Lettres piégées : les anti-corridas réagissent

CORBEAU. Le mystère reste entier ce lundi après l’envoi d’une vingtaine de lettres anonymes piégées avec des lames de rasoir et de cutter à des personnalités du monde tauromachique par un ou des corbeaux. Les courriers ont été postés dans le Gard. Des enquêtes sont en cours.

Les enquêteurs ont remarqué que seuls des têtes connues du milieu taurin étaient visées par ces lettres piégées. Les investigations s’orientent du coup vers un ou des anti-corridas, sans viser bien entendu des responsables d’associations. S’agit-il de l’oeuvre d’un militant isolé ? Trois responsables de la lutte anti-corridas qui vivent en Occitanie se disent étonnés d’être montrés du doigts par les destinataires de ces courriers de menaces. Et réagissent.

Claire Starozinski, de Nîmes, l’active présidente de l’Alliance anti-corrida précise que, « aucune enquête n’a jamais démontré la culpabilité des anti-corridas. Le milieu taurin est un monde sans pitié, pourquoi ne pas chercher de ce côté-là ? ».

Thierry Hély est le président de la Fédération des luttes pour l’abolition des corridas, la FLAC, dont le siège est à Agde. La FLAC est née au lendemain des “Journées Européennes Anticorrida” d’avril 1993 à Béziers. Elle concrétise la volonté des associations de Protection Animale de s’organiser en vue de l’éradication de la violence tauromachique.

« Il s’agit d’un véritable acharnement. Celui qui répète ces actes ne peut-être qu’un déséquilibré. Mais, c’est un peu trop facile de pointer du doigt les anti-corridas. Il existe des luttes d’influence dans le milieu taurin, que cela peut venir de là. Quelqu’un voudrait se venger d’une décision ou autre, c’est possible aussi, non ? », s’interroge t-il.

La position du CRAC

La FLAC lutte pour l’éradication de la violence des arènes, sous toutes ses formes :

  • Souffrances infligées aux spectateurs (notamment les enfants)
  • Cruauté et violence envers les animaux (taureaux et chevaux). La FLAC rassemble 13 associations fédérant près de 200.000 membres.

Un des principaux groupes anti-tauromachie, le Comité radicalement anti-corrida (CRAC), a « condamné fermement » l’envoi de ces lettres piégées, notamment à Simon Casas, qui gère notamment les arènes de Madrid, Nîmes et Mont-de-Marsan et le torero arlésien, Juan Bautista.

« Cela étant dit, les blessures infligées aux destinataires ne sont rien en comparaison des banderilles plantées dans le dos des taureaux », précise le CRAC.
Sous l’autorité du procureur de la République, les enquêteurs poursuivent leurs investigations autour d’une piste gardée secrète.

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