Urbanisme : recours contre le projet des Hauts de Lattes

FRONDE. Le projet immobilier des Hauts de Lattes, près du hameau de Boirargues, au sud de Montpellier continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Avec ce nouvel épisode que révèle Métropolitain : un recours vient d’être déposé au tribunal administratif.

Après une très forte mobilisation des riverains opposés au projet, lors de l’enquête publique -640 personnes ont fait part de leur désapprobation du projet auprès du commissaire enquêteur- l’association Lattes Environnement et Paysages (LEP) -à laquelle se sont associés, l’association « Non au Béton » et plusieurs riverains- a déposé un recours contre le projet des « Hauts de Lattes », dans la zone du Soriech, avec la construction prévue de 2’000 logements à terme.

Les  « Hauts de Lattes » est un programme immobilier venu se greffer sur celui de « Ode à la mer », selon l’association LEP, qui mène un combat au quotidien. « Pourtant, alors que « Ode à la mer » est la mise en œuvre d’un pari ambitieux, celui de restructurer des zones commerciales désuètes, de les dynamiser, d’y implanter des logements et d’y créer une vie de quartier tout au long de l’avenue de la Mer, de Montpellier à Pérols, le projet des « Hauts de Lattes » n’entre pas dans cette dynamique. Il n’est pas situé le long de l’avenue de la Mer, il ne s’insère pas dans une zone commerciale existante et il consomme du terrain agricole qui est très rare de ce côté-ci de la métropole », dénonce un responsable de l’association LEP.

Selon cet opposant, « c’est persister avec la politique de l’étalement urbain, modèle de développement issu des années 1980 ou 1990, qui est obsolète aujourd’hui. Les « Hauts de Lattes » c’est venir détruire de l’espace agricole et naturel. Des espaces verts ne remplaceront jamais des espaces naturels, c’est venir construire sur le point culminant de la commune, c’est venir éventrer les coteaux de la Lironde avec deux immeubles qui vont arriver sur la crête, c’est venir générer du trafic routier supplémentaire alors que la circulation est déjà très difficile sur la commune de Lattes ».

Espèces protégées en danger

La LEP se dit « conscient qu’il faut construire des logements, rapidement, mais d’autres terrains peuvent être ouverts à l’urbanisation sur la commune de Lattes, comme La Dent Creuse de l’Estagnol, le long de l’avenue de la Mer par exemple. Heureusement, il existe des lois et des règles qui protègent des secteurs, comme celui des coteaux de la Lironde ».

« Si l’association LEP saisit le juge administratif, c’est pour faire les faire appliquer » prévient un des responsables, particulièrement actif sur ce dossier polémique :

  • La loi littoral d’abord : cette loi a été mise en place pour éviter le mitage du paysage vu depuis le littoral, on ne peut construire qu’en continuité d’une zone déjà urbanisée. Le périmètre des « Hauts de Lattes» n’est pas en continuité avec les quartiers de Lattes-centre, ni de ceux de Boirargues.
  • les lois issues du grenelle de l’Environnement: sur le secteur à urbaniser, des chiroptères, des oiseaux et de la faune sauvage protégée vivent sur les terres en friche. Les dérogations auprès du préfet n’ont pas été demandées pour construire sur ces espaces où vivent des espèces protégées, alors que c’est obligatoire.
  • Les règles dictées par le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT), document-cadre qui s’applique sur toute notre commune. Sur ce secteur des « Hauts de Lattes», le SCOT donne des orientations en terme de typologies d’habitation : des petits immeubles sans ascenseurs, des habitats groupés de type maisons multifamiliales, des maisons individuelles en bande. Indéniablement, le projet des « Hauts de Lattes », avec ces immeubles pouvant atteindre 7 étages n’est pas compatible avec ces orientations.

Et de conclure que, « ce projet se fait sans les Lattois : pas une seule réunion publique pour le présenter, pas un seul encart dans le journal communal, aucune communication avant l’enquête publique ».

83’000 m2 de logements

Le maire de Lattes, Cyril Meunier a expliqué le projet immobilier des Hauts de Lattes à une trentaine de commerçants et d’entrepreneurs, qu’il avait réunis, avant que n’éclate la fronde associative et le recours déposé auprès du tribunal administratif de Montpellier.

Selon le maire, 83’000 m2 de logements seront érigés dans ce programme immobilier des Hauts de Lattes, avec très peu de commerces, en marge du vaste projet Ode 1 porté par Montpellier Méditarranée Métropole, le long de la route de la Mer, de Montpellier aux portes de Pérols.

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *