Village club Thalassa : le maire de Mèze répond

POLÉMIQUE. Le 1er mai, Métropolitain avait évoqué la polémique née de la vente par la commune de Mèze du Village club Thalassa. Conseiller municipal dans l’opposition, Gilles Phocas avait dénoncé les conditions de cette vente. Le maire de Mèze, Henry Fricou lui répond :

« Tous les Mézois ne le savent pas forcément mais le Village Club Thalassa est une structure d’accueil touristique, propriété de la commune, dont la gestion a été confiée à la SEMABATH -Société d’Economie Mixte du Bassin de Thau- dans le cadre d’une délégation de service public. En 2016, la Ville de Mèze a pris la décision de vendre cet équipement. Aujourd’hui, cette solution est sur le point d’aboutir. Elle sera prochainement soumise au vote du conseil municipal. Certains ont pu s’interroger sur l’opportunité de céder ce bien communal à un opérateur privé. « Nous sommes, aujourd’hui, face à une décision cruciale à la fois pour le Thalassa et ses salariés, mais également particulièrement importante pour notre commune. Vendre le Thalassa, c’est sauver la structure, les salariés, et favoriser le développement d’une activité économique et touristique qui ne peut que bénéficier à Mèze. C’est aussi permettre à la Ville de mieux s’équiper au profit de la population.

Ne pas vendre le Thalassa, c’est condamner cette structure et son personnel à moyen terme. C’est mettre toute la Ville de Mèze en difficulté. C’est priver les habitants d’équipements publics indispensables à leur quotidien.

Depuis 15 ans, je mets un point d’honneur à ne pas augmenter les taux communaux d’imposition. Ne pas vendre le Thalassa, serait contraindre les habitants de Mèze à supporter une hausse de la fiscalité locale. Or, je ne veux pas augmenter les impôts et c’est dans ce sens que j’ai élaboré le budget de la Ville pour 2017. Enfin, ne pas vendre le Thalassa, c’est exposer la commune à la pire des solutions : une mise en demeure par l’Etat de vente de ce terrain à un promoteur immobilier. »

« D’abord, une commune n’a pas vocation à gérer une structure touristique. Cela n’entre pas dans la mission de service public d’une collectivité locale et nécessite un savoir-faire de spécialistes de l’accueil touristique qui s’appuient sur un véritable réseau de promotion. Le Thalassa n’est pas un équipement public. Il ne bénéficie pas à la population de Mèze.

Ensuite, parce que la structure se dégrade. Elle répond de moins en moins aux exigences qualitatives de la clientèle actuelle et ne correspond plus aux normes.

Aujourd’hui, malgré le potentiel qu’offre ce site, le Thalassa ne rapporte rien à la Ville et donc aux Mézois. Pire que ça, il coûte à la collectivité. Et la municipalité n’est pas en mesure d’assurer les investissements nécessaires à une revalorisation en profondeur de l’équipement autrement que par l’impôt. Selon les estimations les plus basses, il en coûterait près de 2 millions d’euros à la commune. Il est tout simplement inconcevable de faire supporter au contribuable Mézois la remise en état d’un équipement qui ne leur sert pas. À terme, cette situation aboutirait inexorablement à une mort lente du village de vacances et, par voie de conséquence, à des licenciements.

La décision de vendre le Thalassa repose à la fois sur ce constat, qui a été confirmé par un audit précis de la situation, et sur une volonté. Celle d’assurer un avenir à ce village club en passant le relais à des professionnels du tourisme capables de revaloriser la structure et d’en faire un véritable atout pour l’économie locale. Bien sûr, il n’a jamais été question de vendre le Thalassa dans n’importe quelles conditions.

La Ville de Mèze a imposé un cahier des charges précis qui tient compte de l’avenir du personnel et du maintien de la vocation touristique du site. Cela exclut tout projet de promotion immobilière sur cet espace. Quatre propositions de grands groupes spécialisés dans le tourisme ont été soumises à la commune. Notre choix se porte naturellement sur celle qui offre les meilleures garanties concernant l’avenir des salariés, le meilleur projet de revalorisation de l’équipement et le meilleur prix d’achat.

L’une d’entre elles a particulièrement retenu notre attention car elle répond en tout point au cahier des charges que nous avons imposé : le prix (2,7 M€), la qualité globale du projet, l’engagement d’investissements pour revaloriser la structure et la meilleure assurance de maintien des salariés qui est pour nous une condition incontournable. Il s’agit du groupe AEC Vacances dont l’expérience dans ce domaine fait référence. »

« La cession du Thalassa est un élément capital de la stratégie de la ville, mais aussi de son équilibre financier. Fort heureusement, nous avions anticipé cette situation. Rien dans les décisions que nous prenons n’est le fruit du hasard ou de l’improvisation. La vente du Thalassa s’inscrit totalement dans une logique de gestion visionnaire et responsable.

Outre le fait de sauver le personnel et de revaloriser la structure, la vente du Thalassa représente aussi un enjeu majeur pour l’avenir de Mèze. D’abord, il est important de procéder à cette vente dans les conditions les plus favorables, ce qui est aujourd’hui le cas, plutôt que d’attendre que l’équipement soit totalement dévalorisé. Ensuite, cette opération s’inscrit dans la volonté qui est la mienne de gérer la ville de Mèze de manière réfléchie, pertinente et responsable ».

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