Philippe Saurel : « Le domaine de Beauregard n’est pas à vendre »

DOMAINES. Lors du conseil de la métropole de mercredi soir, Max Levita présentait le rapport d’orientation budgétaire durant lequel il développa les piliers de la stratégie d’économie de fonctionnement de Montpellier3M.

Le délégué aux finances y préconise « d’engager une gestion active de notre patrimoine. Il y a des éléments dont nous pouvons nous séparer » . Ce qui donna l’occasion à Philippe Saurel de préciser quelques éléments sur la vente de certains domaines de la métropole.

La Providence et la Pompignane mal utilisés

« Nous avons souhaité mettre à la vente deux domaines : celui de la Providence et celui de la Pompignane » rappelle le président. Il faut également ajouter une partie du domaine de Viviers.

Philippe Saurel évoque la raison de ces ventes : « Nous pensons que ces deux domaines n’ont pas l’usage qu’ils devraient avoir. Garder le domaine de la Pompignane pour louer deux ou trois fois la salle chaque six mois je trouve que c’est de la mauvaise gestion que l’on va corriger » .

Il rappela que lorsqu’il était adjoint à l’urbanisme, il avait fait « modifier le zonage pour permettre la création d’un programme avec des logements mais aussi de permettre au parc de la maison de retraite Laroque d’être accessible aux habitants de ces logements privés qui se feront à côté. Donc c’est un vrai programme intelligent immobilier qui est en train de se mettre en place » .

L’année dernière, Philippe Saurel avait évoqué ses intentions dans un entretien accordé à la Lettre M : « Avec le produit de ces deux ventes, je souhaite réhabiliter le mas du Domaine de Méric, pour en faire un lieu de réception des visiteurs de marque – villes jumelles, ministres, écrivains, journalistes, … L’aménagement prévoit la création de quelques chambres d’hôte, à l’intérieur de la bâtisse existante. Les travaux sont estimés entre 2 et 3 M€. Cette opération pourrait se réaliser dans le mandat » .

Le domaine de Beuregard sur fond de duel Saurel-Delafosse

Philippe Saurel a tenu à effectuer une mise au point : « Je le dis très clairement, car il y a quelques acheteurs qui nous font des propositions. Il est hors de question de vendre le domaine de Beauregard (…) Il y a là de quoi prévoir à moyen terme des installations importantes pour les quartiers qui vont se développer mais aussi pour pouvoir protéger des terres agricoles » .

Il n’a ensuite pas boudé son plaisir à rappeler l’historique récente des ventes du domaine de Beauregard : « Lorsque j’étais adjoint à l’urbanisme (ndlr : en 2006) ce domaine a été vendu et la Ville de Montpellier a préempté sur cette vente, parce qu’il nous semblait important de préserver les terrains qui étaient aux abords de l’autoroute, de la ligne de TGV et de la gare de la Mogère. Quand une vente est préemptée il faut attendre 5 ans pour la revente » .

Débute alors la partie politique de l’histoire donnant lieu à quelques règlements de compte, sous forme de coups de billard à trois bandes : « Entre temps, Madame Mandroux m’a retiré mes délégations d’adjoint à l’urbanisme. C’est Monsieur Delafosse qui est devenu adjoint à l’urbanisme et qui l’a vendu à Monsieur François Fontès, architecte de la ville (ndlr : en 2012 pour 1,33 M€. Michaël Delafosse s’en était expliqué dans L’Agglorieuse). Je me suis insurgé sur cette vente, qui ne me paraissait pas répondre à l’intérêt général » .

Plusieurs personnalités comme le conseiller municipal UMP Christian Dumont, avait également montré leur désapprobation. Philippe Saurel poursuit : « Et Monsieur Moure s’est également insurgé. En tant que président de l’Agglomération, il avait la même opinion que moi et avait demandé à ce que, au titre des abords de la gare de la Mogère, que le domaine de Beauregard soit préempté par l’Agglomération cette fois-ci. Donc, quand je suis devenu président de l’Agglomération (ndlr : en 2014), j’ai retrouvé le domaine de Beauregard, que l’on avait tenté de subtiliser à la Ville et à l’Agglomération » .

Il a ensuite développé sa vision pour le domaine de Beauregard : « L’intérêt, c’est qu’à proximité de la gare de la Mogère, non loin de l’A9 et du TGV, à proximité du lycée Pierre Mendès-France, à proximité des autres propriétés que la métropole possède dans le secteur, et les vignobles qu’elle détient, cela fait un ensemble, qui à terme est évalué à une dizaine d’hectares, peut être l’objet d’un aménagement intelligent. Gouverner, c’est prévoir. Et faire de la prospective en terme de foncier, c’est gérer notre patrimoine commun. Beauregard reste notre propriété, dans l’intérêt de la métropole pour les 20 ans à venir » .

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