Crise : pourquoi les cabinets de radiologie seront fermés

SANTÉ. Les cabinets de radiologie de proximité -Clermont l’Hérault, Frontignan, cabinet du centre-ville de Béziers, La Paillade-Mosson à Montpellier, Lattes, Lodève et dans le Gard, à Sommières- fermeront toute la journée ce jeudi pour montrer à quoi ressemblera le futur de la profession.

Ces cabinets sont particulièrement fragilisés par la décision de l’Union nationale des caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) annoncée fin janvier, de procéder à la suppression d’une des majorations de tarif pour acte de radiographie -le modificateur Z- ainsi qu’à une baisse des forfaits techniques sur les équipements qui sont les plus répandus en France : Scanner 4 à 5% et IRM : les baisses vont de 2,5% à 9,5%.

Ces baisses font suite aux diminutions des valeurs des actes d’imagerie décidées depuis plusieurs années d’un montant de 900 millions d’euros. L’ensemble des médecins radiologues de l’Hérault, affiliés à la Fédération nationale des médecins radiologues -FNMR- souhaite ainsi alerter la population et les pouvoirs publics sur le risque de désertification médicale.

Fermetures nombreuses

Dans l’Hérault, entre 2008 et 2016, le nombre de centres de dépistage du cancer du sein est passé de 38 à 26. Ces dernières années, les cabinets de radiologie du Grau-du-Roi -Gard- de Mende en Lozère, de Saint-Jean-de-Védas, Pérols, plusieurs cabinets montpelliérains, de Mauguio -16’000 habitants-, de la Devèze à Béziers, dans l’Hérault, de Vauvert et de Vergèze, encore dans le Gard, ont déjà fermé. D’autres cabinets sont en danger.

« Qu’adviendra-t-il dans ces conditions des patients souvent âgés et/ou fragiles, lorsqu’ils devront subir un examen d’imagerie, quand ces cabinets seront définitivement fermés ? Les radiologues sont des médecins responsables, ils savent que l’imagerie est une spécialité structurante dans un territoire de santé. Souvent quand un cabinet ferme, les autres spécialistes s’en vont. Ils sont attachés à la qualité qui ne peut se faire qu’avec du matériel moderne, mais onéreux, employant du personnel de haute technicité. Il existe des solutions pour pallier cette désertification : coopération public-privé, coopération centre de proximité-centre d’imagerie lourde, télé radiologie. Mais, proximité et qualité ne peuvent s’appliquer que si un climat de confiance et de stabilité économique est rétabli avec l’UNCAM et que ces décisions iniques soient retirées », analyse le docteur François Klein, qui tire la sonnette d’alarme.

Il déplore que, « l’imagerie médicale ne doit plus être la variable d’ajustement des dépenses de santé, mais doit être considérée comme une priorité. Dans le cas contraire, UNCAM et ministère de la Santé portent la lourde responsabilité de favoriser la désertification médicale dans son ensemble, contrairement aux paroles proclamées ».

Bref, il faut sauver les médecins radiologues. Y a pas photo.

 

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