Saint-Jean-de-Védas : Vortex dans la tourmente

L’ensemble du personnel de la société Vortex, dont le siège social se trouve dans la zone de la Lauze, à Saint-Jean-de-Védas est appelé à la mobilisation, lors de l’assemblée générale des actionnaires pour une journée de grève reconductible ce jeudi. Un rassemblement est prévu à 9h30, à l’appel des syndicats FNST-CGT et le syndicat CGT de Vortex. Une trentaine de salariés ont manifesté devant la société.

La Société VORTEX est le premier opérateur français du transport adapté de personnes en véhicules de moins de 9 places. Son activité principale repose sur une délégation de service public pour le compte d’environ 60 départements, dont l’Hérault. En 2015, quelque 8000 enfants et adultes en situation de handicap ont été transportés quotidiennement par Vortex, en contrepartie de près de 50 millions d’euros d’argent public alloué au secteur du handicap.

« Sur les 2800 salariés que compte l’entreprise, 2700 sont des conducteurs sous contrat précaire à temps partiel répartis dans 16 établissements régionaux : Arras, Beauvais, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Evry, Guyancourt, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Orange, Perpignan, Rennes, Rouen, Toulouse. Depuis 2008, les deux dirigeants et actionnaires ont morcelé artificiellement la société par la mise en place d’un assemblage de sociétés en holding, soupçonnées de détourner l’ensemble des profits et des biens sociaux au détriment des salariés, de la sécurité et de la qualité de service attendues par les autorités organisatrices », dénonce la FNST-CGT et la CGT de Vortex.

« Montage frauduleux »

Le 24 juin 2015, le fonds d’investissement Initiative & Finance rentrait à grand renfort médiatique dans le capital de la « holding mère » de ces sociétés avec une prise de participation de 26%. « Le 23 juin dernier, le tribunal d’instance de Montpellier -dans un jugement en possession de Métropolitain- reconnaissait un montage financier frauduleux à des fins d’enrichissement de ses dirigeants et actionnaires. Entre 2010 et 2015, 13 millions d’euros de revenus et dividendes ont ainsi été distribués à ces deux dirigeants, dont 2,6 millions sur la seule année 2015, soit 5,2% du CA. Alors que le chiffre d’affaires de Vortex progressait de 3,2 millions d’euros entre 2014 et 2015, le déficit de la société se creusait paradoxalement de 3 millions d’euros » selon la FNST, qui révèle que « quatre procès-verbaux pour travail dissimulé ont été dressés par les services de contrôle de l’État pour le non-paiement récurrent des heures de travail ».

Lors de l’audience au tribunal d’instance, les dirigeants de la société avaient contesté les conclusions du comité d’entreprise, à l’initiative de la procédure. Le jugement sur le fond a été frappé d’appel par Vortex et la date de la nouvelle audience n’est pas encore fixée.

Alerte économique

Le 26 septembre dernier, les commissaires aux comptes de Vortex établissaient un « rapport spécial d’alerte économique » et notifiaient « des faits de nature à compromettre la continuité d’exploitation de la société », selon la CGT : « Il semblerait que les revenus outranciers des dirigeants et actionnaires de Vortex aient mis à mal la santé financière de l’entreprise et sa pérennité ». Dans ce contexte agité, la direction a organisé en amont des fermetures d’agences et des licenciements de salariés administratifs pour « faute grave » via un audit interne.

La FNST-CGT et le syndicat CGT Vortex exigent « l’arrêt immédiat du détournement des biens sociaux, le paiement de toutes les heures de travail, la fin des licenciements abusifs, l’arrêt de la mise en danger d’autrui et l’application des droits et le respect de la loi », en marge de ce rassemblement, ce jeudi à Saint-Jean-de-Védas.

8 Comments

  1. Il s’avère que grâce à une politique de prix très agressive sur les marchés publics, VORTEX est parvenue en 15 années d’exercice à capter 20 % des transports publics des personnes en situation de handicap. VORTEX est capable de proposer des prix défiant toutes concurrences jusqu’à 47% moins cher pour obtenir coûte que coûte les circuits de ramassage. Les sociétés concurrentes sont mises au tapis avec de tels prix. Il est à noter que cette société réalisait jusqu’en 2012 une croissance à 2 chiffres, de l’ordre de 40% en 2010 et 2011, sans jamais racheter aucune société concurrente. Elle génère des profits exorbitants au regard d’un marché réputé pourtant peu lucratif. Les principales activités annexes de l’entreprise VORTEX sont externalisée à des sociétés tierces dont les propriétaires sont les 2 dirigeants de VORTEX, et ce, sans effectif déclaré. Par exemple, l’ensemble de la flotte des véhicules est loué à la société HGS appartenant aux 2 propriétaires de VORTEX. On peut facilement imaginer les avantages d’une telle organisation, notamment sur les possibilités de faire varier les coûts pour VORTEX dont le premier poste est la location des véhicules. Les dividendes octroyés aux actionnaires sont colossaux. A CONTRARIO, les salariés de VORTEX ne profitent pas des participations aux bénéfices de ces sociétés satellites, car tout a été prévu pour récupérer la manne financière des services publics au détriment des salariés.

  2. Monsieur ou Madame Indigné.
    Comment connaissez vous la situation comptable Vortex avec autant de précision ?
    Ancien membre interne ?

