Montpellier : 5,3 kg d’herbe de cannabis saisis

DROGUES. La « filière du quai du Verdanson », à Montpellier a été décapitée par les policiers de la brigade des stupéfiants de la sûreté départementale de l’Hérault, au terme de neuf mois de discrètes investigations. Mardi, à l’heure du laitier, huit trafiquants présumés -six hommes et deux femmes- ont été interpellés dans le secteur compris entre le boulevard Louis-Blanc-place Albert 1er et les Beaux Arts, de part et d’autre du quai du Verdanson.

5,3 kilos d’herbe de cannabis -valeur 20’000 € à la revente-, 770 grammes de résine de cannabis, 110 grammes de cocaïne, 13’000 € en numéraires provenant des transactions ont été saisis. Pour l’anecdote, dans l’appartement du dealer principal où les clients venaient acheter la drogue, les enquêteurs de la Sécurité publique du commissariat central de Montpellier ont confisqué une machine de commerçant utilisée pour le comptage, le tri et la vérification de billets. Bref, les acheteurs de la drogue qui payaient en liquide n’avaient pas intérêt à régler avec de fausses coupures.

152 paires de basket

Autre découverte inattendue dans l’appartement d’un des revendeurs : 152 paires de basket -toutes de 42 de pointure- dont la plupart de valeur, puisqu’elles sont estimées au total à entre 16’000 € et 25’000 €. « Cette personne qui a été mise en examen est un collectionneur. Nous avons donc estimé que ce lot de chaussures de luxe constitue une valeur patrimoniale, d’où sa saisie, comme le sont habituellement des voitures ou des biens immobiliers », a expliqué ce vendredi après-midi Christophe Barret, procureur de la république de Montpellier, entouré de la commissaire Caroline Belda, chef de la sûreté départementale de l’Hérault.

15 clients par jour

Cette enquête d’initiative déclenchée en juin dernier à la faveur d’un renseignement obtenu par les policiers de la brigade des « stups » a rapidement mis en évidence l’existence d’un trafic organisé. Les observations effectuées durant neuf mois ont permis d’établir qu’en moyenne, 15 consommateurs de drogue dure -coke- et de cannabis -herbe et résine- venaient se ravitailler dans un appartement.

« La présence mardi de 5,3 kilos d’herbe de cannabis atteste que les trafiquants présumés avaient à la disposition des clients un stock importants permanent pour les satisfaire » relève la commissaire Caroline Belda. Après une enquête préliminaire de six mois, le procureur de la république de Montpellier a ouvert une information judiciaire au cabinet d’un juge d’instruction, pour poursuivre les investigations sur commission rogatoire avec l’installation d’écoutes téléphoniques, en supplément des surveillances, planques, filatures et films vidéos des transactions.

Le réseau était structuré : les deux femmes, dont la concubine d’un des principaux dealers servaient de nourrice, c’est à dire que les drogues étaient conservées chez elles.

7 policiers à plein temps

Huit trafiquants présumés ont été pris dans le coup de filet de mardi matin. Tous ont été mis en examen. Ils sont âgés de 24 ans à 40 ans. Ce soir, trois d’entre-eux ont été placés sous mandat de dépôt, les trois autres étaient en cours de présentation devant le juge d’instruction. Les deux femmes ont été laissées libres sous contrôle judiciaire.

Les sept enquêteurs affectés à la brigade des stupéfiants de la sûreté départementale de l’Hérault ont été mobilisés à plein temps pendant neuf mois, pour réunir un dossier complet ayant permis le démantèlement de cette active « filière du quai du Verdanson ».

Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret a salué l’excellent travail de ces enquêteurs de la Sécurité publique dans la lutte contre le trafic de drogue en centre-ville. Il en a profité pour présenter à la presse Audrey Kaufman. Elle a pris ses fonctions de chef de cabinet du procureur le 1er mars. Elle est notamment en charge de la communication du parquet de Montpellier. Audrey Kaufman arrive de l’Inspection de la Marine nationale, après avoir notamment été en poste à la Région des Hauts-de-France -ex-Nord-Pas de Calais- et à la métropole de Lille.

La rédaction de Métropolitain lui souhaite la bienvenue.

Le procureur, la commissaire Belda et à droite, Audrey Kaufman, chef de cabinet de Christophe Barret en charge de la communication depuis le 1er mars. Photo JMA

 

2 Comments

  1. La dépénalisation, c’est pour quand ? Parcque en attendant, les candidats aux présidentiel joue la dessus (Hollande, Mélanchon, Hamon ect.. ) et qu’en attendant, l’argent de ce trafic part a l’étranger nourrir des réseaux de mafieux alors que c’est la secu de la France qui en paye le prix. (CF le tabac, l’alcool ect..)

  2. Bravo pour les forces de police et l’appareil judiciaire qui veille à arraisonner les contrevenants à la loi. Mais, ne pourrait-on pas s’interroger sur ce phénomène de prohibition qui dure depuis plus de 45 ans ?
    15 clients par jour, ça fait combien de marchandise distribuée ? S’il y a une demande aussi forte, comment arrêter le trafique ?
    Et en fait, pourquoi interdit la consommation ? Pour protéger les consommateurs ? En les mettant en prison, d’après la loi ?!
    Qui protège-t-on en réalité, si les « victimes », les consommateurs, sont considérés comme des coupables ?
    Y a-t-il des victimes par une autre cause que le seul contexte de prohibition ?
    Le mésusage des drogues, les effets délétères ne sont-ils pas dues finalement qu’au seul contexte de prohibition, qui livre aux mafias un marché qui devrait être logiquement contrôlé par la santé publique ?
    Pourquoi toujours faire un peu plus de la même chose alors que cela n’endigue en rien la consommation de drogue, vus son augmentation exponentielle au gré de lois de plus en plus répressives, depuis plus de 45 ans ?
    La plus part des organismes internationaux, dont l’ONU font le constat d’une guerre à la drogue inutile, inefficace et dommageable pour les populations et demande à supprimer ces lois qui ne sont que des tonneaux de Danaïdes !
    Combien de temps encore va-ton considérer, la frange des consommateurs en danger, comme des délinquants, sous prétexte de les protéger ?

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