habitante de Sète a été condamnée à quitter son logement qu’elle loue depuis plus de 27 ans et à verser des dommages et intérêts aux plaignants pour seul motif : avoir nourri des pigeons. Plusieurs dizaines d’habitants ont déjà répondu à l’appel à la mobilisation lancé par un comité de quartier.

Affiches placardées, réunion publique, distribution de tacts, rien n’arrête les bénévoles qui défendent la cause de Marie, retraitée de 67 ans et habitante d’un appartement situé au rez-de-chaussée de la rue de l’Égalité à Sète. La cour d’appel de Montpellier a confirmé le 30 mars dernier la décision du tribunal de grande instance de Montpellier qui avait ordonné son expulsion le 8 septembre 2015 : l’appartement quelle occupe depuis 27 ans doit être entièrement vidé et libéré au plus tard ce mardi.

Les plaignants réagissent

Le syndic de copropriété, le cabinet Alizés Immobilier basé à Sète a décidé de saisir la justice il y a quelques années après plusieurs plaintes des habitants d’une résidence voisine.

« Ces nuisances ont provoqué de gros troubles de voisinage, puisque des pigeons par dizaines qu’elle nourris tous les jours attendent leur nourriture sur les rebords de fenêtres des habitants de la co-propriété », indique le cabinet Alizés Immobilier, tout en précisant qu’une personne souffrante d’une maladie auto immune a du quitter la résidence pour préserver sa santé.

« Malgré toute la phase amiable que nous avons tenté pendant des années, cette personne n’a jamais déniée arrêter ses agissements, donc nous avons été contraint de saisir le tribunal d’instance », assure le cabinet Alizés Immobilier.

Un dernier recours possible ?

Après avoir été débouté de la procédure, la syndic de copropriété a fait appel et un arrêt a été rendu par la cour d’appel condamnant Marie et son propriétaire, solidairement responsables à lui payer tous les dispositifs mis en oeuvre pour éviter les intrusions de pigeons, de verser des dommages-intérêts, et à prononcer la résiliation du bail de cette retraitée. Marie n’a pas pu introduire un pourvoi un cassation, faute de finances pour payer un avocat.

Le 17 mai dernier, l’avocate de Marie a décidé de tenter un recours en s’appuyant sur la loi Dalo, ce qui permettrait de reporter dans un an la mise en oeuvre de l’arrêt définitif de la cour d’appel, applicable depuis fin mars. Problème : le juge de l’exécution qui a été saisi a donné rendez-vous le 19 juin prochain pour évoquer cet épisode judiciaire. Ce recours n’étant pas suspensif, Marie doit donc quitter son appartement ce mardi.

« Quoi qu’il en soit, Marie ne partira pas mardi » nous précise un membre du comité de soutien, en pointant du doigt l’inaction des élus locaux qui ont été alertés, la situation actuelle de cette retraitée, sans famille ici et qui va se retrouver sans gîte, donc SDF…

2 Comments

  1. Bonjour. BUGG et HOAX au Ministère Public. Où est passé le juste équilibre de son emblème la balance ? Je ne suis pas pour les pigeons mais suis profondément choquée par cette sentence honteuse parce que disproportionnée et surtout non avenue! et pour cause je vis à côté : -«des pigeons par dizaines qu’elle nourrit tous les jours attendent leur nourriture sur les rebords de fenêtres des habitants de la co-propriété » FAUX -«Malgré toute la phase amiable que nous avons tenté pendant des années, cette personne n’a jamais déniée arrêter ses agissements, donc nous avons été contraint de saisir le tribunal d’instance », assure le cabinet Alizés Immobilier. FAUX : J’habite à 100m depuis 7 ans et passe naturellement par chaque jour 4 fois minimum à heures variées ou devant la rue de l’Egalité. Du linge sèchent en permanence à de nombreux balcons de l’immeuble et ailleurs dans la rue, ainsi qu’à la fenêtre de cette dame en rez-de-chaussée où les draps qui sèchent sont toujours impeccables sans aucune trace de fientes !
    Depuis plus de 2 ans aucun pigeon dans la rue de l’Egalité, aucune fiente sur les trottoirs ni sur les voitures. Aux premières douceurs les riverains se rassemblent cordialement le long de la rue pour papoter, les enfants jouent. La rue est parmi les rares propres du quartier: pas même de pollution canine comme chaque mètre des trottoirs de la zone Révolution devenus crottoirs.
    Le Ministère Public semble avoir été abusé par une cabale fallacieuse devenue aujourd’hui acharnement personnel. On peut s’interroger : désoeuvré, enragé ou cupidement intéressé ? Pourquoi « remettre le couvert » après avoir été débouté, d’après votre article, une 1ère fois en 2015 alors que cette dame ne nourrit plus les pigeons depuis longtemps.
    Par contre ce Syndic n’est pas pointilleux du tout pour l’habitant de cette même « résidence » qui chaque soir depuis 2015 – bien qu’ayant sa poubelle au balcon et les containers à sa porte – balance ses ordures depuis sa fenêtre du 2e étage rue Révolution sans s’occuper des passants et voitures: pots de yaourth, coquilles ou œufs entiers, oignons, bouteilles de vin éclatant au sol. (je m’en suis pris une en novembre !)
    Certes le pigeon est une nuisance réelle mais de nombreux moyens éprouvés existent pour l’enrayer. La Municipalité de Sète en use bien pour les mouettes et goélands. Une telle répression aberrante ne résoudra rien. Le véritable acte de malveillance c’est l’acharnement de la partie adverse.
    Honte au cabinet Alizées et courage à Marie.

  2. quand vous signez un bail en tant que locataire ,vous êtes en parfaite connaissance de ce que vous pouvez faire ou ne pas faire dans un immeuble ! je comprend les plaintes surtout que cela a duré plusieurs années .. les gens vivent maintenant en se moquant « du vivre ensemble » ,c’est moi d’abord et le reste je m’en fous !! drôle de société

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