Le passage Clemenceau, un village au coeur de la ville

CHANTIER. L’îlot de 3 hectares où se dressait jusqu’en 2011 le lycée Pierre Mendès France sur l’avenue Georges Clemenceau est pour l’heure un vaste chantier où s’activent grues et ouvriers. Fin 2017, le Passage Clemenceau proposera 262 logements dont 50 logements sociaux et 49 logements pour les séniors, 5 résidences d’artistes, un commerce de 200 m2 et 307 places de parking en sous-sols.

« Avec Stéphanie Jannin nous sommes persuadés que cela fera la une des livres d’architecture en Europe » s’enthousiasme Philippe Saurel. Les raisons de cet espoir sont nombreuses. Avant même la conception du projet, il y a en 2010 l’acquisition du lieu. Le maire de Montpellier explique : « C’est une transaction de la région Languedoc-Roussillon présidée par Georges Frêche qui a cédé à un prix modique (« 3,6 M€ incluant également l’École Polytechnique Féminine de l’autre côté de la rue et la mise à disposition du foncier pour la reconstruction du lycée » précisera t’il plus tard) à la Ville via la SERM. C’est un cadeau de Georges Frêche à Hélène Mandroux » . Ce prix d’achat du terrain engendre une charge foncière moyenne de 300 € le m2. Et la possibilité de réaliser un projet ambitieux pour un coût de 28,4 M€.

Le Passage Clemenceau a été imaginé par l’agence d’architectes Cusy Maraval et la réalisation confiée à trois promoteurs (Kaufmann & Broad, Pitch Promotion et M&A Promotion). L’architecte Gilles Cusy voit ce projet comme une expérience basée sur le mode de vie méditerranéen avec la rue comme élément central : « Une rue débarrassée de la présence quotidienne des voitures, une rue vivable dans laquelle on peut marcher, parler, s’installer un moment, laisser jouer ses enfants… Une rue qui redevient un lieu de socialité, un lieu de vie, un salon urbain » . Pour casser la densité d’habitations, de vastes voies communes parcourront le site, de petites places donneront de la respiration et la végétation aura son importance avec « une cinquantaine d’arbres plantés dans les jardins des particuliers qui bordent les rues pour créer le paysage » . Pour Gilles Cusy, « le mélange entre les architectures des différents types d’habitation fait que c’est une expérience assez unique que nous réalisons » . Ce qui donne cette impression de « village dans la ville » .

Philippe Saurel, qui était adjoint à l’urbanisme quand le programme a été initié, évoque d’autres arguments pour ce site comme d’être « une voie centrale pour communiquer entre Rondelet et Clemenceau« , « d’assurer la diversité sociale et urbaine à l’intérieur de l’ilot« , « de densifier la trame verte » ou que « les habitants ont choisi le nom » . Il n’oublie pas de rappeler que « ce secteur sera irrigué par la 2e phase de la ligne 5 du tramway » .

Il faut ajouter « la dimension collective » voulue par Gilles Cusy avec les ateliers d’artistes, une salle commune, un potager partagé…  Autres originalités avec un parcours de santé, une promenade botanique ou encore une emplacement réservé aux Food-Trucks. Sans oublier la présence d’un gardien qui aura sa loge sur place. Pour Stéphanie Jannin, il s’agit là « d‘un bout de quartier exemplaire car on est parfaitement dans le renouvellement urbain. Il y a de l’innovation dans la manière d’habiter, de partager les espaces, d’y circuler » en ajoutant que ce sont « 260 logements que l’on ne construit pas sur des terres naturelles » .

Le Passage Clemenceau offre de grandes et belles promesses. Ce vaste projet pourrait définir un modèle de quartier pour les années à venir. C’est ce qu’espère Christophe Pérez, directeur de la SERM : « Le Passage Clémenceau est un très bel exemple que l’on pourra reproduire sur la ville et qui j’espère sera reproduit en Europe« .

32 Comments

  1. Oui vraiment beau. Mais un passage que pour de piétons au milieu des immeubles sera le endroit parfait pour la raceille faire du deal. Ça suffit de voir la zone verte de malbosc.

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