Pompiers : boycott des Autonomes du Sdis 34

La crise couve toujours au sein des sapeurs-pompiers de l’Hérault. Le Syndicat Autonome (SA 34) du Sdis de l’Hérault a ainsi boycotté la réunion préparatoire organisée en vu du comité technique de vendredi. Et les délégués du SA 34 ne se sont pas présentés à ce comité technique, le jour de la célébration de la Sainte-Barbe, à Vailhauquès.
« Nous sommes allés à la réunion préparatoire du comité technique, mais à notre arrivée, le colonel Christophe Risdorfer, le directeur du Sdis 34 a souhaité présider celle-ci. Connaissant sa méthodologie, son sens de l’écoute et sa prise en considération des avis qui divergent du sien, nous lui avons fait savoir que s’il comptait diriger cette réunion nous n’y participerions pas. Suite à des échanges où il a expliqué sa légitimité, nous avons quitté la salle en affirmant notre position. Vendredi avait lieu le comité technique. À l’ordre du jour il y avait entre autres dossiers, le régime indemnitaire de l’ensemble du personnel du Sdis 34. Jugeant que ce dossier est au moins aussi important que celui des critères en CAP, nous souhaitions la même prise en compte, à savoir un groupe de travail avec un élu qui nous permettrait de tout remettre sur la table. Nous ne sommes pas des pantins qui entérinent ou pas des rapports qui passent quoi qu’il en soit dans la foulée devant le conseil d’administration. C’est pourquoi nous avons convenu de ne pas nous présenter à cette commission de manière à ce que le quorum ne soit pas atteint. Par conséquent, le comité technique ne s’est pas tenu et les rapports ne sont pas passés en conseil d’administration du Sdis 34, le Casdis. Nous ne sommes pas des adeptes de la chaise vide, mais cette manœuvre était indispensable pour bloquer un rapport si important, qui ne doit pas être pris à la légère » explique t-on au Syndicat Autonome du Sdis 34.
Dans la foulée, vendredi, se tenait le Casdis, où le SA du Sdis 34 était représenté par le vice-président. Celui-ci avait prévu une longue prise de parole, afin d’apporter une réponse au dernier communiqué de Kléber Mesquida, président du Département de l’Hérault et du Casdis.

Méthodologie saluée

Dans une longue prise de parole, le SA du Sdis 34, « lassé de constater que la situation ne cesse de se dégrader au Sdis 34 », a salué la méthodologie du président Mesquida, le félicitant de s’être entouré des services du colonel Pierre Anselme et le remerciant « d’avoir su réagir dans l’urgence, lorsque nous vous avons dénoncé les conditions de travail dans le centre de secours principal Jean Guizonnier, à la Mosson-la Paillade à Montpellier, puis suite au dramatique accident qui a meurtri notre département en demandant l’amélioration de la sécurité et en débloquant des fonds, enfin en exprimant votre volonté de replacer l’opérationnel au cœur des préoccupations ».
Les Autonomes du Sdis 34 ont prévenu à Kléber Mesquida : « Désormais nous attendons la concrétisation de vos paroles », avant de pointer « ce qui pêche dans le département. Nous sommes incapables de travailler sur le long terme en se projetant afin d’anticiper les besoins et les problèmes pour arrêter d’agir uniquement dans l’urgence. Un des exemples : le dossier de la couverture du grand Montpellier qui identifiait la nécessité de créer un, voire deux centres supplémentaires est sorti en 2009. Or, à ce jour, 7 ans plus tard, rien n’a été entrepris. La couverture de Montpellier est indigne d’un département de première catégorie ».

Troisième caserne

Vendredi, à l’issue de la Sainte-Barbe, le président du conseil départemental de l’Hérault a assuré qu’un terrain était recherché pour implanter la troisième caserne dans un lieu stratégique autour de Montpellier. Sur les risques majeurs de l’Hérault, le Syndicat Autonome dresse un constat inquiétant : « depuis de nombreuses années, les premiers intervenants qui sont le plus souvent des non spécialistes ne sont pas équipés d’effets leur permettant de travailler en sécurité. Au Sdis 34, on attend les incidents ou les accidents pour réagir ». Sur les feux de forêt, même colère : « nous avions alerté sur l’état des véhicules affectés l’été dernier aux groupes d’intervention, GIFF, c’est-à-dire les premiers intervenants et malheureusement sans conclure sur quoi que ce soit car nous avons depuis le début voulu respecter à la fois la douleur des familles et les enquêtes en cours, mais vous connaissez la suite tragique. Notre département est marqué à tout jamais ».
Les Autonomes ont enfin évoqué deux dossiers majeurs internes aux casqués : la réforme de la filière et le régime de travail au Sdis 34, avec une grève illimitée en cours à la caserne de Lunel, en raison de la mise en oeuvre retardée des 12h de garde, au lieu des 24h, selon le même fonctionnement qu’au centre de secours principal de Béziers.

1 Comment

  1. Encore les mêmes qui ont sauvé la tête de leur directeur en signant le protocole d’accord et maintenant veulent la lui coupée après avoir eu quelques avantages. …….Bravo !!!!!!

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