Tous les espoirs sont permis pour les soutiens de Benoît Hamon

À quelques jours du premier tour de la primaire de la gauche, les soutiens locaux de Benoît Hamon ont le sourire. Son mandataire départemental Michaël Delafosse, entouré de quelques membres du collectif de campagne, se réjouit de la qualité de la campagne : « Les débats ont été assez stimulants sur le plan des idées. Nous avons un peu la conviction que la candidature de Benoît Hamon a plutôt participé à rafraîchir les idées. D’ailleurs, beaucoup des thématiques qu’il a portées ont fait l’objet d’éditos, de prises de position de chercheurs, de gens du monde associatif et syndical. Cette campagne a été vivifiante d’un point de vue démocratique à gauche » .

Une campagne enthousiasmante

La premier satisfaction vient de l’accueil qu’ils décrivent lors de la distribution des tracts ou des réunions publiques. Sébastien Cote, professeur d’histoire à Montpellier, militant socialiste, soutien de Benoît Hamon depuis plusieurs années, témoigne de cette enthousiasme : « Il y avait urgence à redonner un peu d’espoir à gauche. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas pris autant de plaisir à faire une campagne électorale. Entre nous, déjà, et en rencontrant les gens. Ne serait-ce que cela c’est le signe d’un dynamisme retrouvé » .  Lorenzo Salvador, 25 ans, étudiant à l’Université Paul Valéry, secrétaire national à l’écologie chez les jeunes socialistes, avance un élément d’explication :  « Benoît Hamon fait, et ce n’est pas très adapté au format meeting, de très longues explications. Il n’est pas là pour faire des grands effets de manche » .

Michaël Delafosse se félicite de ce regain d’intérêt pour la chose politique : « Un élément qui fait extrêmement plaisir c’est qu’on a le sentiment que beaucoup de gens ont repris plaisir à débattre sur les idées, à ne pas passer leur temps à se chamailler sur des choses secondaires mais à débattre de manière passionnée, passionnante, passionnelle des propositions de Benoît Hamon » . Une explication à cela est peut être avancée par Fatima Bellaredj, militante PS, féministe travaillant dans l’économie sociale et solidaire : « On a retrouvé dans nos réunions publiques plus de sympathisants que de gens encartés. Ça c’est une surprise pour nous » .

Toujours incrédule du succès de la venue de Benoît Hamon au Corum, Michaël Delafosse voit bien plus loin pour sa famille politique : « Partout les salles sont remplies. C’est le signe que la gauche est bien vivante. Et quand la gauche essaie de voir loin, au-delà des seuls cent jours du quinquennat, mais bien sur une décennie voire, peut-être, penser le monde à une génération, et bien là, les gens de gauche se remobilisent, se réintéressent, se réimplique » .

Des propositions irréalistes ?

Certains accusent Benoît Hamon d’avancer des propositions irréalistes. À ceux-là Michaël Delafosse répond : « Michel Rocard, quand il a fait le RMI, on entendait ce n’est pas réaliste. Quand Pierre Laroque, au lendemain de la guerre, dans un pays en ruine, a écrit les premières ordonnances en faveur de la sécurité sociale, ce n’était pas réaliste. Le but de la gauche c’est de penser des solutions dans un monde qui est en profonde mutation » .

Et de prendre à témoin ses camarades autour de la table : « Les gens qui sont là ont moins de 45 ans. Depuis que l’on a conscience, d’un point de vue politique, on entend que notre monde est en crise. Il est temps d’apporter des solutions à la crise. La candidature de Benoît Hamon ne prétend pas avoir LA solution mais elle prétend mettre sur la table des solutions » . Le revenu universel est, par exemple, l’une de ces « solutions » attaquées par d’autres candidat. Michaël Delafosse explique : « Nous ne disons pas que le revenu universel va se mettre ex nihilo en place. Nous disons aujourd’hui qu’il faut commencer par les jeunes. Ce sont eux qui sont le plus en situation de difficulté » .

« Redynamiser et redonner de la confiance en la démocratie« 

D’après les soutiens de Benoît Hamon, certaines propositions de leur candidat séduisent des personnes qui s’étaient désintéressées de la politique. Le 49.3 citoyen par exemple que Michaël Delafosse voit comme « une alternative aux manifestations ou aux grèves. (…) Nous pensons que 450 000 personnes qui se constituent et souhaitent mettre une question en débat doivent pouvoir le faire. Ensuite, notre démocratie est suffisamment mature pour pouvoir en discuter si cette proposition est acceptable ou pas« . Et d’évoquer également la reconnaissance du vote blanc ou les nombreuses votations comme cela est pratiqué en Suisse.

Légalisation du cannabis

La légalisation du cannabis, idée depuis longtemps laissée de côté par les politiques français, fait partie des propositions dont Benoït Hamon s’est emparé et qui réjouit Michaël Delafosse : « Je suis très heureux que la question de la légalisation du cannabis ait pu être débattue sereinement dans notre pays loin de tous les anathèmes que cela a suscité chaque fois que des responsables politiques ont dit sur ces questions là il faut bouger » .

Après avoir évoqué la demande d’élus de Marseille parmi 150 habitants de légaliser le cannabis Michaël Delafosse explique sa position et celle de Benoït Hamon : « Aujourd’hui l’économie souterraine du cannabis, c’est des marchands de mort. La politique pénale que nous avons sur la question  n’a pas résolu la question de santé publique que pose le cannabis. Nous avons pour les consommateurs la législation pénale la plus sévère d’Europe avec 5 ans de prison. Évidemment la justice n’applique pas ces peines. Mais néanmoins on est dans le non sens. Et là, cette proposition a pu être débattue sereinement lors du deuxième débat télévisé. On voit bien que les convictions évoluent. Nous on dit que l’argent qui est consacré à la répression doit être consacré à la prévention » .

Un second souffle pour la gauche

La comparaison avec la primaire de la droite sera inévitable. Même s’il pense que la participation sera moindre, Michaël Delafosse « invite les gens à se mobiliser parce que c’est une chance donnée aux hommes et femmes de gauche de pouvoir désigner leur candidat à l’élection présidentielle. Il y a ceux qui s’autoproclame ou ceux qui sont désignés par des conclaves d’appareil. Là c’est ouvert au peuple de gauche et on souhaite que le peuple de gauche soit aussi fort que le peuple de droite » .

Évidemment le socialiste montpelliérain n’exclue pas un passage au second tour de Benoît Hamon ce qui donnerait selon lui « un second souffle pour la gauche » .

Sébastien Cote voit son candidat comme le seul à pouvoir en cas de victoire à la primaire, rassembler toute la gauche : « Compte tenu du rôle que Benoît Hamon a joué dans la fronde contre Manuel Valls, contre le 49.3, s’il y a aujourd’hui dans la primaire un candidat dont le positionnement peut permettre d’aller voir de Jean-Luc Mélenchon à Yannick Jadot et au delà c’est lui » . Mais avant de penser aussi loin, il faudra déjà que les intentions de vote envers Benoît Hamon se concrétisent dans les urnes déjà ce dimanche. Sinon seul restera pour ces militants le souvenir d’une belle campagne.

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