Gendarmerie : des brigades de contact en projet

SÉCURITÉ. Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a officiellement lancé lundi un dispositif expérimental baptisé « brigades territoriales de contact » -les BTC- destiné à renforcer la présence des gendarmes « sur le terrain ». Expérimenté depuis le 1er février dernier pour une période de six mois, ce dispositif « poursuit un objectif prioritaire: renforcer la qualité de la relation qu’entretiennent les gendarmes avec les élus et la population, dans le cadre d’un véritable service de proximité », selon le ministère de l’Intérieur.

L’expérimentation des « brigades territoriales de contact » est mise en place dans 30 brigades sur les 3’111 que compte la Gendarmerie nationale sur l’ensemble du territoire français. 24 départements sont concernés.

Aucune brigade ici

Interrogé ce mardi matin par Métropolitain, le cabinet du général Jean-Philippe Lecouffe, commandant en second de la région de gendarmerie d’Occitanie, commandant le groupement de gendarmerie de l’Hérault a indiqué que, « à ce jour, aucune brigade de l’Hérault, ni des départements du Languedoc et du Roussillon -Gard, Aude, Lozère et Pyrénées-Orientales- ne figurait parmi les 30 retenues actuellement », ajoutant que, « il y aura bien des BTC ici, bien entendu, notamment dans des zones montagneuses lointaines, isolées, avec deux ou trois gendarmes qui assureront une permanence deux ou trois jours par semaine, par exemple, où ils iront à la rencontre de la population, des commerçants et des entrepreneurs. La fermeture de ces brigades rurales ne sera plus à l’ordre du jour ».

De quoi rassurer les maires de ces zones reculées, où il existe tout de même un peu de délinquance. Chaque commandant de groupement de l’Hérault, de l’Aude, du Gard, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales est en train d’établir en ce moment une liste de ces brigades rurales, qui pourraient devenir des BTC. Un recensement dans le cadre du projet que le ministre veut voir aboutir d’ici la fin de l’année.

Sur le terrain avec des équipements

« Ces brigades seront équipées de nouveaux moyens technologiques permettant aux gendarmes de traiter sur le terrain une part importante de l’activité auparavant effectuée dans les locaux de l’unité, renforçant par là leur présence sur le terrain », selon le ministère de l’Intérieur.

Concrètement, les militaires expérimentant ce dispositif vont se voir décharger de certaines missions, par exemple des actes de police ou des tâches administratives, « pour qu’ils puissent se déplacer au plus près des gens » et se recentrer sur « la police judiciaire de proximité, le contact avec la population et le renseignement », précise l’entourage du ministre. Téléphones portables et tablettes doivent permettre à ces gendarmes « de retrouver leur environnement de travail dans leur mobilité ».

« Je suis particulièrement attaché au maillage territorial fort et efficace de la gendarmerie nationale, amenée à adapter en permanence son organisation aux évolutions de la délinquance et aux mouvements de la population », a déclaré Bruno Le Roux. Le ministre a fait le déplacement, lundi après-midi, à la brigade territoriale de gendarmerie de Saint-Richaumont, dans l’Aisne, pour lancer l’expérimentation.

Gendarmes visibles

Lors de son audition, le 18 octobre 2016, devant la Commission de la défense nationale et des forces armées, dans le cadre du projet de loi des Finances 2017, le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Richard Lizurey, avait indiqué vouloir « rendre présence et visibilité à la gendarmerie nationale, en particulier aux petites brigades ».

« C’est essentiel, car nous avons pu perdre le contact ici ou là, à la faveur des évolutions successives et de la +rationalisation+ à laquelle nous avons procédé. Je ne veux pas dire par là que celle-ci n’était pas une bonne chose, simplement que nous devons maintenant nous interroger sur l’évolution à venir », avait expliqué le général Lizurey.

La révolution est en marche dans la gendarmerie, dont la direction générale est rattachée au ministère de l’Intérieur et non plus à celui de la Défense et des Armées. Les gendarmes conservent toutefois leur statut de militaire.

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