Montpellier : un Africain vit sur le parvis de l’hôtel de police

Un jeune africain a choisi de vivre dans un coin du parvis de l’hôtel de police de Montpellier, avenue du Comté de Melgueil, qu’il squatte depuis deux mois, en assurant craindre pour sa sécurité. Un invité inattendu…

Allongé ou assis 24h sur 24 avec une simple couverture sur lui, ce jeune africain passe complètement inaperçu, alors qu’il se trouve à deux pas de l’accès principal du commissariat central et pour cause : il est caché sur la dalle, sous un des rebords d’une des façades, derrière des barrières installées dans le cadre de l’état d’urgence et du plan Vigipirate renforcé. On distingue sa couverture et une bouteille d’eau, posée à côté.

Le jeune africain sous sa couverture.

Cet africain en situation irrégulière, demandeur d’asile qui a présenté des nationalités différentes lors de ses demandes effectuées en préfecture de l’Hérault a refusé de répondre aux question de Métropolitain, vendredi. « Je n’ai rien à vous dire, voyez avec la police » a t-il déclaré, ne souhaitant pas donner son âge et les raisons de sa présence qui perdure devant l’hôtel de police.

Embrouille avec son colocataire

Selon nos informations, cet africain qui se dit originaire du Tchad ou du Soudan, selon les demandes adressées à la préfecture de l’Hérault s’est retrouvé à la rue au mois d’octobre dernier, après une violente embrouille avec son colocataire. Après une rixe, il a été obligé de quitter l’appartement qu’il occupait avec un Africain également et par crainte de représailles, il a trouvé la solution idoine : camper sur le parvis du commissariat central.

Le patron des policiers a du coeur

Sans le sou, avec les mêmes vêtements qu’il porte depuis son arrivée sur notre sol, durant l’été, avec juste une couverture, ce jeune africain arrive difficilement à se nourrir. Les policiers de la Sécurité publique de Montpellier ne faisant pas que de la répression ont montré qu’ils avaient du coeur, avec leur patron qui a donné l’exemple : en effet, le contrôleur général Jean-Michel Porez, directeur départemental de la Sécurité publique de l’Hérault a généreusement donné de l’argent pour que cet hôte inattendu puisse manger et boire.

Et Jean-Michel Porez veille à ce que les bénévoles du Samu social de Montpellier le visite régulièrement, notamment la nuit en ces périodes de température frisquette. Pour l’heure, cet Africain refuse d’être hébergé dans un foyer.

« Encore faut-il qu’il coopère »

Interrogé vendredi sur ce cas inédit par Métropolitain, la préfecture de l’Hérault a confirmé que, « cet homme se dit de plusieurs nationalités différentes. Il a d’abord dit être soudanais et a fait l’objet d’un rejet de sa demande d’asile en date du 31 août dernier, sur laquelle il a fait un recours en septembre. Puis, il s’est désisté de son recours et a été orienté vers l’OFII, l’office français de l’immigration et de l’intégration, compétent pour l’aider à son retour. Mais, il a encore changé d’avis et a refusé l’aide de cet office, déclarant qu’il n’était plus soudanais, mais tchadien. Il a refusé les propositions d’hébergement.
Aujourd’hui pour l’aider l’OFFI est le seul office à pouvoir le faire rentrer dans son pays, mais, encore faut il qu’il coopère et ne change pas d’avis sans cesse ».

Vendredi soir, le jeune demandeur d’asile qui se dit en sécurité devant l’entrée de l’hôtel de police de Montpellier était toujours allongé sous sa couverture, à l’abri de la pluie. Les gardiens de la paix continuent de veiller sur lui. Mais, jusqu’à quand ?

6 Comments

  1. Mais il a sans doute un portable et les numéros affichés devraient donner une idée exacte de ses liens avec l’Afrique non ?!…

  2. Le pauvre homme voulait se faire discret, voire se cacher car il a peur… et voilà que vous indiquez ou se trouve sa cachette dans les moindres détails ! Bravo !

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