  3. Nul besoin de connaitre plus en détail la situation comptable de l’entreprise si le tribunal d’instance de Montpellier reconnaissait déjà en juin dernier, « un montage financier frauduleux à des fins d’enrichissement de ses dirigeants et actionnaires ». Etonné qu’il n’y ait toujours pas de saisine du Procureur de la République ou une plainte avec constitution de partie civile pour enquêter plus en détail sur les agissements des dirigeants de cette entreprise. Il urgemment faut faire la lumière sur l’utilisation qui est faite par ces loulous de notre argent ? Il s’agit d’argent public, tout de même!

  4. Non seulement les dirigeants de VORTEX utilisent l’agent public (conseils généraux, régions, subventions pour handicapés, CICE….) à des fins d’enrichissements personnels, mais encore et surtout, ils MALTRAITENT les chauffeurs, ouvriers à temps partiel gagnant 300 à 400 euros mensuels !!! Le cabinet d’expertise SECAFI a enquêté auprès des salariés et a écrit un pré-rapport il y a un an, qui met en évidence : »
    – Des conditions d’embauche de conducteurs qui posent question
    – L’exposition des conducteurs au risque routier
    – Des fiches de paie qui ne sont pas compréhensibles par les conducteurs
    – Des salaires bas dont la variabilité accentue la précarité et l’insécurité socioéconomique
    – Un problème de travail dissimulé
    – Des salariés poussés au sur-engagement et au non-respect de la légalité
    – Des salariés exposés à un manque de justice organisationnelle »

    Les dirigeants trichent (constat de fraudes du conseil général de Lyon, factures falsifiées à Rouen, …) et les salariés sont volés, souffrent et leur santé tant physique que psychologique se dégrade : allons-nous attendre des actes désespérés des conducteurs tels des suicides ou violences spectaculaires pour qu’enfin les dirigeants de VORTEX répondent de leurs actes et respectent le droit du travail ??!!…

  5. Suivant de près le «dossier VORTEX», je corrobore les écrits de «chauffeur vortex» et «indigné», nous sommes très loin de l’entreprise citoyenne décrite à travers la publicité média du service développement: On pourrait même comparer le responsable en charge de ce service à un spin doctor ! Vive les marchés publics délégués aux entreprises privées …

    Depuis l’arrivée du fonds d’investissement et l’augmentation du nombre d’actionnaires dans l’«entité»: Transfert du personnel en charge des fonctions supérieures de management dans une société satellite, plus aucune participation aux bénéfices pour les salariés, dématérialisation «calculée» de la feuille de route des conducteurs, pré quantification du temps de travail, salariés VORTEX exerçant pour le compte d’une société satellite dans le cadre de la location des véhicules de service des conducteurs, appel à une société spécialisée dans le factoring pour la trésorerie propre à VORTEX, reconnaissance d’une Unité Economique et Sociale par voie judiciaire actant qu’une seule et même entreprise a été morcelée en plusieurs sur le plan économique … Et cela grâce à l’abnégation de plusieurs travailleurs précaires aux côtés de la CGT puisque le Comité d’Entreprise lui-même, à majorité dite «autonome», n’a pas soutenu la requête …

    Un cas d’école !

  6. Peu de choses à rajouter aux commentaires de « chauffeur Vortex » et de « indigné ».
    Beaucoup de chauffeurs craquent sous la pression des « négriers » de cette société de voyous.
    Il est surtout à se demander pourquoi les Conseils généraux ne se renseignent pas avant de passer les marchés. Il faut faire des économies mais cela se fait sur le dos des chauffeurs et il ne faut pas oublier qu’ils sont aussi des électeurs.
    Comment des dirigeants peuvent s’enrichirent autant en si peu de temps, et en pratiquant des prix aussi bas ?
    Pourquoi après un constat de fraudes, un conseil général ressigne avec ces voyous ?
    Pourquoi, après les remarques des inspecteurs du travail, les conclusions de rapport SECAFI, les interventions de certains politiques (sénateurs) et des condamnations émises, cette société existe sur le sol français ?
    Si Nantes a été la plaque tournante des négriers entre le 17 et 19e siècle, Montpellier pourrait devenir celles du 20 et 21e siècle.
    Les dirigeants tentent même de soudoyer certains chauffeurs en leur proposant le poste de représentant du personnel sans vote.
    Cette même façon d’agir s’est reproduite lors des élections piratées par la liste Sala, pardon autonome.
    Ils téléphonent à certains d’entre eux pour les menacer. Dans le cas où Vortex sent une poussée de mécontentement, un rendez vous est donné à l’agitateur dans un lieu insolite. Une fois accepté, celui ci se retrouve face à plusieurs spécialistes de l’arnaque.
    Le plus grave est la complicité de certains administratifs qui seront jetés dès les premiers problèmes et seront présentés comme « traitres ».
    Malgré toutes les preuves, ces administratifs complices se heurteront au personnel en présentant les lanceurs d’alerte comme des vauriens. Ces mêmes personnes viendront, ensuite, se plaindre auprès des syndicats pour les aider dans le cas de leur licenciement pour faute grave.
    La CGT a payé un lourd tribu concernant les lanceurs d’alerte qui ont été licenciés malgré l’avis contraire des Direccte. Peut être une vengeance de El Khomri malmenée lors de la modification du code du travail ?

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