Montpellier : le squat du Royal évacué par la police

JUSTICE. Le squat de l’ancien cinéma du Royal, dans la rue Boussairolles, à deux pas de la place de la Comédie à Montpellier a été évacué ce jeudi matin par les forces de police. L’opération a débuté vers 6h30. Les policiers de la Sécurité publique du commissariat central renforcés par une compagnie de CRS sont intervenus pour appliquer un arrêté préfectoral ordonnant l’expulsion des squatters. Un récent arrêt de la cour d’appel de Montpellier avait donné raison aux propriétaires de l’ancien cinéma de l’Écusson.

L’accès à cette rue et à d’autres, mitoyennes a été bouclé pour cette expulsion qui s’est déroulée sans incident, selon nos informations. Les riverains, confinés chez eux ont connu un réveil agité.

17 interpellations

À 7h, joint par Métropolitain, l’état-major de la direction départementale de la Sécurité publique -DDSP 34- avait confirmé l’expulsion du Royal occupé, sans pouvoir dire le nombre exact de squatters présents au moment de l’opération. Selon nos informations, 17 hommes et de femmes ont été interpellés et conduits à l’hôtel de police pour la procédure judiciaire supervisée par le parquet.

Les occupants de l’ancien cinéma transformé en « squat culturel » s’attendaient à recevoir la visite des forces de l’ordre d’un jour à l’autre.

>> En raison de cette opération de police et d’un regroupement de personnes solidaires des squatters expulsés, la circulation du tramway sur les lignes 1 et 2 a été déviée : les stations Louis Blanc, Corum et Comédie n’ont pas été desservies. Cette mesure n’a pas concerné le pôle gare Saint-Roch, desservi normalement.

« Départ sous 48 heures »

Les SDF du « Royal occupé » avaient investi les lieux illégalement il y a environ un an, onze mois exactement pour en faire un « squat culturel ». Le 30 mars dernier, les juges de la cour d’appel avaient ordonné le départ des occupants de l’ancien cinéma « sous 48 heures ».

L’ancien cinéma de la rue Boussairolles qui a fermé en 2014 était occupé par un collectif « de travailleurs pauvres, d’étudiants et de précaires », empêchant les propriétaires de vendre la bâtisse pour y construire des logements, près de la Comédie. Un programme immobilier qui va pouvoir être lancé.

Les 48 heures de préavis ne démarreront que lorsque les squatteurs recevront l’avis d’expulsion de l’huissier. Selon nos informations, cette visite de l’huissier de justice a eu lieu ces derniers jours, l’arrêt de la cour d’appel devenant exécutoire de plein droit.

Le Royal occupé était un squat pas comme les autres, ouvert au public et abritait des spectacles de danse, de théâtre, des concerts et des conférences, gratuits à chaque fois. Jusqu’ici, l’expulsion avait été évitée : le 9 août, le juge des référés du tribunal de grade instance de Montpellier avait, en effet estimé que le droit au logement prévalait sur le droit à la propriété.

Page Facebook

En février dernier, le collectif avait indiqué que « 20 précaires » habitaient au Royal. Et qu’en cas d’expulsion, ils se retrouveraient « à la rue ». Un drame avait cependant rompu avec l’enthousiasme qui régnait au sein du squat : un viol a eu lieu lors d’un événement public, comme l’avait révélé les squatters sur leur page Facebook. Le Royal occupé avait alors été fermé au public pendant deux semaines, puis a rouvert, avec le consentement de la victime et de sa famille, assuraient les squatteurs. Et récemment, un commando d’inconnus ivres, mais violents avaient attaqué les squatters pour un mobile inconnu. Deux enquêtes sont toujours en cours à la sûreté départementale de l’Hérault.

>> Prochain point sur la procédure en fin d’après-midi.

Les riverains et les piétons intrigués par cette présence policière matinale. Photo Métropolitain.
L’ex-cinéma le Royal.

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