L’Insolite du dimanche : « règlement de comptes » à Marseille

INSOLITE. Chaque dimanche, la rédaction retient une information inattendue, originale, rigolote puisée dans une sélection de la semaine écoulée, un événement réel survenu sur la planète. Aujourd’hui, nous restons dans le Grand Sud et nous allons plus précisément à Marseille pour une marrante histoire de lampadaires fantômes, qui sortent de l’ombre.

Dans la cité phocéenne, des réverbères sont restés branchés près de huit ans, hors de tout contrat, et il a bien fallu trouver quelqu’un pour régler la facture de 3,4 millions d’euros présentée par Enedis. La mairie de Marseille vient de s’y coller. Un drôle de « règlement de comptes », qui n’a rien à voir avec les assassinats sanglants dans les cités Nord !

Fin 2015, la filiale d’EDF chargée du réseau, Enedis a mis le doigt dans la prise, en faisant une incroyable découverte : 230 compteurs électriques affectés à l’éclairage public marseillais n’étaient couverts par aucun contrat de fourniture d’énergie. Le rapport a été adopté par le conseil municipal, lors de la séance de la semaine écoulée.

Aucune facture

En d’autres termes, ces lampadaires fonctionnaient, mais la ville n’était pas facturée des gigawattheures nécessaires à leur fonctionnement. Du coup, la ville de Marseille a accepté de payer la facture, à rebours, et va donc s’acquitter de 3,4 M€ pour rembourser la consommation de centaines de réverbères.

Mais, comment en est-on arrivé là ? Jean-Claude Gondard, directeur général des services -DGS- de la ville de Marseille, a expliqué vendredi, que le problème venait sans doute du fournisseur. « Enedis ne suivait pas bien la consommation d’un certain nombre de compteurs, ils se sont réveillés finalement, tardivement, près de huit ans après », a-t-il indiqué. « Quand on ne vous facture pas, vous ne payez pas ! » a souligné Yves Moraine, président du groupe de la majorité municipale au conseil municipal, maire des 6 et 8e arrondissements de la ville.

Petite ristourne

En tout, ce sont pas moins de 61 gigawattheures, soit 7,47 millions d’euros d’électricité qui ont été consommés durant environ huit ans, mais Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire Les Républicains a réussi à obtenir une petite ristourne de la part d’Enedis. Marseille versera 3,4 millions d’euros échelonnés sur trois ans pour régler le litige. « Nous leur avons demandé de ne pas nous mettre de charge excessive sur le dos au titre de leur insouciance », a précisé Jean-Claude Gondard, qui a par ailleurs estimé que le coût annuel de l’éclairage public à Marseille était estimé à 10 M€.

Un règlement de comptes sans tir de Kalachnikov, bon sang, ça va faire jaser sur la Canebière !

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